jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108818 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | TAIEBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021 et un mémoire enregistré le 22 septembre 2022 qui n'a pas été communiqué, le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Taiebi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2021 par laquelle le directeur général des services par intérim de la commune de Marseille a refusé de procéder à la publication de l'ensemble des emplois créés par la délibération du conseil municipal du 9 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marseille de procéder à la publication légale prévue par l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984 de l'ensemble des postes créés par la délibération du 9 juillet 2021 à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 211-2 1° du code des relations entre le public et l'administration ;
- le maire a empiété sur la compétence exclusive du conseil municipal en restreignant la publication légale des postes vacants à certains des postes de direction créés par la délibération du 9 juillet 2021 ;
- la décision méconnaît l'article 14 de la loi du 13 juillet 1983, l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984 et l'article 1er du décret du 28 décembre 2018 ;
- elle méconnait le principe de l'égal accès aux emplois publics ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les notions de périmètre identique ou inférieur ne sont pas définies par la délibération du 9 juillet 2021 et permettent en réalité un recrutement discrétionnaire ;
- elle constitue une discrimination, permettant un réemploi prioritaire des anciens directeurs généraux adjoints, alors que la totalité des agents doit pouvoir candidater sur les quarante emplois créés par la délibération ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2022, la commune de Marseille, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et soit mise à la charge du syndicat requérant une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions présentées sont irrecevables dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision insusceptible de recours contentieux ;
- le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône ne justifie pas d'un intérêt pour agir contre la décision en litige relative à une mesure d'organisation des services ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- les observations de Me Taiebi, représentant le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône,
- et les observations de Me Chavalarias représentant la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 9 juillet 2021 s'inscrivant dans le cadre de la réorganisation des services de la commune de Marseille, le conseil municipal a, notamment, défini le nouveau périmètre des directions de services composant sept nouvelles directions générales adjointes et a approuvé la création des postes de directeurs de services afférents. Les syndicats CFE CGC, CFTC et Ensemble ont demandé conjointement au maire de Marseille le 23 juillet 2021 de procéder à la publication de l'ensemble des postes de directeurs ainsi créés. Par un courrier du 6 septembre 2021, le directeur général des services par intérim de la commune de Marseille a répondu à cette demande qu'une publication était subordonnée au résultat de l'entretien à intervenir avec le directeur actuellement en fonction pour les postes dotés d'un périmètre identique ou inférieur au précédent et en cas de recrutement réalisé récemment sur le poste. Le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône demande au tribunal d'annuler la décision de refus de publication des postes révélée par ce courrier.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article 34 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les emplois de chaque collectivité ou établissement sont créés par l'organe délibérant de la collectivité ou de l'établissement. / La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l'emploi créé. () " et aux termes de l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable au litige : " Lorsqu'un emploi permanent est créé ou devient vacant, l'autorité territoriale en informe le centre de gestion compétent qui assure la publicité de cette création ou de cette vacance, à l'exception des emplois susceptibles d'être pourvus exclusivement par voie d'avancement de grade. Les vacances d'emploi précisent le motif de la vacance et comportent une description du poste à pourvoir. / L'autorité territoriale pourvoit l'emploi créé ou vacant en nommant l'un des candidats inscrits sur une liste d'aptitude établie en application de l'article 44 ou l'un des fonctionnaires qui s'est déclaré candidat par voie de mutation, de détachement, d'intégration directe ou, le cas échéant et dans les conditions fixées par chaque statut particulier, par voie de promotion interne et d'avancement de grade. () ". Ces dispositions subordonnent tout recrutement effectué par une collectivité territoriale pour pourvoir un emploi permanent vacant ou nouvellement créé à l'accomplissement de mesures de publicité.
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du conseil municipal de Marseille du 9 juillet 2021 intitulée " Evolution de l'organisation des services municipaux - 2ème étape " a déterminé les modalités du recrutement des directeurs aux emplois créés ou vacants et en particulier les modalités de publication des postes et le processus de recrutement. Ainsi qu'il a été dit au point 1, par un courrier du 23 juillet 2021, plusieurs syndicats ont demandé au maire de Marseille de procéder à la publication de l'ensemble des postes de directeurs créés dans le cadre de la réorganisation des services, en application des dispositions précitées de l'article 41 de la loi du 26 janvier 1984. Le directeur général des services par intérim de la commune a répondu à cette demande par un courrier du 6 septembre 2021 en précisant que, pour les postes dotés d'un périmètre identique au précédent qui, quoique la délibération en prévoie formellement la création, existaient antérieurement, pour les postes dotés d'un périmètre inférieur au précédent, et enfin en cas de recrutement réalisé récemment sur un poste qui avait lui-même déjà fait l'objet d'une publication préalable, un entretien devait d'abord intervenir avec le directeur actuellement en fonction, et qu'un appel à candidature serait le cas échéant établi en fonction du résultat de cet entretien. Il ne ressort pas des termes de ce courrier, qui se borne à répondre à la demande des syndicats en indiquant qu'à cette date, l'administration souhaitait organiser un entretien entre chaque directeur déjà en poste et le directeur général adjoint avant de publier éventuellement le poste afférent en fonction des résultats de cet entretien, que la commune de Marseille ait décidé d'exclure la publication d'appels à candidatures dans les trois cas de figure précédemment évoqués. Dès lors, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, le courrier du 6 septembre 2021 n'a par lui-même ni pour objet ni pour effet de refuser de publier les postes en cause. Si les décisions ultérieures de nomination des directeurs sur les nouveaux postes créés constituent des actes susceptibles de faire l'objet d'un recours contentieux, au soutien duquel peut être utilement invoqué le moyen tiré de l'absence de publication d'un avis de vacance dans les cas où la loi le requiert, le courrier contesté du directeur général des services ne peut, en revanche, eu égard à sa portée, être regardé comme une décision faisant grief. Par suite, ainsi que le fait valoir la commune de Marseille en défense, il n'est donc pas susceptible de recours et le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône n'est pas recevable à demander son annulation.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône à fin d'annulation du courrier du 6 septembre 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais d'instance :
5. La commune de Marseille n'étant pas la partie perdante dans la présente instance les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à sa charge la somme demandée par le syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Marseille sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Marseille tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat départemental CFTC des agents territoriaux des Bouches-du-Rhône et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2108818
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026