lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | COURANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2021, M. B D, Mme C D et M. A E, représentés par Me Porta, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Châteauneuf-les-Martigues a délivré à la SARL Le Cap 10 un permis de construire portant sur la création de deux logements et d'un agrandissement de l'existant sur la parcelle cadastrée BO0038 et BO0118, située rue Max Dormoy, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux, née le 11 août 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Châteauneuf-les-Martigues et de la SARL Le Cap 10 la somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté en litige :
- il est entaché d'incompétence de son auteur ;
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté en litige :
- le plan de masse " après travaux " et le plan " réseaux/voie " font état de mesures contradictoires ;
- le projet méconnaît l'article UP8 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
- il méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UP10 du règlement du PLUi ;
- il méconnaît l'article UP7 du règlement du PLUi et l'article 2.1 des dispositions générales du règlement du PLUi ;
- il méconnaît l'article UP11 du règlement du PLUi ;
- il méconnaît l'article UP12 du règlement du PLUi ;
- il est incompatible avec l'OAP relative " aux gabarits des voiries de desserte externes " ;
- il méconnaît l'article UP13 du règlement du PLUi ;
- il est incompatible avec l'OAP " implantations bâties et préservation des composantes paysagères ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, la SARL Le Cap 10 conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, la commune de Châteauneuf-les-Martigues, représentée par Me Courant, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 100 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 13 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mars 2024.
En application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, par une lettre en date du 3 avril 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de juger que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme et des articles UP10, UP7 et UP11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal sont fondés, et les a invitées à présenter des observations, sur la possibilité de régulariser ces vices.
Des observations en réponse, enregistrées le 4 avril 2024, ont été présentées pour les requérants, représentés par Me Porta.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- les observations de Me Porta, représentant les requérants et celles de Me Courant représentant la commune de Châteauneuf-les-Martigues.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 avril 2021, le maire de la commune de Châteauneuf-les-Martigues a délivré à la SARL Le CAP 10 un permis de construire portant sur la création de deux logements et d'un agrandissement de l'existant sur la parcelle cadastrée BO0038 et BO0118, située rue Max Dormoy. Par un courrier du 11 juin 2021 et remis en main propre en mairie le même jour, M. D et autres, voisins immédiats du projet, ont sollicité le retrait de ce permis de construire. Ils demandent l'annulation de l'arrêté du 12 avril 2021 précité, ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, née le 11 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté en litige :
2. M. G F, premier adjoint au maire de Châteauneuf-les-Martigues, qui a signé l'arrêté attaqué, bénéficiait à cet effet d'une délégation de fonctions accordée par arrêté du maire du 26 mai 2020, sur le fondement de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales. Il ressort des mentions portées sur cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, qu'il a été transmis en sous-préfecture le 26 mai 2020 et publié au recueil des actes administratifs de la commune le 27 mai 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté en litige :
3. Aux termes de l'article UP8 du règlement du PLUi : " () b) Toutefois, lorsque deux façades sont en vis-à-vis et que chacune d'elles est aveugle ou munie que d'ouvertures mineures (fenestrons par exemple), l'article 8a ne s'impose pas. Dans ce cas, la distance (d) mesurée horizontalement entre ces deux façades doit être supérieure ou égale à 3 mètres ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions ".
4. D'une part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. La circonstance que le plan de masse " après travaux " et le plan " réseaux/voie " présenteraient des mesures contradictoires entre l'extension du projet, réalisée sur le terrain d'assiette supportant le projet en litige, et la nouvelle construction également édifiée sur ce même terrain est en l'espèce sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que le plan " réseaux/voies " n'a pas vocation à faire apparaître de telles mesures et qu'en tout état de cause, il ressort clairement du plan de masse évoqué que l'extension se situe à une distance comprise entre 3 mètres et 3,45 mètres de la nouvelle construction alors que l'article 8 de la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) du Territoire Marseille Provence impose une distance minimale de 3 mètres. Alors que le plan de masse en cause est conforme aux dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme qui imposent que le plan de masse des constructions à édifier ou à modifier soit coté dans les trois dimensions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'autorité administrative n'aurait pas été en mesure d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. D'autre part, comme cela a été dit au point 5 du présent jugement, l'extension se situe à une distance comprise entre 3 mètres et 3,45 mètres de la nouvelle construction, conformément aux exigences de l'article UP8 du règlement du PLUi qui impose une distance supérieure ou égale à 3 mètres entre les constructions implantées sur un même terrain.
7. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions ".
8. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; () ".
9. Il ressort de la notice architecturale que celle-ci précise que 8 arbres de hautes tiges seront plantés, que les 4 arbres abattus seront replantés, que 2 arbres seront plantés afin de respecter les caractéristiques des places de stationnement " éco-aménagé " et que 2 arbres seront plantés conformément à la surface de pleine de terre. Les informations qu'elle contient sont en outre corroborés par le plan de masse et les photographies jointes au dossier de permis de construire qui permettent d'apprécier la végétation et les éléments paysagers existants. Par suite, la notice architecturale et les éléments qu'elle mentionne n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. Aux termes de l'article UP10 du règlement du PLUi : " () e) Les arbres existants sont maintenus ou, en cas d'impossibilité, obligatoirement remplacés par des sujets en quantité et qualité équivalentes (essence et développement à terme) ".
11. Comme évoqué au point 9 du présent jugement, les pièces du dossier mentionnent expressément le nombre d'arbres existants sur le terrain ainsi que les arbres qui seront abattus puis replantés. Toutefois, la qualité de ces sujets ne ressort d'aucune des pièces du dossier, ce qui ne permet pas de s'assurer du respect des dispositions de l'article UP10 du règlement du PLUi qui imposent que les arbres existants soient maintenus ou, en cas d'impossibilité, obligatoirement remplacés par des sujets en quantité et qualité équivalentes.
12. Aux termes de l'article UP7 du règlement du PLUi : " En l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, la distance (d) mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche d'une limite séparative* est supérieure ou égale à la moitié de la différence d'altitude (DA) entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres soit : = /2 = 3 ès. L'altitude de la limite doit être mesurée au niveau du fonds voisin et non au niveau du terrain* du projet ". Aux termes de l'article 2.1 des dispositions générales du règlement du PLUi : " Travaux sur construction non conforme : Les travaux sur une construction légale* mais non conforme au présent PLUi (c'est-à-dire qui ne respecte pas les articles de la zone concernée et leurs règles alternatives) sont admis à condition : qu'ils aient pour objet d'améliorer la conformité ou de ne pas aggraver la non-conformité de la construction avec les dispositions règlementaires méconnues ; ou qu'ils soient étrangers à ces dispositions. Sont notamment considérées comme aggravant une non-conformité : l'extension* par surélévation, sur la même emprise bâtie, d'une construction dont l'emprise au sol dépasse celle autorisée ".
13. Les requérants soutiennent que l'extension du projet serait illicite dès lors qu'elle aggraverait une construction existante non-conforme. Toutefois, à supposer que la non-conformité de cette construction soit établie, son extension, réalisée sur le terrain d'assiette du projet, n'interfère nullement dans l'application des règles citées au point précédent, dès lors qu'elle se situe à une distance requise par l'article UP7 du règlement du PLUi, soit à au moins 3 mètres de la limite séparative Nord.
