jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2109402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RIGAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n° 441231 du 28 octobre 2021, le Conseil d'Etat statuant au contentieux, saisi d'un pourvoi présenté par la société civile de construction vente (SCCV) La Ciotat Byzalion, a annulé le jugement n° 1902900-1905446 du 6 mars 2020 en tant que, par ce jugement, le tribunal administratif de Marseille avait annulé, à la demande des consorts C, l'arrêté du 26 septembre 2018 par lequel le maire de La Ciotat a délivré à ladite société un permis de construire pour la réalisation de deux bâtiments d'habitation de quarante-neuf logements. Le Conseil d'Etat a renvoyé l'affaire devant le même tribunal, qui l'a enregistrée le 28 octobre 2021 sous le n° 2109402.
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2019, puis un mémoire complémentaire enregistré le 17 février 2022, Mme B C et M. et Mme A C, représentés par Me Rigaud, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2018 par lequel le maire de La Ciotat a délivré à la SCCV La Ciotat Byzalion un permis de construire pour la réalisation de deux bâtiments d'habitation de quarante-neuf logements ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat et de la SCCV La Ciotat Byzalion la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- à la suite du renvoi de l'affaire devant le tribunal après cassation du jugement n°1902900, le tribunal administratif de Marseille est à nouveau saisi de l'ensemble des moyens présentés à l'appui de la requête initiale, nonobstant l'application, par les premiers juges, de l'article L.600-4-1 du code de justice administrative ;
- l'arrêté a été signé par un délégataire incompétent ;
- le dossier de permis de construire comporte des imprécisions et des incohérences ;
- le permis méconnaît l'article 7 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme ;
- le système d'évacuation des eaux pluviales repose sur des calculs erronés alors que le terrain est soumis à un risque inondation.
Par un mémoire enregistré le 2 juillet 2019, un mémoire complémentaire enregistré le 31 janvier 2020, non communiqué dans l'instance initiale n°1902900 mais communiqué aux parties dans le cadre de l'instance n°2109402, un dernier mémoire enregistré le 31 mars 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de La Ciotat, représentée par Me Lopasso, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté attaqué du 26 septembre 2018 et de rejeter les conclusions présentées par les consorts C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'illégalités ayant conduit le maire à prononcer son retrait, par l'arrêté du 24 décembre 2018 annulé par le tribunal administratif de Marseille ;
- il méconnaît l'article 8 des dispositions particulières du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation du risque d'inondation en application de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2019, puis un mémoire complémentaire enregistré le 31 janvier 2020, non communiqué dans l'instance initiale n°1902900 mais communiqué aux parties dans le cadre de l'instance n°2109402, puis deux nouveaux mémoires enregistrés les 7 janvier 2022 et 11 mars 2022, la SCCV La Ciotat Byzalion, représentée par Me Boulan, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge solidaire des consorts C et de la commune de La Ciotat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal, que la requête est irrecevable faute pour les requérants d'avoir satisfait aux formalités prescrites à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, que la requête a perdu son objet dès lors que le permis de construire contesté a été retiré par un arrêté du 24 décembre 2018 ;
- à la suite du renvoi de l'affaire devant le tribunal administratif de Marseille, l'office du juge est dorénavant circonscrit au seul moyen ayant fait l'objet d'une cassation, l'ensemble des autres moyens ayant été écartés par les premiers juges en application de l'article L.600-4-1 du code de justice administrative ;
- à titre infiniment subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mars 2022.
Les parties ont été informées le 15 juin 2022, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité, en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, des moyens nouveaux soulevés par la commune dans le cadre de son mémoire enregistré le 31 janvier 2020 et communiqué dans l'instance n°2109402, tirés de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article 8 du règlement de la zone UA du plan local d'urbanisme de la commune de La Ciotat.
La commune de La Ciotat et la SCCV La Ciotat Byzalion ont présenté le 20 juin 2022 des observations en réponse à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Peyrot, premier conseiller,
- les conclusions de M. Jorda, rapporteur public,
- et les observations de Me Stéphan pour la commune de La Ciotat et de Me Chamoux pour la SCCV La Ciotat Byzaluion.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV La Ciotat Byzalion a déposé le 25 mai 2018 une demande de permis de construire pour l'édification d'un ensemble immobilier de deux bâtiments de 49 logements sur un terrain cadastré AS 59, 60, 271, 450, 451, 452, et 62 situé traverse Bizalion à La Ciotat. Le maire de La Ciotat a délivré ce permis par un arrêté du 26 septembre 2018, rectifié par un arrêté du 16 novembre 2018. Les consorts C demandent l'annulation l'arrêté du 26 septembre 2018 ainsi que de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur l'exception de non-lieu :
2. L'arrêté de retrait du 24 décembre 2018 a été annulé par le jugement n° 1902900-1905446 du 6 mars 2020. Cette annulation ayant acquis un caractère définitif, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté de permis de construire du 26 septembre 2018 conservent leur objet. Il y a donc lieu d'y statuer.
