mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108632 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | LE MAILLOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2021, M. B A, représenté par Me Le Mailloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Port-de-Bouc lui a infligé la sanction disciplinaire de la mise à la retraite d'office ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Port-de-Bouc une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un vice de procédure tenant à la méconnaissance du principe du contradictoire, dès lors que c'est en vain qu'il a sollicité la communication de l'ensemble des pièces composant son dossier disciplinaire ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- cette décision est disproportionnée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 30 juin et 23 septembre 2022, la commune de Port-de-Bouc conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. A d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Mme C, représentant la commune de Port-de-Bouc.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, chef de service de police municipale de 1ère classe, exerçait les fonctions de responsable du service de la police municipale au sein de la commune de Port-de-Bouc depuis le 1er mai 2018. Le conseil de discipline, saisi d'une proposition de sanction de mise à la retraite d'office le concernant, s'est prononcé, le 19 juillet 2021, à l'unanimité de ses membres, en faveur de cette proposition. Par un arrêté du 30 juillet 2021, dont M. A demande l'annulation, le maire de la commune de Port-de-Bouc lui a infligé la sanction disciplinaire de la mise à la retraite d'office.
2. Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, applicable à la date de la décision attaquée : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. () ". Aux termes de l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 6 mai 2021, le maire de Port-de-Bouc a informé M. A de son intention d'engager une procédure disciplinaire à son encontre et de son droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel. Le requérant a été invité à cette fin à venir le consulter à la direction des ressources humaines de la commune entre le 10 et le 19 mai 2021. Si M. A soutient n'avoir obtenu aucune possibilité de consultation de son dossier, il ressort des termes d'un second courrier du maire en date du 17 mai 2021, adressé par courriel à son conseil et auquel était jointe une copie du précédent courrier du 6 mai 2021, que l'avocat du requérant a été invité à se rapprocher du service des ressources humaines aux fins de consulter le dossier disciplinaire et d'en obtenir une copie. En outre, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. A aurait été empêché par la collectivité de consulter son dossier aux dates prévues à cet effet. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'un vice de procédure manque en fait et doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa rédaction alors en vigueur et désormais codifié à l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes des dispositions de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa rédaction applicable au litige et désormais codifié à l'article L. 533-1 du même code : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. () / Quatrième groupe : - la mise à la retraite d'office ; la révocation. () ".
5. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
6. Selon les termes de l'arrêté attaqué, il est reproché à M. A de s'être accordé de manière injustifiée des heures supplémentaires en l'absence de service fait et d'avoir attribué à ses subordonnés des jours de congés dépourvus de base légale, au cours de la période allant d'avril 2019 à septembre 2020.
7. Il ressort des pièces du dossier que par courrier du 1er décembre 2020, plusieurs agents placés sous l'autorité de M. A l'ont accusé, ainsi que son adjointe, d'accorder des heures supplémentaires injustifiées à certains agents. Une enquête administrative a alors été diligentée à l'encontre de l'intéressé, au cours de laquelle dix des treize agents du service ont été entendus. Leurs déclarations ont corroboré la réalité des faits résultant du croisement de plusieurs documents tels que le registre d'armement des agents, les déclarations écrites d'heures supplémentaires, les bulletins de service et les captures d'écran du logiciel de gestion du temps de travail du requérant. Il ressort ainsi du rapport du 20 avril 2021 établi à la suite de l'enquête administrative par la directrice générale adjointe des services de la commune que dix agents placés sous l'autorité de M. A se sont vu accorder des jours de congés non réglementaires pour un total de 134 jours et octroyer des heures supplémentaires non justifiées pour un total de 150 heures, pour la période courant d'avril 2019 à septembre 2020. En outre, il n'est pas sérieusement contesté que, lors de son entretien qui s'est déroulé le 15 octobre 2020 avec le directeur général des services et le directeur général de l'administration, responsables de l'enquête administrative, M. A a reconnu avoir attribué à plusieurs de ses agents des jours de congés supplémentaires injustifiés et avoir majoré le nombre de leurs heures supplémentaires. Selon les calculs effectués par l'administration et non utilement contredits par M. A, le système frauduleux mis en place a permis à l'intéressé de s'accorder indûment 64,5 heures supplémentaires entre avril 2019 et septembre 2020, correspondant à une rémunération indue s'élevant approximativement à 2 400 euros. Il ressort en outre des pièces du dossier que le préjudice subi par l'administration résultant des jours de congés indûment accordés s'élève à plus de 14 000 euros pour l'ensemble des agents ayant bénéficié de la fraude. Par suite, les manquements reprochés à M. A relatifs au paiement d'heures supplémentaires non justifiées le concernant et à l'octroi de congés supplémentaires injustifiés à plusieurs agents, dont la matérialité est établie au cours de la période allant d'avril 2019 à septembre 2020, justifient le prononcé d'une sanction à son encontre. Compte tenu de la gravité de ces manquements aux obligations déontologiques de probité et d'intégrité, portant sur un nombre élevé d'heures supplémentaires et de congés non justifiés, et à leur caractère réitéré, ces derniers couvrant une période d'environ un an et demi, et eu égard au devoir d'exemplarité attendu tout particulièrement d'un agent occupant les fonctions qui étaient celles de M. A, ce dernier n'est pas fondé à soutenir, en dépit de la qualité des états de service qu'il invoque, que l'autorité disciplinaire a pris une sanction disproportionnée en prononçant à son encontre la sanction de la mise à la retraite d'office.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par M. A soit mise à la charge de la commune de Port-de-Bouc, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Par ailleurs, les conclusions présentées sur ce même fondement par la commune, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat et n'a pas justifié des frais qu'elle aurait exposés dans la présente instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Port-de-Bouc sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Port-de-Bouc.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère,
Assistée de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. D
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026