jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108999 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | TRIBOLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 octobre 2021 et 18 décembre 2023, M. C B, représenté par Me Tribolo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2021 de traitement de l'insalubrité du logement situé au 153 avenue des Aires - parcelle AT186 - à Gardanne (13120) ;
2°) de mettre à son bénéfice une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- le courrier du 17 juin 2021 par lequel l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur (ARS PACA) l'a invité à se rendre à la séance du 15 juillet 2021 du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST) ne lui est jamais parvenu ; le délai de trente jours entre la convocation et la séance du conseil n'a en tout état de cause pas été respecté et l'a privé de la possibilité de répondre au rapport du technicien de sécuritaire sanitaire de l'ARS et de s'expliquer quant à l'état du logement en cause ; il n'a jamais eu l'occasion de s'entretenir directement avec les représentants des différents services administratifs ;
- il n'a eu la possibilité de s'entretenir ni avec l'architecte du cabinet Citémétrie ni avec le technicien de sécuritaire sanitaire de l'ARS ; ce dernier pouvait lui permettre d'assister à la deuxième visite du logement qui doit en tout état de cause être réalisée en présence de l'ensemble des parties et de s'entretenir avec lui, mais s'est abstenu de le faire ; il n'a pas été informé de l'existence du rapport de la deuxième visite du technicien, daté du 9 juillet 2021, et qui ne lui a pas été communiqué avant la séance du 15 juillet 2021 du CoDERST ;
- l'ARS n'aurait pas dû confier la réalisation de la deuxième visite du logement au même technicien que celui ayant effectué la première visite dès lors qu'il ressort du rapport de la première visite que ce technicien a fait preuve de partialité, qu'il a également demandé au cabinet Citémétrie de modifier la fiche de décence initialement rédigée pour qu'elle corresponde à ses propres constatations et qu'il a considéré que le refus de la locataire de laisser exécuter les travaux dans le logement était fondé ;
- le rapport du cabinet Citémétrie et celui du technicien de l'ARS ne font pas les mêmes constats ; ce dernier a fait modifier celui du premier ; lui-même n'a pas été informé de la deuxième visite réalisée par le technicien de l'ARS et n'a pas pu être présent ;
- l'ARS a refusé de prendre en compte sa volonté d'effectuer des travaux ; la locataire n'a pas libéré le logement pour qu'ils soient réalisés ; au lieu d'un arrêté d'insalubrité, une simple injonction d'effectuer les travaux aurait été suffisante ;
- la locataire a menti sur le nombre de personnes occupant le logement afin de se voir hébergée dans un T3 et au lieu d'un T2 ; dès lors qu'elle a refusé toutes les propositions de relogement, les travaux n'ont pas pu être réalisés ; dès lors qu'elle ne paye plus de loyer, elle ne souhaite pas quitter son logement et entend profiter de cette situation le plus longtemps possible ; lui-même subit un préjudice du fait de l'impossibilité de réaliser les travaux et de l'absence de perception des loyers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une lettre du 21 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 en tant qu'il met à la charge de M. B les frais de relogement de ses locataires durant la période de réalisation des travaux nécessaires au traitement de l'insalubrité du logement situé au 153 avenue des Aires - parcelle AT186 - à Gardanne dès lors que ceux-ci ont été relogés définitivement le 7 mars 2022 et que, par suite, les conclusions à fin d'annulation sont devenues sans objet.
