mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | IGLESIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2021, Mme B D, représentée par Me Iglesias, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux mois, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande à compter de la notification du jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- l'arrêté méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie d'exception de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Par une décision du 8 octobre 2021, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
Le rapport de Mme C et les observations de Me Iglesias, représentant Mme D, également présente à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante marocaine née en 1986 et bénéficiaire d'une carte de résident longue durée Union européenne délivrée par les autorités italiennes le 17 juillet 2012, soutient être entrée pour la dernière fois en France le 4 juin 2020. Le 27 octobre 2017, elle a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-4-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, demande qui a été rejetée par décision du 13 septembre 2018, confirmé par jugement du tribunal du 31 mars 2020. Le 3 novembre 2020, elle a de nouveau sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 426-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 août 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l'a invitée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé par M. A, chef du bureau de l'éloignement du contentieux et de l'asile à la direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature accordée par arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 31 août 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de la requérante, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il mentionne les principaux éléments de la situation administrative et personnelle de Mme D, notamment la circonstance qu'elle a fait l'objet d'un précédent refus de séjour le 13 septembre 2018 et qu'elle ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 426-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
5. Mme D est célibataire, mère d'une enfant née en 2011 qu'elle a seule reconnue et a vécu jusqu'à l'âge de 27 ans au Maroc puis en Italie, où elle a obtenu en 2012 une carte de résident " longue durée Union européenne ". Si elle soutient être présente en France depuis 2012, elle n'établit pas la continuité de son séjour depuis cette date dès lors qu'elle soutient dans le même temps être entrée en France pour la dernière fois le 4 juin 2020. La circonstance qu'elle ait bénéficié d'un contrat unique d'insertion de six mois en 2013, puis d'un contrat à durée déterminée en qualité de vendeuse depuis 2020, renouvelé en contrat à durée indéterminée en 2021 ne permet pas de justifier d'une insertion professionnelle notoire de l'intéressée en France, cette activité professionnelle étant récente à la date de la décision attaquée. Mme D, qui se prévaut de la présence de son jeune frère en France, sans toutefois justifier de la régularité de son séjour, justifie que son père et sa mère, laquelle l'héberge, résident régulièrement en France. Toutefois, elle n'établit pas pour autant qu'elle ne disposerait d'aucune attache familiale ou personnelle au Maroc, où elle a vécu jusque l'âge de 27 ans, voire en Italie. Si la requérante soutient encore que sa fille est insulino-dépendante et est suivie depuis avril 2015 par le centre hospitalier de Martigues, qu'elle est scolarisée en France depuis 2014 et suis des cours de danse, ces circonstances sont sans influence sur son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors que la décision en litige n'a pas pour effet de la séparer de son enfant. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme D une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur de fait commise par le préfet doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 août 2021. Par voie de conséquence, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. CLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026