mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108964 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CAPDEFOSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 11 octobre 2021,
13 juin 2022 et 28 février 2023, Mme A B, représentée par Me Capdefosse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation d'un montant de 27 966 euros ;
2°) de condamner le recteur de l'académie d'Aix-Marseille au paiement de la somme de 27 966 euros au titre des préjudices subis causés avec intérêts à taux légal à compter de la date de sa demande préalable d'indemnisation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le recteur a commis une erreur de droit en signant la convention de rupture conventionnelle sans vérifier au préalable qu'elle y était éligible, ce qui constitue une faute ;
- la faute ainsi commise par l'administration est à l'origine d'une perte de chance d'obtenir une pension de retraite d'un montant plus élevé, ainsi que des préjudices financiers, physique et moraux qu'elle a subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Une note en délibéré a été enregistrée le 26 novembre 2024 pour Mme B, représentée par Me Capdefosse.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 2019-1593 du 31 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Capdefosse, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme A B était employée auprès de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur en qualité d'adjoint administratif. Elle a signé, le
7 avril 2021, sur sa demande, une convention de rupture conventionnelle qui devait prendre effet au 1er septembre 2021. Toutefois, par un courrier du 26 octobre 2021, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a rejeté cette demande au motif que Mme B avait atteint l'âge légal de départ à la retraite depuis le 31 août 2019. Le 15 novembre 2021, l'intéressée a formé une demande préalable indemnitaire auprès du recteur. Elle demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision implicite rejetant cette demande et de condamner le recteur à réparer le préjudice subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La réclamation préalable indemnitaire du 15 novembre 2021 a eu pour seul effet de lier le contentieux dans le cadre de la présente instance. En demandant la condamnation du recteur de l'académie d'Aix-Marseille, Mme B a donné à sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir les sommes qu'elle réclame, les vices propres dont serait entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de sa demande indemnitaire préalable doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article 72 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - L'administration et le fonctionnaire mentionné à l'article 2 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée, l'autorité territoriale et le fonctionnaire mentionné à l'article 2 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 précitée, les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 précitée et les fonctionnaires de ces établissements peuvent convenir en commun des conditions de la cessation définitive des fonctions, qui entraîne radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire. La rupture conventionnelle, exclusive des cas mentionnés à l'article 24 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée, ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties. La rupture conventionnelle résulte d'une convention signée par les deux parties. La convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, qui ne peut pas être inférieur à un montant fixé par décret. La rupture conventionnelle ne s'applique pas : 1° Aux fonctionnaires stagiaires ; 2° Aux fonctionnaires ayant atteint l'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite fixé à l'article L. 161-17-2 du code de la sécurité sociale et justifiant d'une durée d'assurance, tous régimes de retraite de base confondus, égale à la durée de services et bonifications exigée pour obtenir la liquidation d'une pension de retraite au pourcentage maximal ; () ".
4. Mme B soutient que la responsabilité du recteur de l'académie d'Aix-Marseille est engagée en raison de la signature de la convention de rupture conventionnelle le 7 avril 2021, sans vérifier au préalable qu'elle était éligible à ce dispositif. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'au 31 août 2019, la requérante avait atteint l'âge de départ à la retraite et que, compte tenu de cette circonstance, elle ne pouvait pas prétendre à une rupture conventionnelle. Il résulte également de l'instruction qu'entre la fin du mois d'août 2021 et le début du mois de
septembre 2021, l'intéressée, informée sur ses droits à la retraite et sur la possibilité de réintégrer ses fonctions, a transmis au recteur sa demande de mise à la retraite à compter du
1er septembre 2021. Dans ces conditions, à supposer même que l'administration ait commis une faute en signant, à la demande de Mme B, la convention évoquée, le préjudice qu'elle allègue résultant d'une perte de chance d'obtenir une pension de retraite d'un montant plus élevé ne découle pas de la faute dont elle se prévaut mais de son choix de faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2021. Par ailleurs, elle n'établit pas les difficultés financières alléguées.
5. En outre, si Mme B fait valoir un préjudice physique et moral, compte tenu de difficultés financières et de sa souffrance psychologique, elle n'apporte pas d'éléments de nature à établir ni ces troubles ni leur lien avec la faute de l'administration, alors qu'elle avait connaissance de ses droits à la retraite avant de transmettre sa demande de mise à la retraite.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, verse à Mme B la somme que celle-ci demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie pour information en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
No 2108964
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026