Les observations présentées pour M. B ont été enregistrées et communiquées le 22 décembre 2023. Celles du préfet ont été enregistrées et communiquées le 10 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les conclusions de M. Frédéric Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un signalement effectué auprès du pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne des Bouches-du-Rhône par les locataires d'un logement appartenant à M. B et situé au 153 avenue des Aires - parcelle AT186 - à Gardanne (13120), l'ARS PACA a procédé à l'évaluation de ce logement et, par un arrêté du 18 août 2021, pris sur proposition du directeur général de l'ARS, le sous-préfet d'Istres a considéré que le logement appartenant au requérant se trouvait en état d'insalubrité remédiable, a fixé la liste des travaux à réaliser pour faire cesser cette situation et a assorti cette décision d'une interdiction temporaire d'habiter ainsi que d'une obligation d'assurer l'hébergement des occupants. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'état d'insalubrité :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 13-2021-05-12-00003 du 12 mai 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 13-2021-134 du 12 mai 2021 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le préfet a donné délégation à M. A E, sous-préfet de l'arrondissement d'Istres, à l'effet de signer les arrêtés relevant des situations d'insalubrité visées au 4° de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation, aux articles L. 1331-22 à L. 1331-24 du code de la santé publique et constitutifs de mesures de police définies au titre Ier du Livre V code de la construction et de l'habitation. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre () ". Aux termes de l'article L. 1331-23 du même code : " Ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux, les locaux insalubres dont la définition est précisée conformément aux dispositions de l'article L. 1331-22, que constituent les caves, sous-sols, combles, pièces dont la hauteur sous plafond est insuffisante, pièces de vie dépourvues d'ouverture sur l'extérieur ou dépourvues d'éclairement naturel suffisant ou de configuration exiguë, et autres locaux par nature impropres à l'habitation, ni des locaux utilisés dans des conditions qui conduisent manifestement à leur sur-occupation ".
4. Aux terme de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : / () / 4° L'insalubrité, telle qu'elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé publique ". Aux termes de l'article L. 511-4 du même code : " L'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police est : / () / 2° Le représentant de l'Etat dans le département dans le cas mentionné au 4° [de l'article L. 511-2] ". Aux termes de l'article L. 511-8 de ce code : " La situation d'insalubrité mentionnée au 4° de l'article L. 511-2 est constatée par un rapport du directeur général de l'agence régionale de santé () remis au représentant de l'Etat dans le département préalablement à l'adoption de l'arrêté de traitement d'insalubrité () ". Aux termes de l'article L. 511-10 de ce code : " L'arrêté () de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures () ". Aux termes de l'article L. 511-11 de ce code : " L'autorité compétente prescrit, par l'adoption d'un arrêté () de traitement de l'insalubrité, la réalisation, dans le délai qu'elle fixe, de celles des mesures suivantes nécessitées par les circonstances : / 1° La réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant, pour préserver la solidité ou la salubrité des bâtiments contigus ; / () / 4° L'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif. / () / Lorsque l'immeuble ou le logement devient inoccupé et libre de location après la date de l'arrêté pris sur le fondement du premier alinéa, dès lors qu'il est sécurisé et ne constitue pas un danger pour la santé ou la sécurité des tiers, la personne tenue d'exécuter les mesures prescrites n'est plus obligée de le faire dans le délai fixé par l'arrêté. L'autorité compétente peut prescrire ou faire exécuter d'office, aux frais de cette personne, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage du lieu, faute pour cette dernière d'y avoir procédé. Les mesures prescrites doivent, en tout état de cause, être exécutées avant toute nouvelle occupation, remise à disposition ou remise en location, sous peine des sanctions prévues à l'article L. 511-22 ". Aux termes de l'article L. 511-14 de ce code : " L'autorité compétente constate la réalisation des mesures prescrites ainsi que leur date d'achèvement et prononce la mainlevée de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité et, le cas échéant, de l'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux () ". Aux termes de l'article R. 511-3 de ce code : " Dans le cadre de la procédure contradictoire mentionnée à l'article L. 511-10, l'autorité compétente mentionnée à l'article L. 511-4 informe les personnes désignées en application de l'article L. 511-10 des motifs qui la conduisent à envisager de mettre en œuvre la police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations et des mesures qu'elle compte prendre. / Le rapport mentionné à l'article L. 511-8 et, le cas échéant, les autres éléments sur lesquels l'autorité compétente se fonde sont mis à disposition des personnes susmentionnées qui sont invitées à présenter leurs observations dans un délai qui ne peut être inférieur à un mois, ou à quinze jours dans les cas mentionnés à l'article L. 1331-23 du code de la santé publique () ".