14. Aux termes de l'article UP11 du règlement du PLUi : " Voitures en dehors de la ZBD "activités + habitat" Pour les résidents : Minimum : 1 place par tranche de 40 m² de surface de plancher entamée, sans être inférieur à 1 place par logement. Toutefois, pour les résidents, il n'est pas exigé plus de 2 places par logement. Pour les visiteurs : Minimum : 1 place pour 3 logements lorsque la totalité des constructions dépasse 200 m² de surface de plancher ou en cas d'opération d'ensemble* ". Le lexique définit l'opération d'ensemble comme la " réalisation sur une unité foncière ou plusieurs unités foncières contiguës d'un ou plusieurs aménagement (tels que des chemins d'accès*, des espaces verts*), dont au moins une partie de ces derniers sont dédiés à un usage collectif, en vue de l'édification de plusieurs constructions " et l'extension comme : " Agrandissement d'une construction légale* qui peut se traduire, par exemple, par une augmentation de l'emprise au sol (extension horizontale) et/ou par une surélévation (extension verticale). () Doivent donc être considérés comme des constructions nouvelles et non comme des extensions : l'agrandissement d'une construction qui n'est pas légale au sens du présent PLUi ; l'agrandissement d'une construction qui conduit à augmenter la surface de plancher et/ou l'emprise au sol initiale de plus de 100 % ; l'édification d'une construction non attenante à une construction existante ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'édification d'une construction et l'extension d'une construction existante, qui compte tenu de la définition apportée par le lexique du règlement du PLUi, n'est pas considérée comme une construction. Dès lors, l'opération envisagée ne supportant pas la réalisation de plusieurs constructions, cette dernière n'est pas une opération d'ensemble. Alors que le projet d'une surface de plancher de 197,90 mètres prévoit 5 places de stationnement, il ne méconnaît pas les dispositions de l'article UP11 du règlement du PLUi qui imposent pour les résidents une place de stationnement par tranche de 40 mètres de surface de plancher entamée, sans être inférieur à 1 place par logement.
16. Aux termes de l'article UP12 du règlement du PLUi : " a) Pour accueillir une construction nouvelle, un terrain* doit être desservi par une voie* ou une emprise publique* existante ou créée dans le cadre du projet et dont les caractéristiques permettent de satisfaire : aux besoins des constructions et aménagements ; et aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. b) La création de voies* ou chemins d'accès* en impasse d'une longueur de plus de 30 mètres est admise à condition d'aménager, à leur terminaison, une aire de retournement* présentant les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. Par ailleurs, cette aire de retournement* ne peut être réalisée : ni sur des espaces dédiés au stationnement ; ni sur des parties non dédiées à la circulation générale ".
17. La circonstance que le projet ne prévoit pas une aire de retournement est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que desservie par une voie existante, l'opération envisagée n'est pas soumise aux disposions du b) de l'article UP12 du règlement du PLUi qui impose la création d'une aire de retournement lorsque sont créés une voie ou un chemin d'accès en impasse d'une longueur de plus de 30 mètres.
18. Si les requérants soutiennent que le projet ne fait état d'aucune mention quant à la desserte du projet, il ressort de la décision attaquée qu'elle est assortie de prescriptions indiquant que le permis ne pourra être mis en œuvre que sous réserve du droit des tiers et particulièrement des servitudes de passage qui doivent être existantes pour la réalisation du projet, comme cela ressort des termes de l'article 4 de l'arrêté en litige.
19. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles ". En outre, aux termes de l'article L. 152-1 du même code : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les OAP d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.
20. D'une part, aux termes de l'OAP " qualité d'aménagement et des formes urbaines " relative à la zone UP, concernant les gabarits des voiries de desserte externes aux opérations : " Pour pouvoir accueillir des constructions, le terrain* doit être desservi par : - une voie* ou une emprise publique*, d'une largeur de chaussée supérieure à 3 mètres pour les voiries à sens unique ; ou - une voie* ou une emprise publique*, d'une largeur de chaussée supérieure à 5 mètres pour les voiries à double sens ".
21. Il ressort des pièces du dossier que la propriété du pétitionnaire est desservie par une voie à double sens d'une largeur comprise entre 3,20 mètres et 3,70 mètres. Toutefois, compte tenu de la taille limitée du projet en litige qui prévoit la création de deux logements et l'agrandissement de l'existant pour une surface totale de plancher de 197,90 mètres, l'opération envisagée ne saurait être regardée comme incompatible avec l'orientation évoquée.
