vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Barlet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2021 de résiliation de son contrat d'engagement ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de le réintégrer au sein des effectifs de la légion étrangère, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que le nom du rapporteur ne lui a pas été communiqué concomitamment à l'ordre d'envoi devant le conseil d'enquête, en méconnaissance de l'article R. 4137-73 du code de la défense ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été régulièrement convoqué par le rapporteur et n'a pas reçu communication de toutes les pièces de son dossier, en vue de s'expliquer sur les faits en litige, aux côtés de son défenseur et mis à même de communiquer l'identité des personnes qu'il souhaitait faire entendre par le conseil d'enquête ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que, lors de la séance du conseil d'enquête, son défenseur n'a pas utilement été mis à même de s'exprimer ;
- la décision attaquée méconnaît le principe de non bis in idem ;
- la décision attaquée repose sur des faits matériellement inexacts ;
- la décision attaquée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Barlet, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B s'est engagé au titre de la légion étrangère le 1er novembre 2016 pour un contrat de cinq ans, sous l'identité déclarée de Nikita Hrigorenko. Il demande l'annulation de la décision de résiliation de son contrat d'engagement, sanction qui lui a été infligée le 24 juin 2021 pour des faits commis lors de plusieurs opérations extérieures.
2. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 4137-73 du code de la défense : " L'autorité mentionnée au premier alinéa de l'article R. 4137-72 notifie simultanément au comparant l'ordre d'envoi devant le conseil et le nom du rapporteur désigné. Elle l'avise qu'il peut désigner un défenseur de son choix. Elle l'invite à se tenir, ainsi que son défenseur, à la disposition du rapporteur ".
4. L'administration produit en défense " l'attestation du comparant ", signée le 8 avril 2021 par M. B, qui reconnaît avoir pris connaissance de la décision nommant le rapporteur du conseil d'enquête. Si le nom du rapporteur a été communiqué au requérant préalablement et non pas concomitamment à l'ordre d'envoi devant le conseil d'enquête, M. B n'a pas été privé pour autant d'une garantie et cette circonstance n'a pas exercé, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la sanction qui lui a été infligée est illégale du fait de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 4137-73 du code de la défense.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 4137-78 du code de la défense : " Le rapporteur convoque le comparant et son défenseur. Il leur donne communication personnelle et confidentielle de l'ensemble des pièces et documents prévus à l'article R. 4137-77, recueille leurs explications et reçoit les pièces présentées en défense. Le comparant ou son défenseur fait en outre connaître au rapporteur l'identité des personnes qu'il demande à faire entendre par le conseil d'enquête ". En l'espèce, si la convocation en date du 31 mai 2021 n'est pas signée par le rapporteur mais par le président du conseil d'enquête, cette circonstance n'a privé M. B d'aucune garantie et n'a pas exercé, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision attaquée.
6. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas reçu communication de toutes les pièces de son dossier, en vue de s'expliquer sur les faits en litige, il n'indique pas quelle pièce il aurait dû recevoir et en quoi une telle abstention l'aurait privé d'une garantie ou aurait exercé une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen, qui n'est pas assorti de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été régulièrement convoqué au conseil d'enquête et n'a fourni aucun justificatif expliquant son absence lors de la séance du 16 juin 2021. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas pu s'expliquer aux côtés de son défenseur.
8. En cinquième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas été mis à même de communiquer l'identité des personnes qu'il souhaitait faire entendre par le conseil d'enquête, il n'indique pas en quoi il en aurait été empêché, ni quelle personne il aurait souhaité faire intervenir. De plus, à supposer même que son allégation soit avérée, le requérant n'indique pas en quoi il a été privé d'une garantie, ni comment l'intervention des personnes auxquelles il pense aurait pu influer le sens de la sanction attaquée. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que celle-ci est illégale en raison d'un tel vice de procédure.
9. En sixième lieu, il ressort du procès-verbal de la séance du conseil d'enquête du 16 juin 2021 que, contrairement à ce que soutient le requérant, son défenseur a pu s'exprimer pour prendre sa défense. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son défenseur n'a pas été utilement mis à même de s'exprimer.
10. En septième lieu, aux termes de l'article L. 4137-2 du code de la défense : " Les sanctions disciplinaires applicables aux militaires sont réparties en trois groupes : / 1° Les sanctions du premier groupe sont : () e) Les arrêts ; / () 3° Les sanctions du troisième groupe sont : () / b) La radiation des cadres ou la résiliation du contrat. / Les sanctions disciplinaires ne peuvent se cumuler entre elles à l'exception des arrêts qui peuvent être appliqués dans l'attente du prononcé de l'une des sanctions des deuxième et troisième groupes qu'il est envisagé d'infliger ".
11. Aux termes mêmes des dispositions citées au point précédent, l'administration pouvait adopter, pour les mêmes faits, d'une part, la sanction d'arrêt de quarante jours prise le 19 mars 2021 en attendant que soit éventuellement prononcée une sanction des deuxième et troisième groupes, d'autre part, la sanction de résiliation du contrat d'engagement de M. B. Par suite, le moyen tiré de ce que la sanction attaquée méconnaît le principe de non bis in idem doit être écarté.
12. En huitième lieu, le requérant invoque le fait que ce n'était pas lui, mais son chef de groupe, qui aurait pris l'initiative, le 15 juin 2020 lors d'une intervention au Mali, de demander à un enfant de faire des flexions extensions de bras en échange d'une ration de nourriture. Il produit également deux témoignages de militaires présents au moment des faits, selon lesquels l'enfant était dans une démarche de jeu et n'a pas subi de pression pour réaliser le geste demandé. Toutefois, ces circonstances, à les supposer avérées, ne remettent pas en cause la matérialité des faits sur lesquels se fonde la sanction. Par suite, le moyen doit être écarté.
13. En neuvième et dernier lieu, le requérant s'est vu infligé une sanction du troisième groupe de résiliation de son contrat d'engagement pour avoir, lors de l'opération Harpie en Guyane en septembre 2018, incité, filmé et diffusé des images d'enfants arborant le salut nazi, puis, le 15 juin 2020, lors de l'opération Barkhane au Mali, fait réaliser une dizaine de flexions-extensions de bras à un enfant en échange d'une ration de nourriture. Le requérant a également été sanctionné pour avoir publié sur son compte Instagram une photo de lui arborant un pendentif en forme de swastika. Au regard de la gravité de ces faits et de l'atteinte qu'ils portent à l'image de l'armée française, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la sanction du 24 juin 2021 est disproportionnée.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. B doivent être rejetées. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 22 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. Brossier La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026