mardi 19 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2109004 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARTHELEMY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 octobre 2021 et le 16 mars 2023, M. A B, représenté par Me Erdogan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2021 par laquelle de l'inspecteur du travail des Bouches-du-Rhône a autorisé la société Delvil à procéder à son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des faits qui lui sont reprochés ;
- les absences reprochées sont le résultat de l'application de son droit au retrait de son poste de travail.
Par des mémoires enregistrés les 14 et 17 janvier 2022, la société anonyme Delvil, représentée par la SELAS Barthélémy avocats en la présence de Me Errera, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) de la région Provence-Alpes Côte d'azur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- les observations de Me Errera, représentant la société Delvil.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été employé en qualité d'agent commercial en contrat de travail à durée indéterminée au sein de la société anonyme Delvil depuis le 23 juillet 2018. Il a été élu membre titulaire du comité social et économique le 4 octobre 2019 et a été affecté au poste de réceptionnaire relevant de la catégorie d'agent de maîtrise le 1er novembre 2019. M. B a été convoqué par son employeur à un entretien préalable à une procédure de licenciement, fixé le 8 juillet 2021 auquel il ne s'est pas présenté. Par courrier reçu le 22 juillet 2021, la société Delvil a sollicité de la part de l'inspecteur du travail l'autorisation de procéder au licenciement de M. B pour motif disciplinaire, lui reprochant un abandon de poste et des absences injustifiées continues depuis le 12 avril 2021 ayant perturbé l'organisation du travail. A la suite d'une enquête contradictoire, l'inspecteur du travail de l'unité de contrôle Rhône Durance, a, par une décision du 23 août 2021, accordé à la société Delvil l'autorisation de licenciement sollicitée. M. B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.
2. D'une part, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives ou de fonctions de conseiller prud'homme, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi. Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions de l'article R. 436-4 du code du travail impose à l'inspecteur du travail, saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants qu'il a pu recueillir, y compris des témoignages, et qui sont de nature à établir ou non la matérialité des faits allégués à l'appui de la demande d'autorisation.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 4131-3 du code du travail : " Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un travailleur ou d'un groupe de travailleurs qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d'eux ".
4. Pour autoriser le licenciement de M. B, l'inspecteur du travail s'est fondé sur la double circonstance qu'il n'avait pas justifié ses absences dans les quarante-huit heures ainsi que le prévoyait son contrat de travail et que la mobilisation de plusieurs salariés pour y pallier avait perturbé l'organisation de l'entreprise. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que l'intéressé a quitté son poste de travail sans y revenir à partir du 12 avril 2021 et qu'il n'a pas répondu aux courriers de son employeur des 23 avril, 6 mai et 17 juin 2021 par lesquels il était mis en demeure de justifier ses absences . En outre, il ressort des termes de la décision en litige et il n'est pas davantage contesté que l'absence de M. B, qui exerçait seul la fonction d'agent de maîtrise réceptionnaire au sein du magasin, a dû être palliée par plusieurs salariés, ce qui était nécessairement de nature à perturber l'organisation de l'entreprise. Enfin l'altercation de M. B avec un autre employé, qui aurait tenu à son égard des propos insultants le 12 avril 2021, ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme caractérisant une situation de danger grave et imminent pour le requérant susceptible de justifier, par son droit de retrait, son absence continue depuis cette date, et ce quand bien même son employeur n'aurait pas sanctionné son collègue de travail pour ses propos. Par suite, le caractère fautif des faits reprochés au salarié devant être retenu, c'est sans erreur d'appréciation que l'inspection du travail a estimé que ces absences injustifiées étaient d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision du 23 août 2021 par laquelle de l'inspecteur du travail des Bouches-du-Rhône a autorisé son licenciement pour motif disciplinaire serait entachée d'illégalité. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société anonyme Delvil.
Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2109004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026