jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108056 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BRL - BAUDUCCO - ROTA - LHOTELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 septembre 2021 et le 17 août 2022, M. B E et Mme J C épouse E représentés par Me Triqui, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures qui indiquent que M. F H se désiste de la procédure :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2021 par lequel le maire de la commune de La-Roque-d'Anthéron a accordé à M. G un permis de construire autorisant la réalisation d'un bâtiment comprenant deux logements à usage d'habitation, sur un terrain situé chemin des Trissonnes sur le territoire de ladite commune, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre cette autorisation ;
2°) mettre à la charge de la commune de La-Roque-d'Anthéron la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont recevables à agir contre le permis de construire en litige ;
- le projet méconnaît l'article R. 431-9, alinéa 3 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UD3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme communal ;
- le projet méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme communal et les articles L. 332-15 et L. 111-11 du code de l'urbanisme ;
- au regard de la réglementation relative aux lotissements et notamment de l'alinéa 3 de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme, le projet méconnaît l'article UD9 relative à l'emprise au sol ;
- l'intervention des époux A ne peut être admise.
Par deux mémoires, enregistrés les 22 novembre 2021 et 8 mars 2022, la commune de La-Roque-d'Anthéron, représentée par Me Hachem, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des frais d'instance.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés les 20 juillet et 20 septembre 2022, Monsieur K A et Madame I D épouse A, représentés par Me Lhotellier, demandent que le tribunal :
- à titre principal rejette la requête présentée par M. et Mme E et M. H ;
- à titre subsidiaire, prononce un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
- en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 4 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- leur intervention est recevable ;
- à titre principal, la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt pour agir des requérants ;
- à titre subsidiaire, les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- et les observations de Me Milon-Boulhol, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Sur une parcelle, cadastrée AI n° 96 et située chemin des Trissonnes sur le territoire de la commune de La-Roque-d'Anthéron, en zone UD du règlement du plan local d'urbanisme de ladite commune, M. G a été autorisé, par arrêté daté du 23 février 2021, à édifier un bâtiment en R+1 partiel, comprenant deux logements à usage d'habitation, pour une surface de plancher totale de 216,80 m². Les époux E et M. H demandent l'annulation de ce permis de construire, ainsi que de la décision implicite par laquelle le maire de La-Roque-d'Anthéron a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté.
Sur le désistement de M. H :
2. Par le mémoire enregistré le 17 août 2022, M. H a déclaré se désister de la procédure. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'intervention volontaire de M. et Mme A :
3. Est recevable à former une intervention, devant le juge du fond, toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige.
4. M. et Mme A versent au dossier une promesse unilatérale de vente à M. G du terrain d'assiette du projet, conclue sous la condition suspensive que le bénéficiaire de la promesse bénéficie d'une autorisation d'urbanisme, et qu'il n'y ait pas de recours des tiers contre elle. Par suite, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, rien au dossier ne permet de douter de la qualité de propriétaire du terrain d'assiette de M. et Mme A, qui justifient ainsi d'un intérêt à intervenir en défense de l'arrêté en litige, au soutien des conclusions présentées par la commune de La-Roque-d'Anthéron tendant au rejet de la requête.
Sur les conclusions en annulation :
5. En premier lieu, aux termes du troisième alinéa de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder ".
6. Il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté par les requérants, que le chemin de la Jacourelette, qui dessert directement la parcelle d'assiette du projet, est une voie ouverte à la circulation publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées, faute pour les requérants de justifier d'une servitude de passage, ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, l'article UD3 du règlement du plan local d'urbanisme communal dispose que " les terrains doivent être desservis par des voies dont les caractéristiques techniques sont suffisantes au regard de l'importance et de la nature du projet ". Alors que le projet consiste à créer seulement deux logements supplémentaires, les requérants n'établissent pas que le chemin de la Jacourelette présenterait des caractéristiques techniques insuffisantes pour en assurer la desserte, en se bornant à soutenir, sans apporter d'éléments au soutien de leurs dires, que ce chemin en terre et en pente n'assurerait pas une circulation sans risque des véhicules en raison de sa largeur et des conditions de visibilité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
8. En troisième lieu, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
9. Par arrêté daté du 20 août 2021, qui n'est pas contesté par les requérants, M. G a obtenu un permis de construire modifiant le permis de construire initial présentement en litige, s'agissant notamment des branchements d'eau et d'électricité du projet.
