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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2107652

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2107652

mardi 2 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2107652
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSTUART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 août 2021, M. B A, représenté par Me Stuart, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 portant opposition à déclaration préalable, ensemble la décision implicite de rejet du 20 juillet 2021 opposée à son recours gracieux en date du 20 mai 2021 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Barbentane de lui délivrer un certificat d'autorisation tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Barbentane une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté attaqué, qui doit être regardé comme retirant la déclaration de non-opposition tacite du 22 mars 2021, est illégal dès lors qu'il n'a pas respecté la procédure contradictoire de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le projet ne méconnait pas les dispositions du plan local d'urbanisme.

Une mise en demeure a été adressée le 26 juin 2022 à la commune de Barbentane qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 22 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Salvage, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Argoud, rapporteur public,

- et les observations de Me Hequet, représentant la commune de Barbentane.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 7 avril 2021, le maire de la commune de Barbentane s'est opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. A. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". Aux termes de l'article R. 424-1 de ce même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; / () ". Selon l'article R. 423-19 : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". L'article R. 423-22 dispose que : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". Aux termes de l'article R. 423-23 : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / a) Un mois pour les déclarations préalables ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-2 de ce même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

3. M. A a déposé le 22 février 2021 une déclaration préalable portant sur la création de fenêtres sur une maison à usage d'habitation. A l'issue d'un délai d'un mois à compter de la réception en mairie de la demande, le requérant n'ayant été notifié d'aucune liste de pièces manquantes, son dossier a été réputé complet. Par conséquent, le silence gardé par la commune de Barbentane à l'issue du délai d'instruction vaut décision tacite de non-opposition à la déclaration préalable en date du 22 mars 2021. La décision portant retrait d'une décision de non-opposition à déclaration préalable est au nombre de celles qui doivent être motivées et qui doivent, par suite, être précédées d'une procédure contradictoire prévue à l'article L. 122-1 précité du code des relations entre le public et l'administration. En l'espèce il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas même allégué par la commune de Barbentane qui n'a pas produit de mémoire en défense, que l'arrêté contesté aurait été précédé de la procédure contradictoire. M. A est dès lors fondé à soutenir que l'arrêté est illégal, à défaut d'avoir été précédé par une telle procédure contradictoire.

4. En second lieu, l'autorité administrative saisie d'une déclaration préalable peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, un arrêté de non-opposition à déclaration préalable n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande de non-opposition à déclaration préalable.

5. En l'espèce, il ressort du dossier de déclaration préalable, que le projet porte sur la création de fenêtres sur une maison à usage d'habitation, modifiant les façades Est et Ouest de celle-ci. Le maire de la commune de Barbentane s'est fondé, pour rejeter la demande de déclaration préalable, sur la seule circonstance qu'au vu des documents présentés par M. A, la création de ces fenêtres supposerait la construction d'un plancher supplémentaire. Par suite, en se fondant sur ces seules suppositions et sur l'intention ou non de M. A de respecter ses déclarations, l'arrêté en litige a retenu à tort que le projet méconnaissait le règlement du plan local d'urbanisme.

6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 7 avril 2021 du maire de la commune de Barbentane doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement annulant la décision en litige, il est enjoint au maire de la commune de Barbentane de délivrer à M. A un certificat de non opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu à ce stade d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Barbentane une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 7 avril 2021 du maire de la commune de Barbentane est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Barbentane de délivrer à M. A un certificat de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 3 : La commune de Barbentane versera à M. A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Barbentane.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président-rapporteur,

Mme Dyèvre, première conseillère,

Mme Le Mestric, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.

La première assesseure,

Signé

C. DYEVRE

Le président-rapporteur,

Signé

F. SALVAGELa greffière,

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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