5. L'ARS a fait réaliser une visite du logement loué par M. B le 23 décembre 2020 par un technicien de sécurité sanitaire, visite dont le rapport, daté du 21 avril 2021, a été adressé au requérant le 25 mai 2021 accompagné d'une lettre invitant ce dernier à communiquer ses observations dans le délai de trente jours, ce qu'il a fait le 14 juin 2021. Ces observations ont amené l'administration à réaliser une seconde visite le 6 juillet 2021 dont le rapport, daté du 9 juillet 2021, a été adressé au requérant qui a communiqué de nouvelles observations à l'ARS le 23 juillet 2021. Par ailleurs, M. B ne saurait utilement soutenir que le principe du contradictoire a été méconnu lors de la procédure préalable à l'édiction de la décision attaquée au motif que, contrairement à lui, la locataire aurait pu s'entretenir avec les représentants des différents services administratifs concernés par la situation d'insalubrité du logement, cette circonstance n'étant en tout état de cause pas établie, dès lors qu'il a été mis à même de prendre connaissance dans les rapports des 21 avril et 9 juillet 2021 de l'ensemble des éléments recueillis par le technicien de sécurité sanitaire lors des deux visites et de les contester. Egalement, la circonstance qu'il n'aurait pas été convoqué à ces deux visites est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors qu'aucune disposition ne prévoit, et aucun principe n'impose, que la visite du logement par l'ARS en vue de l'établissement du rapport prévu par les dispositions précitées de l'article L. 511-8 du code de la construction et de l'habitation soit réalisée de manière contradictoire avec le propriétaire. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise à la suite d'une procédure méconnaissant le principe du contradictoire.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 1416-1 du code de la santé publique : " La commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques peut être consultée par le représentant de l'Etat dans le département lorsqu'il prend un arrêté en application du 4° de l'article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation () ". Aux termes de l'article R. 1416-3 du même code : " Sans préjudice des dispositions prévoyant une procédure particulière, le conseil, lorsqu'il est appelé à émettre un avis sur une affaire individuelle, invite l'intéressé à formuler ses observations et l'entend s'il en fait la demande ".
7. Il résulte de l'instruction que M. B a été invité à participer à la séance du CoDERST au cours de laquelle a été examinée la situation du logement dont il est propriétaire, par une lettre du 17 juin 2021 qui n'a pas pu être distribuée, que le requérant n'a pas retirée dans le délai de quinze jours prévu par la règlementation postale. Ainsi, M. B ne peut pas prétendre que ce courrier ne lui est jamais parvenu. Par ailleurs, s'il se prévaut du non-respect d'un délai de trente jours entre la réception d'une telle invitation et la séance du conseil, l'existence d'un tel délai ne ressort d'aucune disposition législative ou réglementaire. Dès lors, à la date de la séance de ce conseil, M. B devait être regardé comme ayant été avisé de la tenue de cette séance et mis à même d'y participer. De plus, les rapports des deux visites de l'ARS lui avaient déjà été communiqués et il lui avait déjà été donné la possibilité de produire des observations à leur propos. En outre, s'il prétend que sa présence au conseil lui aurait permis d'informer ce dernier sur le comportement de sa locataire qui aurait refusé de quitter son logement et aurait empêché par cette attitude la réalisation des travaux ainsi que sur les informations erronées qu'elle aurait communiquées à l'administration sur sa situation familiale afin d'obtenir son hébergement dans un logement plus grand que celui occupé, ces allégations, à les supposer même avérées, sont sans incidence sur la réalité de l'insalubrité du logement concerné. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure méconnaissant les droits de la défense.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure préalable à l'édiction de la décision du 18 août 2021 doit être écarté en ses deux branches.
9. En dernier lieu, il appartient au juge, saisi d'un moyen mettant en doute l'impartialité d'un expert, de rechercher si, eu égard à leur nature, à leur intensité, à leur date et à leur durée, les relations directes ou indirectes entre cet expert et l'une ou plusieurs des parties au litige sont de nature à susciter un doute sur son impartialité. En particulier, doivent en principe être regardées comme suscitant un tel doute les relations professionnelles s'étant nouées ou poursuivies durant la période de l'expertise.
10. M. B n'apporte aucun élément permettant de contester l'impartialité du technicien de sécurité sanitaire de l'ARS. Par ailleurs, si celui-ci a pris l'attache du cabinet Citémétrie, qui procède aux évaluations initiales des immeubles susceptibles de présenter un caractère insalubre, pour faire rectifier la fiche de décence établie par cet organisme, il ne résulte pas de l'instruction que cette correction avait pour objectif, contrairement à ce que soutient le requérant, de falsifier les données contenues dans cette fiche pour les rendre compatibles avec celles recueillies lors des deux visites réalisées ultérieurement. En tout état de cause, l'appréciation que le cabinet Citémétrie porte sur la situation de salubrité des immeubles qu'il évalue, ne préjuge pas des suites données par l'administration. En outre, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité des accusations qu'il porte contre le technicien de sécurité sanitaire de l'ARS qui aurait, selon ses dires, considérer que le logement en cause présentait un caractère insalubre afin de faire bénéficier la locataire d'un relogement aux frais du bailleur.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 en tant que l'ARS a considéré que le logement appartenant à M. B se trouvait en état d'insalubrité remédiable doivent être rejetées.
