LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2109373

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2109373

mercredi 7 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2109373
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 octobre 2021 et 30 septembre 2022, Mme A Biondi, représentée par Me Pontier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel la maire de la commune de Cassis lui a infligé un blâme, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux du 12 juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Cassis une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le courrier dénonçant les faits qui lui sont reprochés, inspiré par un motif de vengeance, est insuffisamment motivé et ne peut légalement fonder la sanction en litige ;

- les témoignages ne sont pas probants dès lors qu'ils ne précisent pas les propos tenus et qu'ils ont été produits de manière intéressée ;

- l'enquête administrative n'a pas été diligentée avec loyauté et impartialité ;

- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle n'a pas manqué à son devoir de réserve dès lors qu'elle n'avait aucune intention de dénigrer la maire et l'élu, que les propos tenus ne sont pas outranciers et qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune publicité alors que tout fonctionnaire bénéficie par ailleurs de la liberté d'expression ;

- elle n'avait aucune obligation, en sa qualité de fonctionnaire, d'obéir à une décision illégale ;

- la sanction en litige est entachée d'un détournement de pouvoir dès lors que la commune a elle-même sollicité les témoignages relatant les propos dénigrants qu'elle aurait tenus ;

- la sanction de blâme s'inscrit dans un contexte de harcèlement moral.

Par des mémoires en défense enregistrés les 27 juin et 10 novembre 2022, la commune de Cassis, représentée par la SCP Bérenger Blanc Burtez-Doucède, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme Biondi en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme Biondi ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision de renvoi en formation collégiale.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gaspard-Truc,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de Me Durand, représentant Mme Biondi et de Me Reboul, représentant la commune de Cassis.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Biondi, conseillère territoriale des activités physiques et sportives principale, exerçait les fonctions de directrice des sports et loisirs au sein de la commune de Cassis depuis 2012. Par un arrêté du 18 juin 2021, la maire de la commune de Cassis lui a infligé un blâme. Son recours gracieux du 12 juillet 2021 à l'encontre de cet arrêté ayant implicitement été rejeté, Mme Biondi demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement ; / le blâme ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; / Deuxième groupe : / l'abaissement d'échelon ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; / Troisième groupe : / la rétrogradation ; / l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans () ". D'autre part, aux termes de l'article 25 de cette même loi dans sa rédaction alors applicable : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. / Dans l'exercice de ses fonctions, il est tenu à l'obligation de neutralité. () ". Ces obligations n'étant pas exhaustives, les fonctionnaires sont également soumis au devoir de réserve, qui pèse sur l'attitude et la liberté d'expression de l'agent vis-à-vis du service ou des supérieurs hiérarchiques.

3. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

4. Pour édicter la sanction de blâme en litige, la maire de Cassis s'est fondée sur ce que Mme Biondi a tenu le 17 mai 2021 des propos dénigrants à son encontre et à celle de son adjoint délégué aux sports devant une quinzaine de membres du bureau de club de rugby de Cassis et a ainsi porté atteinte à l'image de la commune et manqué à son devoir de réserve.

5. Si Mme Biondi soutient que l'autorité territoriale a méconnu les principes de loyauté dans l'administration de la preuve et d'impartialité lors de l'enquête administrative ayant précédé les poursuites disciplinaires, il ne ressort pas des pièces du dossier que le recueil par l'administration de témoignages spontanés des dirigeants du club de rugby présents lors des faits méconnait le principe de loyauté de la preuve, dès lors notamment que ces témoignages n'ont, en l'espèce, pas été obtenus par des procédés illicites ou déloyaux.

6. Si la requérante se plaint de ce que l'autorité disciplinaire se serait fondée seulement sur des éléments à charge et peu circonstanciés, cette circonstance, au demeurant non établie par les pièces du dossier, est en tout état de cause sans incidence sur le respect des droits de la défense dans la mesure où l'intéressée a pu, au cours de la procédure disciplinaire, faire valoir les éléments de nature à exclure ou atténuer les fautes susceptibles de lui être reprochées.

