mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2109211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CABINET ROSENFELD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 22 octobre 2021, 4 avril 2022, 29 juillet 2022, 23 novembre 2022 et 8 mars 2023, M. B A, représenté par Me Fiat, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Le Monêtier-les-Bains a délivré à la SCI le Whymper Lodge un permis de construire deux bâtiments de 18 logements sur un terrain situé route de Rochebrune ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel le maire de la commune de Le Monêtier-les-Bains délivré à la SCI le Whymper Lodge un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Le Monêtier-les-Bains et de la SCI le Whymper Lodge une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le permis de construire initial :
- sa requête est recevable ; en particulier, en sa qualité de voisin immédiat, il justifie d'un intérêt pour agir dès lors que la construction projetée va entraîner, sur sa propriété, une perte d'ensoleillement, de valeur vénale et porter atteinte à sa tranquillité ;
- le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire n'indique pas les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement ;
- il est illégal en raison de l'illégalité de la délibération du 14 février 2020 approuvant la révision du plan local d'urbanisme du Monêtier-les-Bains, qui est entachée d'un vice de procédure et d'un détournement de pouvoir, en tant que la modification de l'emplacement réservé se trouvant initialement sur le terrain a eu pour seul objet de permettre la réalisation du projet en litige et que le propriétaire du terrain, membre du conseil municipal, a participé au vote approuvant la délibération ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Uc 5 dès lors que l'orientation du volume principal n'est ni parallèle, ni perpendiculaire aux courbes de niveau et qu'il s'implante à moins de 3 mètres des limites séparatives et moins de 7 mètres l'alignement ;
- il méconnaît les dispositions de ce même article dès lors les formes et la taille des ouvertures en façade ne sont pas en harmonie avec les constructions avoisinantes ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Uc 6 dès lors que les façades présentent plus de trois type d'ouvertures différents, que des ouvertures correspondant à des baies d'éclairement sont plus larges que hautes ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Uc 8 dès lors que les espaces de manœuvre ne sont pas constitués de matériaux drainant limitant l'imperméabilité des sols ;
- il méconnaît les dispositions de l'article Uc 9 dès lors que le terrain n'est pas desservi par une voie dont les caractéristiques répondent à l'importance et la destination du projet ;
En ce qui concerne le permis de construire modificatif :
- il est illégal en raison de l'illégalité du permis de construire du 30 avril 2021 ;
- le dossier est incomplet pour ne pas comporter les plans de façade initialement autorisés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2021, 1er juillet 2022 et 13 décembre 2022, la SCI le Whymper Lodge, représentée par Me Lachaut-Dana, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir de M. A ;
- les moyens tirés de la méconnaissance de l'article Uc 5 du règlement du plan local d'urbanisme sont irrecevables, dès lors qu'ils ont été soulevés sommairement avant la cristallisation automatique prévue à l'article R. 611-7-2 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, la commune de Le Monêtier-les-Bains, représentée par Me de Belenet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 décembre 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cabal, rapporteur,
- les conclusions de M. Trébuchet rapporteur public,
- et les observations de Me Fiat, représentant M. A, de Me Locasto-Porte, représentant la commune de Le Monêtier-les-Bains et de Me Rosenfeld, représentant la SCI le Whymper Lodge.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 avril 2021, le maire de Le Monêtier-les-Bains a délivré à la SCI le Whymper Lodge un permis de construire deux bâtiments, comprenant 18 logements, sur un terrain situé route de Rochebrune. Par un courrier du 28 juin 2021, M. B A a sollicité le retrait de cet arrêté. En l'absence de réponse à cette demande, son recours gracieux a été tacitement rejeté. Par un arrêté du 1er juin 2022, le maire de la commune a délivré à la pétitionnaire un permis de construire modificatif. M. A demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la nature de la décision :
2. Il résulte des visas de l'arrêté en litige du 30 avril 2021 qu'il fait suite à une demande de la pétitionnaire " de retirer et remplacer " un premier permis de construire qui lui aurait été délivré le 13 avril 2021. Dans ces conditions, le permis du 30 avril 2021 doit être qualifié de permis de construire initial et non, comme le soutient la SCI le Whymper Lodge sans, au demeurant, produire aucune pièce à l'appui de ses allégations, comme un permis de construire modificatif.
En ce qui concerne l'application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme :
3. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ".
4. Doivent être regardés comme des moyens nouveaux, au sens et pour l'application des dispositions précitées, ceux qui n'ont été assortis des précisions permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé qu'après l'expiration du délai de deux mois prévu par ces dispositions. L'interprétation ainsi faite des dispositions de cet article n'a pas le caractère d'une règle nouvelle ni d'un revirement de jurisprudence et peut ainsi être mise en œuvre dans l'instance en cours, sans porter atteinte au droit au recours.