Sur l'office du juge après renvoi de l'affaire par le Conseil d'Etat :
3. Aux termes de l'article L.821-2 du code de justice administrative : " S'il prononce l'annulation d'une décision d'une juridiction administrative statuant en dernier ressort, le Conseil d'Etat peut soit renvoyer l'affaire devant la même juridiction statuant, sauf impossibilité tenant à la nature de la juridiction, dans une autre formation, soit renvoyer l'affaire devant une autre juridiction de même nature, soit régler l'affaire au fond si l'intérêt d'une bonne administration de la justice le justifie () ". Aux termes de l'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier. ".
4. Par décision n°441231 du 28 octobre 2021, le Conseil d'Etat a annulé comme entaché d'une erreur de droit le jugement n°1902900-1905446 du 6 mars 2020 en ce que, par ce jugement, le tribunal administratif de Marseille avait annulé l'arrêté du 26 septembre 2018 par lequel le maire de La Ciotat a délivré à la SCCV La Ciotat Byzalion un permis de construire, au motif tiré de l'incompétence de son signataire. En application de l'article L.821-2 du code de justice administrative, il a renvoyé l'affaire au tribunal afin qu'il y soit de nouveau statué. Si le tribunal, dans son jugement du 6 mars 2020, a fait application de l'article L.600-4-1 du code de l'urbanisme, une telle circonstance est sans incidence sur l'office du juge, de nouveau saisi, suite au renvoi de l'affaire, de l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre du permis et des fins de non-recevoir opposées en défense. Par suite, la SCCV La Ciotat Byzalion n'est pas fondée à se prévaloir du rejet des moyens par le tribunal administratif, dans son jugement depuis lors annulé, pour considérer que le jugement de l'affaire serait circonscrit au moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte.
Sur la recevabilité des moyens de la commune de La Ciotat :
5. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. ".
6. La commune de La Ciotat a, par un mémoire enregistré le 31 janvier 2020, soit deux mois après la communication, le 23 septembre 2019, du mémoire en défense de la SCCV La Ciotat Byzalion enregistré le 29 août 2019, présenté deux nouveaux moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 du règlement du plan local d'urbanisme et R.111-2 du code de l'urbanisme. Ces deux moyens, communiqués aux parties dans le cadre de l'instance n°2109402, sont donc irrecevables en application de l'article R.600-5 du code de l'urbanisme. Par suite et en tout état de cause, les conclusions de la commune, par lesquelles elle demande au tribunal de procéder au retrait du permis en litige, au soutien desquelles étaient soulevés ces deux moyens, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. D E qui, en vertu d'un arrêté n° ADG/AML/JB/2017/N°125 du 9 mars 2017, transmis le même jour en préfecture, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la commune du 1er trimestre 2017, et affiché en mairie du 9 mars 2017 au 9 mai 2017, disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de La Ciotat en ce qui concerne, notamment, les décisions relatives aux permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
8. En deuxième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Il ressort des pièces des dossiers que les éléments joints à la demande de permis de construire de la SCCV La Ciotat Byzalion, notamment les différents plans de masse et de coupe permettent d'apprécier sans ambiguïté l'implantation et la configuration des bâtiments projetés. Les éventuelles incohérences mentionnées par les requérants, tenant au nombre de bâtiments, ou encore à la surface exacte de plancher, n'ont pas été de nature à fausser l'appréciation du maire sur la conformité du projet à la réglementation applicable, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire, au demeurant non motivé en droit, ne saurait être accueilli.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 7 de la zone UA du règlement du plan local d'urbanisme de La Ciotat : " Dans les conditions définies à l'article 7 du titre 1 de la deuxième partie, les constructions doivent être édifiées en ordre continu à tous les niveaux, sur les limites séparatives aboutissant aux voies : () Dans le secteur UA2 : sur une profondeur maximale de 20 mètres mesuré parallèlement à la limite du terrain avec la voie ou l'emprise publique, telle que définie à l'article 6 du titre 1 de la deuxième partie. / Au-delà de la profondeur de 20 mètres ci-dessus définie, la distance comptée horizontalement de tous points d'un bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus proche doit être au moins égal à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans être inférieur à 3,5 mètres. ". Aux termes de l'article 7 du titre 1 de la deuxième partie du document d'urbanisme précité : " a) les articles 7 des différentes zones s'appliquent aux limites du terrain qui ne jouxtent pas une voie publique ou privée ou une emprise publique qui a pour fonction de permettre la circulation générale. Ils s'appliquent également pour les limites qui séparent un terrain d'un emplacement réservé pour chemin piéton. () d) des règles différentes peuvent être édictées selon qu'il s'agisse de limites aboutissant aux voies ou pas () ". Enfin, le lexique du plan local d'urbanisme de La Ciotat définit les limites séparatives aboutissant aux voies comme " les segments qui constituent les limites du terrain et qui coupent une voie. ".
11. Il résulte des dispositions précitées du plan local d'urbanisme de La Ciotat que ses auteurs ont entendu fixer, au-delà d'une profondeur de vingt mètres calculée de la limite séparative jouxtant une voie ou emprise publique, une règle de distanciation spécifique applicable aux seules limites séparatives aboutissant aux voies. Il est constant que la façade nord-est du bâtiment ouest, dite façade B, ne donne pas sur une limite séparative aboutissant à une voie ou une emprise publique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 de la zone UA doit être écarté comme inopérant.
12. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que le " dossier comporte des erreurs de calcul et de configuration qui conduisent à un risque d'inondation certain ". Ils soulignent plusieurs manquements de la notice hydraulique jointe au dossier à des normes techniques relatives au traitement des eaux pluviales. Toutefois, s'agissant tant du calcul du débit de fuite de 20 litres par seconde, que celui du coefficient d'imperméabilisation par les espaces verts qui aurait dû être de 0,3 au lieu de 0,2 ainsi que le calcul de la surface du projet qui serait de 2 299 m² au lieu des 2 229 m² retenus, de tels arguments ne sont pas de nature à emporter une erreur manifeste d'appréciation dans le traitement, par le projet, de l'évacuation des eaux pluviales. Il ressort de la notice explicative du projet que celui-ci prévoit la rétention des eaux pluviales par un ouvrage de 41 m3 avec un débit de fuite maximal de 20 litres par seconde dans le réseau pluvial existant. Au demeurant, le pôle eau et assainissement de la métropole Aix-Marseille-Provence a, dans son avis favorable avec réserve, fixé comme prescriptions, notamment, la mise en place d'un traitement qualitatif des eaux pluviales avant rejet dans le réseau, le plan d'exécution des ouvrages pluviaux devant être validé par le service avant le commencement des travaux. Il est en outre constant que le terrain d'assiette du projet se situe en zone inondable à risque modéré répertoriée sur les planches graphiques du plan local d'urbanisme de La Ciotat, correspondant à une hauteur d'eau inférieure à 1 mètre et une vitesse d'écoulement inférieure à 0,50 mètre par seconde. Afin d'assurer la transparence des bâtiments dans l'écoulement des eaux pluviales, le projet utilise la déclivité du terrain, de 1,62 % entre la limite ouest et la limite est, en réalisant l'entrée des eaux pluviales par son niveau supérieur et une sortie par le niveau inférieur côté avenue Wilson. La notice précise que " l'eau circulera sans obstacle jusqu'à la sortie du parking au point le plus bas du terrain naturel ". Ainsi, conformément aux avis du pôle eau et assainissement de la métropole Aix-Marseille-Provence et du pôle risque inondation de la direction départementale des territoires et de la mer des Bouches-du-Rhône, le projet assure la transparence hydraulique des eaux pluviales.
13. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 214-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions des articles L. 214-2 à L. 214-6 les installations, les ouvrages, travaux () réalisés à des fins non domestiques par toute personne physique ou morale, publique ou privée, et entraînant des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines, restitués ou non, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants. ". L'article L. 214-2 du même code dispose : " Les installations, ouvrages, travaux () visés à l'article L. 214-1 sont () soumis à autorisation ou à déclaration suivant les dangers qu'ils présentent et la gravité de leurs effets sur la ressource en eau et les écosystèmes aquatiques compte tenu notamment de l'existence des zones et périmètres institués pour la protection de l'eau et des milieux aquatiques. Ce décret définit en outre les critères de l'usage domestique, et notamment le volume d'eau en deçà duquel le prélèvement est assimilé à un tel usage, ainsi que les autres formes d'usage dont l'impact sur le milieu aquatique est trop faible pour justifier qu'elles soient soumises à autorisation ou à déclaration. ". Aux termes de l'article R. 214-1 dudit code : " 2.1.5.0. Rejet d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, étant : 1° Supérieure ou égale à 20 ha (A) ; 2° Supérieure à 1 ha mais inférieure à 20 ha (D). ".
14. Le permis de construire en litige, qui a pour objet d'autoriser la construction d'un immeuble collectif à usage d'habitation, ne constitue pas une installation, un ouvrage ou des travaux réalisés à des fins non domestiques et entraînant des prélèvements sur les eaux, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zone de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements ou dépôts. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement soutenir que ce permis nécessitait une déclaration en application de l'article R. 214-1 du code de l'environnement.
15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la SCCV La Ciotat Byzalion, que les consorts C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 26 septembre 2018 en litige.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société pétitionnaire, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par les requérants sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, et sur le fondement des mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge des consorts C une somme de 1 500 euros à verser à la SCCV La Ciotat Byzalion.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par les consorts C est rejetée.
Article 2 : Les consorts C verseront à la SCCV La Ciotat Byzalion une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la SCCV La Ciotat Byzalion est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à M. et Mme A C, à la société La Ciotat Byzalion et à la commune de La Ciotat.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- M. Terras, premier conseiller,
- M. Peyrot, premier conseiller,
assistés de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
P. PeyrotLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026