10. D'une part, il ressort de ce permis de construire modificatif que le raccordement du projet au réseau d'eau potable se fait désormais par l'intermédiaire de la servitude consentie par la commune à la propriétaire précédente de la parcelle d'assiette. Par suite, et en tout état de cause au regard des principes rappelés au point 8, doit être écarté le moyen tiré de ce que le projet méconnaîtrait l'article UD4 du règlement du PLU en l'absence de servitude permettant son raccordement au réseau public de distribution d'eau potable.
11. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet est raccordé au réseau public d'électricité par le chemin de la Jacourelette. Les requérants n'établissent pas l'illégalité de ce raccordement en faisant valoir, en premier lieu, que M. G ne dispose d'aucune servitude de passage ou de tréfonds sur ce chemin, alors que les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, sont accordées sous réserve du droit des tiers, et qu'il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, que le pétitionnaire dispose de l'accord des propriétaires des fonds sur lesquels le raccordement d'électricité est projeté. En deuxième lieu, si les requérants invoquent les dispositions du 4ème alinéa de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme selon lesquelles " L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures ", ils n'établissent pas leur méconnaissance par l'arrêté en litige en prétendant que le raccordement ferait 180 mètres de long, alors qu'il ressort de l'avis émis par Enedis dans le cadre de l'instruction du permis de construire modificatif sus-évoqué que ce raccordement présente une longueur de 80 mètres. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté, de même que celui tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme, selon lequel " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics () de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés ", et qui est inopérant s'agissant d'un raccordement de la longueur sus-indiquée.
12. En quatrième lieu, aux termes du troisième alinéa de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Si les requérants soutiennent que " les règles d'urbanisme applicables, telles que celles relatives au coefficient d'emprise au sol, doivent être appréciées à l'échelle de l'unité foncière d'origine ", ils n'établissent aucune méconnaissance de ces dispositions en ne précisant même pas quelle serait l'unité foncière d'origine. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire Cerfa de la demande afférente au permis de construire initial, que le terrain d'assiette du projet ayant fait l'objet d'une déclaration préalable visant à la création d'un lot à bâtir en date du 23 juillet 2020, les règles du plan local d'urbanisme communal s'appliquent dans le cadre du périmètre de ce seul lot à bâtir. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut, par suite, qu'être écarté.
13. En dernier lieu, s'il est constant que le pétitionnaire a indiqué dans la notice de son projet que l'emprise au sol applicable dans la zone est de 60 %, cette erreur de plume n'a aucune incidence sur le respect par le projet de l'article UD9 fixant cette emprise à 30%, alors que son emprise au sol est de 156, 19 m² pour une superficie de terrain de 1074 m², soit moins de 15 %.
14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté qu'ils contestent.
Sur les frais liés au litige :
15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle, d'une part à ce que les époux A qui, en leur qualité d'intervenants en défense, ne sont pas des parties à l'instance, obtiennent une quelconque somme sur leur fondement, d'autre part à ce que soit mise à la charge de la commune de La-Roque-d'Anthéron, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce même fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce et sur le fondement de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros à verser à la commune de La-Roque-d'Anthéron au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. H.
Article 2 : L'intervention de M. et Mme A est admise.
Article 3 : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 4 : M. et Mme E verseront à la commune de La-Roque-d'Anthéron la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et Mme J C épouse E, à M. F H, à la commune de La-Roque-d'Anthéron, à M. L G et à Monsieur K A et Madame I D épouse A.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- M. Peyrot, premier conseiller,
assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026