5. En premier lieu, il ressort des écritures que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 5 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce que les constructions projetées ne s'implanteraient pas soit parallèlement ou verticalement aux courbes de niveau, soit dans l'alignement de la direction principale d'une voie publique, d'un ruisseau ou des bâtiments les plus proches, a été soulevé de manière sommaire dans la requête. Le requérant n'a assorti ce moyen des précisions suffisantes pour en apprécier la portée et le bien-fondé que dans un mémoire enregistré le 4 avril 2022, soit postérieurement à l'expiration du délai de deux mois courant après la communication aux parties, le 26 novembre 2021, du premier mémoire en défense de la SCI le Whymper Lodge. Ce moyen, qui n'a été précisé qu'après le délai prévu par les dispositions de l'article R. 600-5, doit être regardé comme un moyen nouveau irrecevable car invoqué tardivement.
6. En second lieu, il ressort des écritures que si les moyens tirés de la méconnaissance de l'article Uc 5, en ce que les constructions en litige s'implanteraient à des distances inférieures à 3 mètres et 7 mètres, respectivement de la limite séparative et de l'alignement, ont été développés dans le mémoire du 4 avril 2022 précités, ils étaient, pour leur part, déjà assortis de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé dès la requête introductive d'instance. Par suite, contrairement à ce que fait valoir la pétitionnaire, ces moyens sont recevables.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 30 avril 2021 :
7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ".
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Il ressort des pièces du dossier que la notice contenue dans la demande de permis de construire procède à une description générale des paysages de la commune et renvoie au document d'insertion pour " visualiser les constructions à proximité ". Cette demande comportait également une modélisation du projet ainsi que deux vues de l'environnement proche et lointain respectivement en pièces " PC 7 " et " PC 8 ". Par ailleurs, il comprenait un document intitulé " volumétrie et implantation des constructions avoisinantes " comportant des photographies des bâtiments implantés à proximité dont l'emplacement a été précisé sur un plan cadastral. Par suite, la circonstance que la notice descriptive était insuffisante quant à sa description des abords du projet n'a pas été de nature à fausser, sur ce point, l'appréciation du service instructeur. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit dès lors être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause. / Les dispositions de l'alinéa précédent sont également applicables à l'acte prescrivant l'élaboration ou la révision d'un document d'urbanisme ou créant une zone d'aménagement concerté. / Les deux alinéas précédents ne sont pas applicables lorsque le vice de forme concerne : / -soit la méconnaissance substantielle ou la violation des règles de l'enquête publique sur les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme et les cartes communales ; /-soit l'absence du rapport de présentation ou des documents graphiques. ". Aux termes de l'article L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales : " Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires. ()".
11. M. A se prévaut, par voie d'exception, de l'illégalité de la délibération du 14 février 2020 ayant approuvé la révision du plan local d'urbanisme de Le Monêtier-les-Bains, affichée en mairie le même jour et reçue en préfecture le 21 février suivant.
12. Toutefois, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 600-1 précité, le requérant n'est pas recevable à soulever le vice de procédure tiré de ce que M. Boitte, conseiller municipal et propriétaire du terrain en litige, ait participé au vote de la délibération du 21 février 2021, dès lors que ce vice relève de la légalité externe.
13. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que cette délibération a été adoptée à l'unanimité des voix, de sorte que le vote de M. Boitte n'a pu en aucun cas être déterminant. En outre, il ressort de ces mêmes pièces qu'il avait sollicité son droit de délaissement sur le terrain en litige dès le 22 mars 2018, soit près de deux ans avant l'adoption de la révision du plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, alors que le requérant se borne à soutenir, sans apporter aucune précision, ni produire aucune pièce à l'appui de son allégation, qu'il existerait une collusion entre la commune et M. Boitte, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
14. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la délibération du 14 février 2020 doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article Uc 5 : " Implantations des constructions : / L'orientation du volume principal des constructions sera parallèle ou perpendiculaire aux courbes de niveau. Pour les terrains peu pentus ou horizontaux, le volume principal devra s'aligner avec la direction principale d'une voie publique, d'un ruisseau ou des bâtiments les plus proches. / En zone Uc : / Les constructions doivent être édifiées : / Pour les chemins ruraux carrossables, les voies privées ouvertes à la circulation, les voies communales et les routes départementales (hors RD 1091 en agglomération) à au moins 7.00 m de l'axe des voies et des emprises ouvertes à la circulation publique existantes ou à créer ; / Pour la route départementale 1091 en agglomération, à au moins 10.00 m de l'axe de la voie. / Les constructions doivent être édifiées à une distance minimum égale à H (hauteur de la construction) / 2 ) 3.00 m des limites séparatives. () Volume des constructions : / Les constructions doivent présenter des formes, des volumes, des proportions, des ouvertures et fermetures en harmonie avec les constructions avoisinantes ".
16. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan " façade est du bâtiment A ", coté et à l'échelle, que le mur de soutènement de la rampe permettant d'accéder aux espaces de stationnement souterrains ne dépasse pas significativement le niveau du sol naturel. En outre, contrairement à ce que soutient M. A, des jardinières posées sur ce mur de soutènement ne peuvent être regardées comme des constructions au sens de ces dispositions. Par suite, les dispositions de l'article Uc 5 relative à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, dont l'objet est lié à des préoccupations d'hygiène, d'urbanisme et de protection du voisinage, n'ont pas été méconnues.
17. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que par un document signé le 13 janvier 2021, soit antérieurement à l'arrêté attaqué, la SCI Le Whymper Lodge s'est engagée à " procéder à la rétrocession de la voirie en faveur de la commune " de Le Monêtier-les-Bains. En contrepartie, le maire de la commune a attesté qu'il " n'existe aucun projet communal d'ouverture à la circulation publique de la voirie dont la rétrocession est proposée, que la commune entend mettre à disposition des engins agricoles et des résidents du programme immobilier de la SCI le Whymper lodge ". Dans ces conditions, la création de cette voie privée de la commune, qui est suffisamment certaine tant dans sa consistance que dans son statut, ne peut être regardée comme ouverte à la circulation générale. Il suit de là qu'elle n'est pas au nombre des voies visées à l'article Uc 5 précité et que l'arrêté en litige ne méconnaît pas les dispositions relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique.
18. Enfin, il ressort des pièces du dossier que plusieurs constructions implantées au nord du projet, dont une située sur la parcelle mitoyenne, présentent des formes et volumes similaires aux constructions autorisées. Par suite, alors qu'il n'existe aucune cohérence d'ensemble en matière d'ouvertures et fermetures, M. A n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article Uc 5 relatives au volume des constructions.
19. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 5, en ses différentes branches, doit être écarté.
20. En quatrième lieu, aux termes de l'article Uc 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Caractéristiques des ouvertures : () / Caractéristiques des ouvertures : () / au maximum 3 types différents d'ouverture sur une même façade. () ".
21. Il ne ressort pas du règlement du plan local d'urbanisme, ni du rapport de présentation de ce plan, que la notion de " type d'ouverture " ait été définie. Dans ces conditions, faute de précision, le maire, et par suite le juge, n'ont pas été mis à même d'apprécier la portée de cette règle, qui est inapplicable en l'état. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 6 doit être écarté.
22. En cinquième lieu, aux termes de l'article Uc 9 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés. Leurs caractéristiques doivent notamment répondre autant que possible aux besoins de la circulation, de l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie et, plus largement, du déneigement, de la protection civile et de la gestion communale. () ".
23. Il ressort des pièces du dossier que le projet est desservi par le chemin de Rochebrune, route rectiligne à double sens de circulation d'une largeur minimale de 4 mètres ne présentant pas de problématiques de visibilité, et, comme il l'a été dit, par une voie devant être rétrocédée à la commune à l'issue des travaux d'une largeur minimale de 5 mètres qui ne présente pas davantage de difficultés de visibilité. Si M. A soutient que cette dernière voie, qui ne dessert que six places de stationnement, entrainerait des " conflits d'usage " dès lors qu'elle doit également être utilisée par des engins agricoles, il ne l'établit pas par ses seules allégations. Dans ces conditions, la desserte du projet ne peut être regardée comme inadaptée à l'importance du projet et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Uc 9 ne saurait être accueilli.
En ce qui concerne l'arrêté du 1er juin 2022 :
24. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le permis de construire du 30 avril 2021 n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cet arrêté à l'encontre du permis de construire modificatif ne peut être qu'écarté.
25. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
26. Dès lors que le service instructeur disposait des plans de façade joints à la demande de permis initial, et que les plans joints à la demande de permis modificatif indiquaient explicitement quelles étaient les modifications apportées, la circonstance que le dossier joint à cette dernière demande ne comportait pas de plan des façades initialement autorisées n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur sur le projet.
En ce qui concerne les éléments du projet modifiés par le permis modificatif :
27. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
28. En premier lieu, aux termes de l'article Uc 6 du règlement du plan local d'urbanisme : " / Les ouvertures correspondant aux baies d'éclairement sont plus hautes que larges. () ".
29. Il ressort des pièces du dossier que si le permis de construire initial autorisait la création de baies d'éclairement plus hautes que larges, le permis de construire modificatif prévoit de séparer ces baies en deux par l'ajout d'un poteau central, de sorte qu'elles sont plus larges que hautes. Par suite, la méconnaissance de l'article Uc 6 a été régularisée et le moyen doit être écarté comme inopérant.
30. En deuxième lieu, aux termes de l'article Uc 8 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les espaces de manœuvre et parkings extérieurs, lorsqu'ils ne sont pas aménagés sur des sous-sols, seront constitués de matériaux drainants limitant l'imperméabilité des sols "
31. Il ressort des pièces du dossier joint à la demande de permis de construire modificatif, et notamment du plan de masse, que les espaces de manœuvre et parkings extérieurs sont constitués de matériaux drainants. Par suite, la méconnaissance de l'article Uc 8 a été régularisée et le moyen est inopérant.
32. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
33. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI le Whymper Lodge et de la commune de Le Monêtier-les-Bains, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de Le Monêtier-les-Bains au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Le Monêtier-les-Bains tendant au versement d'une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. B A, à la commune de Le Monêtier-les-Bains et à la SCI le Whymper Lodge.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
M. Cabal, premier conseiller,
M. Guionnet Ruault, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
Le rapporteur,
signé
P.Y. CABAL
Le président,
signé
F. SALVAGE
La greffière,
signé
F. FOURRIER
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026