7. En tout état de cause, l'établissement d'un rapport établi par la directrice des ressources humaines le 25 mai 2021, antérieurement au déclenchement des poursuites disciplinaires initiées par courrier de la maire du 27 mai 2021 portant convocation à un entretien préalable, n'est pas, en lui-même, de nature à établir que l'enquête administrative aurait été diligentée en méconnaissance du principe d'impartialité.

8. Pour établir la matérialité des faits reprochés à Mme Biondi ayant conduit au prononcé de la sanction litigieuse, la commune de Cassis produit un courrier du 21 mai 2021 signé par le vice-président, le directeur et l'éducateur technique de l'association " Rugby Cassis " faisant état de ce que l'intéressée, lors d'une réunion du 17 mai 2021 en vue de l'organisation de deux évènements les 29 et 30 mai suivants, a tenu " des propos peu flatteurs à l'encontre de Madame la maire et de son adjoint aux sports ". Le rapport de la directrice des ressources humaines du 25 mai 2021 atteste par ailleurs que dès le lendemain de la réunion du club de rugby, ses dirigeants ont contacté la maire et son adjoint délégué aux sports pour rapporter les propos dénigrants de Mme Biondi à leur encontre, cette dernière ayant notamment soutenu qu'elle n'avait pas d'ordre à recevoir d'un élu aux sports " qui ne connait rien aux lois " et que Madame la maire " n'est qu'une institutrice qui n'y connait rien ". L'administration produit également plusieurs témoignages de membres du club présents à la réunion, recueillis à la suite d'une enquête administrative, confirmant la nature des propos tenus. Contrairement à ce que soutient Mme Biondi, ces pièces, qui comportent l'énoncé de faits circonstanciés et concordants, non sérieusement remis en cause par ses seules dénégations, sont suffisants pour établir le caractère inapproprié et irrespectueux des propos qui lui sont reprochés. Le témoignage complémentaire du président du club de rugby, attestant de ce que Mme Biondi n'aurait tenu aucun propos dénigrant à l'encontre de la maire et de l'élu aux sports, n'est pas à lui seul de nature à remettre en cause la réalité des faits relatés dans ces rapports précis et concordants. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la sanction reposerait sur des faits dont l'exactitude matérielle ne serait pas démontrée doit être écarté.

9. Les propos rappelés ci-dessus présentaient, contrairement à ce que Mme Biondi soutient, un caractère outrancier et irrespectueux à l'égard de sa hiérarchie. Eu égard tant à l'ancienneté de service et à la qualité de directrice de l'intéressée qu'à la tenue de ces propos en dehors de la sphère privée et devant une quinzaine d'administrés de la commune, ces propos constituent un manquement de Mme Biondi à l'obligation de réserve ainsi qu'à son obligation de respect envers sa hiérarchie, et sont de nature à avoir porté atteinte à l'image de la commune. La circonstance que les faits reprochés sont dépourvus d'intentionnalité est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, au vu de la gravité des propos tenus par Mme Biondi vis-à-vis de sa hiérarchie, la sanction de blâme, première sanction du premier groupe, qui lui a été infligée n'est ni infondée, ni disproportionnée.

10. Enfin, si Mme Biondi soutient encore qu'elle ne pouvait laisser les dirigeants du club de rugby organiser un vin d'honneur compte tenu des restrictions sanitaires dues à l'épidémie de Covid 19, cette circonstance est sans incidence dès lors que le blâme en litige ne lui a pas été infligé pour un refus d'obéissance mais pour un manquement au devoir de réserve.

11. Ainsi, les faits à l'origine de la sanction de blâme sont établis et de nature à justifier la sanction en litige. Par suite, Mme Biondi ne saurait utilement soutenir pour contester la légalité de la décision attaquée que cette dernière serait constitutive d'un détournement de pouvoir et révèlerait une situation de harcèlement moral à son égard.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme Biondi soit mise à la charge de la commune de Cassis, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme Biondi la somme que réclame la commune sur ce même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme Biondi est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Cassis présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Biondi et à la commune de Cassis.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Jorda-Lecroq, présidente de chambre,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Balussou, première conseillère,

Assistées de Mme Boyé, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2024.

La rapporteure,

Signé

F. Gaspard-Truc

La présidente,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La greffière,

Signé

F.-L. Boyé

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions