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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2107704

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2107704

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2107704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 septembre 2021 et 26 septembre 2022, La SNC LNC YODA Promotion, représentée par Me Reboul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 1311 720 F0039 du 31 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Vitrolles a refusé de lui délivrer un permis de construire ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Vitrolles, à titre principal, de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de lui délivrer le permis de construire sollicité dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vitrolles une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué doit être regardé comme une décision de retrait du permis de construire tacite obtenu le 9 mars 2021 eu égard à l'illégalité de la majoration du délai qui lui a été adressée le 19 janvier 2021 ;

- il est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il est illégal en raison de l'illégalité des dispositions des articles UC 4 et UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) qui ouvre la possibilité de demander au pétitionnaire la production d'une étude de sols et/ou de dimensionnement hydraulique quantitatif ou qualitatif ;

- les motifs de refus sont entachés d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2022, la commune de Vitrolles conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- le représentant de la société requérante ne justifie pas de sa capacité pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 2 novembre 2022, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Un mémoire présenté pour la commune de Vitrolles a été enregistré le 30 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du l'aviation civile ;

- le code du commerce ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,

- les conclusions de M. Cabal, rapporteur public,

- et les observations de Me Reboul représentant la SNC LNC Yoda promotion, et de Me Bezol, représentant la commune de Vitrolles.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 1311 720 F0039 du 31 mars 2021 le maire de la commune de Vitrolles a refusé de délivrer à la SNC LNC Yoda Promotion un permis de construire 4 immeubles collectifs de 100 logements sur les parcelles BV 0002 à BV 0010, sises avenue de Marseille. La SNC a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été implicitement rejeté le 5 juillet 2021. La société requérante demande l'annulation de ces décisions.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". En outre, aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. ()".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 225-5 du code du commerce : " Dans les rapports avec les tiers, le gérant engage la société par les actes entrant dans l'objet social. / () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 2 mai 2021 M. A, directeur régional de la SNC LNC Yoda Promotion, a reçu délégation pour former tout recours gracieux ou contentieux à l'encontre du permis de construire en litige par M. Fabrice Desrez, président directeur général de la société anonyme Les Nouveaux Constructeurs, société gérante de la SNC LNC Yoda promotion. Il en résulte que le recours gracieux formé le 5 mai 2021 par M. A, dans les délais exigés par l'article R. 421-2 du code de justice administrative, a bien eu pour effet de reporter le délai de recours contentieux. Par suite, alors que le recours contentieux enregistré le 2 septembre 2021 a été formé dans les délais précités, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

5. En second lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, M. A a reçu une délégation pour former un recours à l'encontre du permis de construire en litige. La commune n'est donc pas fondée à soutenir que ce dernier ne disposerait pas de la qualité pour agir dans ce litige, et la fin de non-recevoir doit également être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la qualification de l'acte attaqué :

6. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont présentées et instruites dans les conditions et délais fixés par décret en Conseil d'État. / () / Aucune prolongation du délai d'instruction n'est possible en dehors des cas et conditions prévus par ce décret. / () ". Selon l'article L. 424-2 du même code : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ".

7. Le délai d'instruction des demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et des déclarations préalables est, selon l'article R* 423-18 du code de l'urbanisme, déterminé dans les conditions suivantes : " a) Un délai de droit commun est défini [à l'article R. 423-23]. En application de l'article R. 423-4, il est porté à la connaissance du demandeur par le récépissé ; / b) Le délai de droit commun est modifié dans les cas prévus [aux articles R. 423-24 à R. 423-33]. La modification est notifiée au demandeur dans le mois qui suit le dépôt de la demande ; / c) Le délai fixé en application des a ou b est prolongé dans les cas prévus [aux articles R. 423-34 à R. 423-37-3], pour prendre en compte des obligations de procédure qui ne peuvent être connues dans le mois qui suit le dépôt de la demande ". D'une part, l'article R*423-4 du même code prévoit que le récépissé de la demande de permis ou de la déclaration préalable précise la date à laquelle un permis tacite doit intervenir, en application du premier alinéa de l'article L. 424-2, ou, dans le cas d'une déclaration préalable, la date à partir de laquelle les travaux peuvent être entrepris. Ce récépissé précise également, en application de l'article R.*423-5 du même code, que l'autorité compétente peut, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier : " a) Notifier au demandeur que le dossier est incomplet ; / b) Notifier au demandeur un délai différent de celui qui lui avait été initialement indiqué, lorsque le projet entre dans les cas prévus aux articles R. 423-24 à R. 423-33 ; / () ". D'autre part, aux termes de l'article R*423-42 du même code : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : / a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; / b) Les motifs de la modification de délai ; / c) Lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article R. 424-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis. / Copie de cette notification est adressée au préfet ". Et aux termes de l'article R*423-43 du même code : " Les modifications de délai prévues par les articles R. 423-24 à R. 423-33 ne sont applicables que si les notifications prévues par la présente sous-section ont été faites. / () ". Enfin, aux termes de l'article R*424-1 du même code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III [du titre II du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme], le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable ; / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ".

8. Il résulte de ces dispositions qu'à l'expiration du délai d'instruction tel qu'il résulte de l'application des dispositions du chapitre III du titre II du livre IV du code de l'urbanisme relatives à l'instruction des déclarations préalables, des demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir, naît une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite. Une modification du délai d'instruction notifiée après l'expiration du délai d'un mois prévu à l'article R*423-18 de ce code ou qui, bien que notifiée dans ce délai, ne serait pas motivée par l'une des hypothèses de majoration prévues aux articles R*423-24 à R*423-33 du même code, n'a pas pour effet de modifier le délai d'instruction de droit commun à l'issue duquel naît un permis tacite ou une décision de non-opposition à déclaration préalable.

9. En l'espèce, la société requérante produit un récépissé de dépôt des pièces complémentaires en date du 9 décembre 2020. La lettre du 19 janvier 2021 de la commune majorant les délais d'instruction n'a en revanche été notifiée à la requérante que le 25 janvier 2021. Dans ces conditions, la modification du délai d'instruction notifiée, après l'expiration du délai d'un mois prévu à l'article R. 423-18 du code de justice administrative, n'a pas pour effet de modifier le délai d'instruction de droit commun à l'issue duquel naît un permis tacite. Par suite, alors que son dossier était réputé comme complet au 9 décembre 2020, la SNC LNC Yoda Promotion était titulaire d'un permis tacite le 9 janvier 2021 et la décision attaquée du 31 mars 2021 doit s'analyser comme une décision de retrait de ce permis.

10. Toutefois, aux termes de l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme : " Par exception au b de l'article R*424-1, le défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction vaut décision implicite de rejet dans les cas suivants : a) Lorsque les travaux sont soumis à l'autorisation du ministre de la défense ou à une autorisation au titre des sites classés ou en instance de classement ou des réserves naturelles ; / () ". En outre, aux termes de l'article R. 425-9 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne, le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue par l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord du ministre chargé de l'aviation civile et du ministre de la défense. ". Enfin, aux termes de l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile : " A l'extérieur des zones grevées de servitudes de dégagement en application du présent titre, l'établissement de certaines installations qui, en raison de leur hauteur, pourraient constituer des obstacles à la navigation aérienne est soumis à une autorisation spéciale du ministre chargé de l'aviation civile et du ministre de la défense. ".

11. La commune soutient que l'exception prévue à l'article R. 424-2 du code de l'urbanisme précité trouverait à s'appliquer dès lors qu'elle a dû solliciter l'autorisation du ministre de la défense. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, d'une part, seul un avis du ministre des transports a été sollicité et, d'autre part, le terrain d'assiette du projet est entièrement grevé par une servitude de dégagement aéronautique faisant obstacle à l'application des dispositions citées au point précédent. Dans ces conditions, alors qu'aucune autorisation du ministre de la défense n'était requise, la commune n'est pas fondée à soutenir que l'acte attaqué devrait être regardé comme une décision implicite de refus. Par suite, ainsi qu'il a été dit au point 9, la décision attaquée du 31 mars 2021 doit bien s'analyser comme une décision de retrait de l'autorisation tacite obtenue le 9 mars 2021.

