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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2108407

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2108407

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2108407
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP MONCEAUX-FAVRE DE THIERRENS-BARNOUIN-THEVENOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2021 par laquelle le directeur du Centre hospitalier d'Arles n'a pas reconnu la rechute de sa maladie professionnelle imputable au service à la date du 21 juin au 30 septembre 2021 inclus et a refusé la prise en charge des honoraires et frais médicaux liés à cette dernière ;

2°) d'ordonner une deuxième expertise afin de fournir au tribunal les éléments permettant de déterminer si l'arrêt de travail du 21 juin au 30 septembre 2021 est imputable au service au titre de la rechute de la maladie.

Elle soutient que :

- la décision prend en considération les conclusions d'une expertise bâclée, qu'elle conteste et qui s'est limitée à un examen de document ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation, car elle souffre encore de séquelles de sa maladie antérieure reconnue imputable au service.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2022, le Centre hospitalier d'Arles, représenté par Me Vrignaud, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983;

- le décret n°88-386 du 19 avril 1988;

- le décret n°2020-1131 du 14 septembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,

- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, infirmière titulaire au Centre hospitalier d'Arles, a contracté une première fois une infection à la COVID 19 le 28 mars 2020, maladie reconnue imputable au service par une décision du 26 mai suivant. Le 21 juin 2021, Mme B a présenté une demande visant à faire constater sa rechute de maladie professionnelle. Par une décision du 28 juillet 2021, le directeur du Centre hospitalier d'Arles a refusé d'y faire droit. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision et que soit ordonnée une contre-expertise.

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive () à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () /IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions () ".

3. Selon les dispositions de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. () ". L'article 35-5 du même décret dispose : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'autorité investie du pouvoir de nomination dispose d'un délai :() 2° En cas de maladie, de deux mois à compter de la date à laquelle elle reçoit le dossier complet comprenant la déclaration de la maladie professionnelle intégrant le certificat médical et le résultat des examens médicaux complémentaires le cas échéant prescrits par les tableaux de maladies professionnelles. () " L'article 35-4 du même décret prévoit que " L'autorité investie du pouvoir de nomination qui instruit une demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service peut : 1° Faire procéder à une expertise médicale du demandeur par un médecin agréé lorsque des circonstances particulières paraissent de nature à détacher l'accident du service ou lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ; () ". L'article 35-17 du même décret dispose : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service, de l'accident de trajet ou de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité investie du pouvoir de nomination un certificat médical final de guérison ou de consolidation. / Toute modification de l'état de santé du fonctionnaire constatée médicalement postérieurement à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure qui nécessite un traitement médical peut donner lieu à un nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service et au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement correspondants. / La rechute est déclarée dans le délai d'un mois à compter de sa constatation médicale. La déclaration est transmise dans les formes prévues à l'article 35-2 à l'autorité investie du pouvoir de nomination à la date de cette déclaration. / L'autorité investie du pouvoir de nomination apprécie la demande de l'agent dans les conditions prévues au présent titre ".

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le Centre hospitalier d'Arles a instruit la demande de la requérante que soit reconnue imputable au service de sa maladie du 21 juin au 30 septembre 2021 en ordonnant une expertise par un médecin agrée qui s'est déroulée le 19 juillet 2021. La requérante ne démontre pas que les conditions dans lesquelles se sont déroulées l'expertise soient de nature à remettre en cause ses conclusions, alors qu'au demeurant il ressort du recours gracieux qu'elle a adressé le 7 septembre 2021 au Centre hospitalier d'Arles qu'un examen clinique a bien eu lieu durant l'expertise. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

5. En second lieu, le décret du 14 septembre 2020 relatif à la reconnaissance en maladies professionnelles des pathologies liées à une infection au SARS-CoV2 a inséré, dans l'annexe II du code de la sécurité sociale, un tableau de maladie professionnelle n°100 intitulé " AFFECTIONS RESPIRATOIRES AIGUËS LIEES A UNE INFECTION AU SARS-COV2 ". Ce tableau fixe le délai de prise en charge à 14 jours et précise que l'infection au SARS-CoV2 ayant causé ces affections respiratoires aiguës doit être " confirmée par examen biologique ou scanner ou, à défaut, par une histoire clinique documentée (compte rendu d'hospitalisation, documents médicaux) " et doit avoir " nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire, attestée par des comptes rendus médicaux, ou ayant entraîné le décès ". Enfin, ce tableau dresse la liste limitative des travaux susceptibles de provoquer cette maladie, au titre desquels figurent les " travaux accomplis en présentiel par le personnel de soins et assimilé () au sein des établissements et services suivants : établissements hospitaliers () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été victime d'asthénie, de trouble de la mémoire, d'anosmie et de myalgie ayant justifié un arrêt de travail pour raison de santé dont elle a demandé la reconnaissance en rechute de la maladie professionnelle reconnue durant l'année 2020. Toutefois, il n'est pas contesté que Mme B n'a pas, du fait de ces symptômes, été victime d'affections respiratoires ayant nécessité une oxygénothérapie ou toute autre forme d'assistance ventilatoire. Dès lors, elle ne répondait pas aux conditions posées au premier alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 permettant de faire présumer que sa maladie serait imputable au service. Dans ces conditions, le directeur du Centre hospitalier d'Arles n'a pas entaché d'erreur d'appréciation sa décision du 28 juillet 2021.

7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 28 juillet 2021.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions du Centre hospitalier d'Arles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er :La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 :Les conclusions du Centre hospitalier d'Arles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Centre hospitalier d'Arles.

Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Frédérique Simon, présidente,

M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,

Mme Ludivine Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le rapporteur,

signé

A. Derollepot

La présidente,

signé

F. Simon

La greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en cheffe,

La greffière,

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