22. D'autre part, aux termes de l'OAP " qualité d'aménagement et des formes urbaines " " QAFU " relative à la zone UP, concernant les " implantations bâties et préservation des composantes paysagères " : " Implanter les constructions de manière à : - créer et/ou préserver des espaces verts* généreux et d'un seul tenant ; - conserver au moins un élément paysager significatif existant tel que : - une masse boisée, notamment si elle s'inscrit dans une continuité qui dépasse les limites du terrain* ;- un alignement d'arbres ; - un sujet remarquable ;- une bande boisée ou végétalisée participant à la qualification de la voie. Afin de préserver les arbres de haute tige de manière pérenne, une distance minimale de 3 mètres séparera les constructions, y compris enterrées, des arbres de haute tige ".
23. Les requérants font valoir que le projet ne serait pas compatible avec cette OAP QAFU. Toutefois, comme cela a été dit au point 8 du présent jugement, le projet prévoit que 8 arbres de hautes tiges. Par suite, l'arrêté en litige ne saurait être regardé comme incompatible avec cette orientation.
24. S'il apparaît que 8 arbres de hautes tiges seront plantés sur le terrain d'assiette du projet, mais qu'ils se situent, pour 5 d'entre eux, à moins de 3 mètres des constructions, il ressort toutefois de l'OAP que " l'un des objectifs principaux portés par les zones UP-UM tend à constituer ou préserver le couvert végétal autour des constructions. Dans cette optique, il est important de valoriser les espaces libres* généreux d'un seul tenant et de respecter les composantes paysagères existantes sur le terrain ". Ainsi, au regard de la nécessité de conserver les arbres existants et de la lecture de l'OAP qui doit être faite en termes de compatibilité, le permis de construire ne contrarie pas les objectifs de l'OAP et le moyen doit, dès lors, être écarté.
25. Aux termes de l'article 13 du règlement du PLUi : " a) Toutes constructions ou installations requérant une alimentation en eau doivent être raccordées à un réseau public de distribution d'eau potable de caractéristiques adaptées. b) Toutes constructions ou installations alimentées en eau doivent être raccordées au réseau public d'assainissement collectif ".
26. Comme cela a été dit au point 17 du présent jugement, l'arrêté en litige est assorti de prescriptions spéciales qui conditionne l'autorisation contestée et sa mise en œuvre à des servitudes de passage qui doivent être existantes pour la réalisation du projet, ce qui recouvre notamment la servitude de tréfonds.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
27. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". En outre, l'article L. 600-5-1 de ce code dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
28. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies, ou que le bénéficiaire de l'autorisation lui ait indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
29. L'illégalité retenue au point 11 du présent jugement, à savoir la méconnaissance de l'article UP10 du règlement du PLUi, du fait de l'insuffisante précision du dossier de demande quant aux arbres supprimés et à leur remplacement, constitue un vice entachant d'illégalité l'arrêté en litige, qui compte tenu de la division parcellaire du terrain d'assiette supportant le projet en litige, n'est pas susceptible de faire l'objet d'une annulation partielle ou d'une régularisation. Les requérants sont donc fondés à demander l'annulation totale de l'arrêté du 12 avril 2021.
30. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation totale de l'arrêté du 12 avril 2021, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux, née le 11 août 2021.
Sur les frais liés au litige :
31. Les requérants n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions présentées par la commune de Châteauneuf-les-Martigues sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérants sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 12 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Châteauneuf-les-Martigues a délivré à la SARL Le CAP 10 un permis de construire est annulé, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux des requérants, née le 11 août 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Châteauneuf-les-Martigues sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, Mme C D,
M. A E, à la SARL Le CAP 10 et à la commune de Châteauneuf-les-Martigues.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026