En ce qui concerne la légalité de la décision en litige :

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire :

12. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. (). " L'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " () doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations.

13. Le respect du caractère contradictoire de la procédure prévue par les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration constitue une garantie pour le titulaire du permis de construire que l'autorité administrative entend rapporter. Eu égard à la nature et aux effets d'un tel retrait, le délai de trois mois prévu par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme oblige l'autorité administrative à mettre en œuvre la procédure contradictoire préalable à cette décision de retrait de manière à éviter que le bénéficiaire du permis ne soit privé de cette garantie.

14. En l'espèce, il est constant qu'aucune procédure contradictoire n'est intervenue préalablement au retrait du permis de construire tacite, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui est une formalité substantielle. Par suite, la société requérante, qui a été privée de la garantie que constitue la procédure contradictoire, est fondée à soutenir que l'arrêté du 31 mars 2021 est intervenu au terme d'une procédure irrégulière.

S'agissant des moyens tirés de l'absence de bien-fondé des motifs de refus :

15. En premier lieu, aux termes des articles UC 3 et UD 3 du règlement du PLU : " 3.2.1. Conditions d'accès : Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies. Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès (qui devra privilégier des pans coupés et un retrait), de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès doit être établi sur la voie où la gêne pour la circulation est moindre. / En règle générale, toute opération doit minimiser le nombre d'accès sur les voies publiques en favorisant notamment le regroupement des accès sur parcelle mitoyenne. / ()". En outre, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

16. Pour refuser de délivrer le permis de construire sollicité, la commune a considéré que l'unique accès au projet représentait un danger pour les usagers. Il ressort toutefois des pièces du dossier que s'il n'y a qu'un seul accès pour les véhicules, celui-ci présente une largeur d'environ 11 mètres offrant une bonne visibilité sur l'avenue de Marseille, voie de desserte du projet. En outre, si l'accès se trouve à proximité d'un rond-point, il ne ressort pas de la configuration des lieux que celui-ci présenterait un danger particulier. De même, l'accès piéton est distinct de l'accès voiture et se situe à environ 50 mètres de celui-ci. Dans ces conditions, la commune ne pouvait légalement fonder sa décision de refus sur la méconnaissance des articles UC 3 et UD 3 du règlement du PLU ainsi que de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, et ce motif de refus doit ainsi être censuré.

17. En deuxième lieu, d'abord, aux termes de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet / Le présent article n'est pas applicable aux décisions de refus de permis ou d'opposition à déclaration préalable. Pour ces décisions, l'annulation ou l'illégalité du document d'urbanisme leur ayant servi de fondement entraîne l'annulation de ladite décision ".

18. Ensuite, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à ces demandes et déclarations ne peut comprendre que les pièces nécessaires à la vérification du respect du droit de l'Union européenne, des règles relatives à l'utilisation des sols et à l'implantation, à la destination, à la nature, à l'architecture, aux dimensions et à l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords ainsi que des dispositions relatives à la salubrité ou à la sécurité publique ou relevant d'une autre législation dans les cas prévus au chapitre V du présent titre. ". En outre, aux termes de l'article R. 431-4 du même code : " La demande de permis de construire comprend : a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / Pour l'application des articles R. 423-19 à R. 423-22, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations mentionnées au a et au b ci-dessus. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

19. Enfin, aux termes des articles UC 4 et UD 4 du règlement du PLU : " Eaux pluviales : la gestion des eaux pluviales est de la responsabilité du propriétaire. Toute construction ou aménagement doit privilégier la gestion des eaux pluviales sur l'emprise du projet et ne doit en aucun cas, ni créer un obstacle à l'écoulement des eaux du fond supérieur, ni aggraver les écoulements vers le fond intérieur. / () / A ce titre, des études de sols et/ou de dimensionnement hydraulique quantitatif ou qualitatif pourront être demandés à l'appui des dossiers déposés, sur la base du zonage des eaux pluviales annexé. / () ".

