lundi 13 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107566 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUMONT-SCOGNAMIGLIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2021, Mme C B et M. A F, représentés par Me Dumont-Scognamiglio, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune d'Ensuès-la-Redonne a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction compte tenu des travaux réalisés par M. E sur sa parcelle située 3 traverse de la Reynarde ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Ensuès-la-Redonne de dresser, au nom de l'Etat, un procès-verbal d'infraction et de le transmettre au ministère public ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Ensuès-la-Redonne et de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir ;
- les travaux réalisés méconnaissent l'article UP 1 du règlement du PLUi, les affouillements réalisés étant plus importants que ceux autorisés par le permis de construire, de même que la hauteur des décaissements ;
- ils méconnaissent les articles UP 5 et UP 7 du règlement du PLUi ;
- ils méconnaissent l'article UP 6 du même règlement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, la commune d'Ensuès-la-Redonne, représentée par Me Touitou, conclut au rejet de la requête et demande la mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- elle est sans objet dès lors qu'un constat d'infraction a déjà été pris ;
- les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, M. D E, représenté par Me Lucchini, conclut au rejet de la requête et demande la mise à la charge des requérants une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée au préfet des Bouches-du-Rhône le 11 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- les observations de Me Dupont, représentant les requérants, celles de Me Touitou, représentant la commune d'Ensuès-la-Redonne, et celles de Me Lucchini, représentant
M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 juillet 2017, le maire de la commune d'Ensuès-la-Redonne a délivré à M. E un permis de construire une piscine, un pool-house et un abri voiture sur un terrain situé 3 impasse de la Reynarde. Par un arrêté du 9 février 2021, cette même autorité a délivré à M. E un permis de construire modificatif. Par la présente requête, Mme B et M. F, propriétaires d'une maison d'habitation située sur la parcelle voisine, demandent au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune a refusé, au nom de l'Etat, de faire droit à leur demande du 26 avril 2021 de dresser un procès-verbal d'infraction concernant les travaux réalisés par M. E.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnées à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès verbal. () ". Selon l'article L. 480-4 de ce même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 et L. 421-5-3 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. () ".
3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées.
4. En premier lieu, si les requérants font valoir que des affouillements et décaissements supérieurs à ceux déclarés dans le cadre du permis de construire modificatif ont été réalisés, ils ne transmettent toutefois que trois photographies insérées dans le corps de leur requête, non datées, annotées par leur soin et qui sont insuffisantes à établir la hauteur et la surface exactes des affouillements et décaissements compte tenu du terrain naturel, et donc à établir qu'ils seraient supérieurs à ceux autorisés par les permis délivrés les 12 juillet 2017 et 9 février 2021, de 34 m2 pour la création d'une piscine, de 33 m2 sur une hauteur maximale de 1,90 mètre pour l'édification d'un pool-house, et de 21 m2 sur une hauteur de 1,62 mètre pour les gaines techniques de la piscine. A cet égard, le constat d'huissier et le rapport d'expertise transmis ont été réalisés après l'édification du projet objet des permis de construire et ne portent pas d'indications propres quant aux affouillements et décaissements réalisés.
5. En deuxième lieu, les requérants, qui ne soutiennent pas que la construction méconnaîtrait la hauteur de façade et la distance d'implantation en limite séparative telles qu'autorisées par le permis de construire délivré le 12 juillet 2017, tel que modifié le
9 février 2021, ne peuvent utilement soutenir que la construction méconnaît les articles UP 5 et UP 7 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatifs à la hauteur de la construction et son implantation, alors que par ailleurs ce document d'urbanisme n'était pas applicable au permis de construire initial.
6. En troisième lieu, si les requérants font valoir qu'une terrasse a été réalisée alors qu'elle n'était pas autorisée par le permis initial, le permis de construire modificatif délivré le
9 février 2021 a régularisé son édification de sorte que, à la date de la décision implicite en litige, cette construction était conforme à l'autorisation d'urbanisme délivrée par le maire, sans que la circonstance qu'elle méconnaisse le plan local d'urbanisme n'ait d'incidence sur la légalité de la décision portant refus de dresser un procès-verbal d'infraction.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense ni sur l'exception de non-lieu à statuer.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction qu'ils présentent doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Ensuès-la-Redonne et de l'Etat, qui ne sont pas partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des requérants la somme sollicitée par M. E et par la commune d'Ensuès-la-Redonne au titre des frais de même nature.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par les requérants est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Ensuès-la-Redonne et tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. E et tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. A F, à M. D E, à la commune d'Ensuès-la-Redonne et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026