jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SOLER-COUTEAUX LLORENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 septembre 2021 et 29 septembre 2022 ainsi qu'un mémoire enregistré le 9 novembre 2022 qui n'a pas été communiqué, l'association Comité régional du tourisme Côte d'Azur France, représentée par Me Zimmer, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 23 juillet 2021 par laquelle le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur a décidé, d'une part, du retrait de la région de l'association Comité régional du tourisme (CRT) Côte d'Azur France et, d'autre part, de conserver comme seul comité régional du tourisme l'association Comité régional du tourisme Provence-Alpes Côte d'Azur ;
2°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la région Provence-Alpes Côte d'Azur, en décidant de se retirer de l'association CRT Côte d'Azur France, a méconnu l'article L. 131-8 du code du tourisme et l'article II de ses statuts ;
- la délibération attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle doit être regardée comme procédant à la modification statutaire ou à la dissolution du CRT et qu'elle a, ce faisant, méconnu les statuts de l'association ;
- la délibération attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mars et le 26 octobre 2022, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, représentée par Me Baron, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association CRT Côte d'Azur France la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens invoqués sont inopérants ;
- en tout état de cause, ils ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code du tourisme ;
- la loi du 1er juillet 1901 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Zimmer, représentant l'association CRT Côte d'Azur France.
Une note en délibéré, présentée pour l'association CRT Côte d'Azur France, a été enregistrée le 8 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 9 juillet 1987, le conseil régional de Provence-Alpes Côte d'Azur a décidé de conserver dérogatoirement le principe de deux comités régionaux du tourisme, l'un dénommé comité régional du tourisme " Provence-Alpes " compétent pour les départements des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, des Hautes Alpes et des Alpes de Haute-Provence, l'autre dénommé comité régional " Riviera Côte d'Azur ", puis " Côte d'Azur France " compétent pour les Alpes-Maritimes, prenant chacun la forme d'une association régie par la loi du 1er juillet 1901. Par délibération du 16 mars 2018, le conseil régional a étendu la compétence territoriale du comité régional du tourisme " Provence-Alpes Côte d'Azur " à l'ensemble de la région Provence-Alpes Côte d'Azur. Enfin, par une délibération du 23 juillet 2021 dont l'association CRT Côte d'Azur France demande au tribunal l'annulation, le conseil régional a décidé du retrait de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur de l'association CRT Cote d'Azur France et de conserver l'association CRT Provence-Alpes-Côte d'Azur comme seul comité régional du tourisme compétent sur l'ensemble du territoire de la région.
Sur la légalité de la délibération du conseil régional Provence-Alpes Côte d'Azur du 23 juillet 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 131-3 du code du tourisme : " Il est créé dans chaque région un comité régional du tourisme. /Toutefois, par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, il peut être exceptionnellement maintenu : 1° Plusieurs comités régionaux du tourisme dans les régions comptant plus d'un comité régional du tourisme au 13 janvier 1987 ; /2° Un comité régional du tourisme commun à deux régions, lorsqu'un tel comité existe à cette même date. Dans ce cas, les deux conseils régionaux exercent conjointement les attributions dévolues au conseil régional par le présent chapitre. " Aux termes de l'article L. 131-4 du même code : " Le conseil régional fixe le statut, les principes d'organisation et la composition du comité régional du tourisme. " et enfin aux termes de l'article L. 131-8 de ce code : " Le conseil régional confie tout ou partie de la mise en œuvre de la politique du tourisme de la région au comité régional du tourisme, notamment dans le domaine des études, de la planification, de l'aménagement et de l'équipement, des aides aux hébergements, des assistances techniques à la commercialisation ainsi que de la formation professionnelle. Le comité régional du tourisme assure le suivi des actions ainsi engagées. / Le comité régional du tourisme réalise les actions de promotion touristique de la région en France et à l'étranger ".
3. D'une part, il ne résulte ni des dispositions précitées, ni d'aucune autre disposition législative ou règlementaire, que la région ne pourrait décider de se retirer du CRT Côte d'Azur France créé en vertu de l'article L. 131-3 du code du tourisme. En outre, en vertu du pouvoir d'organisation et de mise en œuvre de la politique régionale du tourisme dont la région dispose en vertu des articles L. 131-4 et L. 131-8 du même code, celle-ci a pu, sans méconnaître ces dispositions, décider, par la délibération en litige, de se retirer de l'association CRT Côte d'Azur France et de ne conserver, pour mettre en œuvre sa politique du tourisme, que le seul comité régional du tourisme Provence-Alpes Côte d'Azur. D'autre part, il ne ressort ni de la délibération contestée, ni des autres pièces du dossier que la délibération en litige aurait par elle-même pour objet ou pour effet de dissoudre l'association régie par la loi du 1er juillet 1901 CRT Côte d'Azur France ou d'en modifier unilatéralement les statuts. L'association, comprenant au demeurant de nombreux autres membres de droit, n'établit par ailleurs pas que son existence en tant que personne morale serait exclusivement subordonnée à la poursuite des missions qui lui étaient dévolues par la région en application des dispositions précitées du code du tourisme, alors notamment qu'il lui est loisible de modifier ses statuts pour tenir compte du retrait de la région Provence-Alpes Côte d'Azur. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance par la délibération en litige tant de l'article L. 131-8 du code du tourisme que des articles des statuts de l'association requérante relatifs à la modification de ses statuts et à sa dissolution doivent être écartés.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes Côte d'Azur a formulé des observations dans un rapport du 15 mai 2017 aux termes desquelles la question de la simplification, de la clarification et de la lisibilité des actions de deux comités régionaux du tourisme présents sur le territoire régional méritait d'être posée ainsi que la question de la fusion de ces deux comités. Il ressort du compte-rendu de l'assemblée plénière du conseil régional du 23 juillet 2021 que la région Provence-Alpes Côte d'Azur a souhaité, par souci notamment de cohérence dans la mise en œuvre de sa stratégie territoriale en matière de promotion du tourisme, choix sur l'opportunité duquel il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer, ne conserver qu'un seul comité régional du tourisme compétent sur l'ensemble de son territoire. Dans ces conditions, alors même que la décision aurait été adoptée dans un contexte politique tendu, l'association CRT Côte d'Azur France n'est pas fondée à soutenir que la délibération par laquelle la région Provence-Alpes Côte d'Azur a décidé de se retirer de cette association et de ne conserver comme comité régional du tourisme que l'association CRT Provence-Alpes Côte d'Azur ne répondrait à aucun but d'intérêt général, et n'établit pas que cette décision serait constitutive d'un détournement de pouvoir. Enfin, pour les motifs précédemment indiqués au point 3, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le conseil régional aurait entaché la délibération contestée d'un détournement de procédure dans le but de s'exonérer des règles régissant la dissolution de l'association. Il suit de là que ces moyens doivent être écartés.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association CRT Côte d'Azur France doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la région Provence-Alpes Côte d'Azur, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par l'association CRT Côte d'Azur France, et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association CRT Côte d'Azur France le versement à la région Provence-Alpes Côte d'Azur d'une somme en application des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er: La requête de l'association Comité régional du tourisme Côte d'Azur France est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la région Provence-Alpes Côte d'Azur tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Comité régional du tourisme Côte d'Azur France et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
E. Fabre
La présidente,
Signé
M.-L. Hameline
La greffière,
Signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2108127
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026