20. Il ressort des dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme qu'elles énumèrent de façon limitative les documents qui doivent être joints à une demande de permis de construire. Les auteurs d'un PLU ne peuvent dès lors légalement exiger des pièces non énumérées par le code de l'urbanisme. Par suite, en prévoyant la possibilité pour l'autorité administrative de solliciter une étude de sols et/ou de dimensionnement hydraulique quantitatif ou qualitatif alors qu'une telle étude n'est exigée par aucune disposition législative ou réglementaire du code de l'urbanisme, les dispositions des articles UC 4 et U D4 méconnaissent les articles L. 423-1 et R. 431-4 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, la requérante est ainsi fondée à soulever l'exception d'illégalité des dispositions des articles UC 4 et UD 4 qui doivent ainsi être écartées du litige.

21. Dès lors, la commune ne pouvait légalement fonder son refus sur l'insuffisance de la notice hydraulique en arguant de l'absence d'une étude de dimension hydraulique qualitatif et quantitatif, prévue aux articles UC 4 et UD 4 du règlement du PLU. Par suite, ce motif de refus doit être censuré.

22. En troisième lieu, en vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

23. Il ressort des pièces du dossier que le local d'ordure ménagère est implanté en limite séparative au droit de la voie publique permettant l'accès au service de collecte des ordures ménagères. Si la commune expose que le temps de ramassage serait particulièrement long eu égard au nombre de containers et que celui-ci aura lieu dans un virage étant de nature à créer un danger pour les véhicules qui tenteraient de dépasser le camion de ramassage, cela ne ressort ni de l'avis de la métropole, ni de la configuration des lieux eu égard à l'implantation de ce local. En tout état de cause, à supposer même ce motif de refus fondé, la commune aurait dû assortir l'autorisation de prescription spéciale relative à l'emplacement du local dès lors que celle-ci n'a pas pour effet d'apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande. Eu égard à tout ce qui précède, ce motif de refus doit également être censuré.

24. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

25. Pour rechercher l'existence d'une telle atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par les dispositions mentionnées ci-dessus.

26. En l'espèce, le terrain d'assiette du projet s'implante à l'intersection entre deux zones : au nord et à l'est, une zone pavillonnaire composée majoritairement de maisons individuelles en R+1 et qui jouxte le Vallon de l'Arteiret, espace arboré et végétalisé dépourvu d'urbanisation ; au sud et à l'ouest, une zone composée d'immeubles collectifs de R+3 à R+12 sans qualité architecturale particulière. Le projet consiste en la construction de 4 immeubles collectifs en R+3 de style contemporain et dont la majorité des toits seront végétalisés. S'il est étendu et s'implante sur la quasi-totalité de l'unité foncière d'environ 5 000 m², sa hauteur limitée et son architecture permet la transition entre ces 2 zones, s'implantant ainsi de façon harmonieuse dans le paysage et les lieux environnants. Dans ces conditions, le maire ne pouvait opposer le motif de refus tiré de la mauvaise insertion paysagère du projet.

27. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté attaqué est entaché d'illégalités et doit être annulé, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier soumis au tribunal, de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

28. Le présent jugement, qui annule l'arrêté portant retrait d'un permis de construire tacite et fait ainsi renaitre ledit permis, implique la délivrance à la SNC LNC Yoda promotion d'un certificat de permis tacite. Il est donc enjoint à la commune de Vitrolles, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, de délivrer à l'intéressé ledit certificat dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société requérante, qui n'est pas la partie perdante, verse à la commune de Vitrolles la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la commune de Vitrolles une somme de 2 000 euros à verser à la SNC LNC Yoda Promotion au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 31 mars 2021 ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Vitrolles de délivrer à la SNC LNC Yoda promotion un certificat de permis de construire tacite, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : la commune de Vitrolles versera la somme de 2 000 euros à la SNC LNC Yoda Promotion au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Vitrolles au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SNC LNC Yoda Promotion et à la commune de Vitrolles.

Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Fayard, conseillère,

M. Guionnet Ruault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. FAYARD

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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