En ce qui concerne les travaux à réaliser :
12. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 511-11 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque l'immeuble ou le logement devient inoccupé et libre de location après la date de l'arrêté pris sur le fondement du premier alinéa, dès lors qu'il est sécurisé et ne constitue pas un danger pour la santé ou la sécurité des tiers, la personne tenue d'exécuter les mesures prescrites n'est plus obligée de le faire dans le délai fixé par l'arrêté. L'autorité compétente peut prescrire ou faire exécuter d'office, aux frais de cette personne, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage du lieu, faute pour cette dernière d'y avoir procédé. Les mesures prescrites doivent, en tout état de cause, être exécutées avant toute nouvelle occupation, remise à disposition ou remise en location, sous peine des sanctions prévues à l'article L. 511-22 ".
13. Ces dispositions n'ont ni pour objet, ni pour effet de permettre à l'autorité administrative de prescrire la réalisation de travaux par le propriétaire de locaux à la fois inoccupés et libres de location et dont l'état ne constitue pas un danger pour la santé des voisins. Le juge administratif, saisi d'un recours de plein contentieux contre un arrêté d'insalubrité, doit tenir compte de la situation existante à la date à laquelle il se prononce et peut, au besoin, modifier les mesures ordonnées par l'autorité administrative. Lorsqu'il constate que, postérieurement à l'intervention de l'arrêté qui lui est déféré, le bail a été résilié et que les locaux, qui ne menacent pas la santé des voisins, se trouvent désormais à la fois inoccupés et libres de location, il lui appartient d'annuler l'arrêté en tant qu'il ordonne la réalisation de travaux par le propriétaire et de ne le laisser subsister qu'en tant qu'il interdit l'habitation et, le cas échéant, l'utilisation des lieux.
14. Il résulte de l'instruction que la locataire du logement appartenant à M. B et sa famille ont été relogés définitivement le 7 mars 2022. Outre l'inoccupation du logement, l'ARS a considéré que celui-ci était sécurisé et ne constituait pas en l'état un danger pour la santé ou la sécurité des voisins, et a indiqué au requérant, par suite, par une décision du 24 octobre 2022 qu'il n'était plus tenu au délai de douze mois qui lui avait été initialement accordé pour réaliser les travaux permettant de mettre fin à l'insalubrité du logement et fixés dans l'arrêté du 18 août 2021 tout en précisant que ces travaux seraient toutefois à réaliser avant toute occupation, remise à disposition ou en location. Dans ces conditions, l'arrêté du 18 août 2021 en tant qu'il fixe les travaux à réaliser pour mettre fin à l'insalubrité du logement appartenant à M. B doit être annulé.
En ce qui concerne l'interdiction d'habiter :
15. En l'absence de moyen spécifique soulevé à l'encontre de cette décision, les conclusions à fin d'annulation de cette dernière doivent être rejetées.
En ce qui concerne le relogement :
16. Il résulte de l'instruction que la locataire du logement appartenant à M. B et sa famille ont été relogés définitivement le 7 mars 2022 sans que des travaux aient été réalisés entre le 18 août et cette date. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 en tant qu'il met à la charge de M. B les frais de relogement de ses locataires durant la période de réalisation des travaux nécessaires au traitement de l'insalubrité de son logement sont devenues sans objet et, par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 août 2021 en tant qu'il met à la charge de M. B les frais de relogement des locataires de son logement situé au 153 avenue des Aires - parcelle AT186 - à Gardanne (13120).
Article 2 : L'arrêté du 18 août 2021 est annulé en tant qu'il prescrit des travaux à réaliser pour mettre fin à l'insalubrité du logement situé au 153 avenue des Aires - parcelle AT186 - à Gardanne (13120).
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E-M. D
La greffière,
Signé
F.-L. Boyé
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026