mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2109581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 octobre 2021 et 29 janvier 2024, Mme E C, M. B F, agissant en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fils A, représentés par Me Portehault, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner une nouvelle expertise contradictoire notamment à l'effet de fixer la date de consolidation de l'état de santé de leur fils A et de déterminer l'étendue de ses préjudices permanents ;
2°) de condamner l'assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à leur verser une somme globale à parfaire de 2 286 449 euros en réparation des préjudices subis par leur fils A F dans le cadre de sa prise en charge à partir du 1er février 2008 ;
3°) de condamner l'AP-HM à leur verser une somme globale à parfaire de 770 511,09 euros en réparation de leurs préjudices propres suite à la prise en charge de leur fils ;
4°) à titre subsidiaire, de condamner l'office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme globale à parfaire de 3 056 960,09 euros en réparation d'une part des préjudices subis par leur fils A et d'autre part en réparation de leurs préjudices propres ;
5°) de condamner tout succombant à la prise en charge des dépens
6°) de mettre à la charge de la partie perdante une somme de 3 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- contrairement à ce que retiennent le rapport d'expertise et la Commission de Conciliation et d'Indemnisation Provence-Alpes-Côtes d'Azur (CCI PACA) dans sa décision du 31 août 2021, les dommages subis par leur fils A résultent de manquements fautifs imputables à l'AP-HM, notamment durant les interventions des 1er février, 11 mars et 19 mai 2008 ;
- le rapport d'expertise diligenté par la CCI PACA ne tient pas compte des conséquences dommageables résultant à la fois des multiples infections nosocomiales que leur fils a contractées et des manquements fautifs dans la réalisation des actes de soins et de diagnostics ayant favorisé l'accident vasculaire cérébral dont leur fils a été victime durant l'intervention du 19 mai 2008 ;
- à titre subsidiaire, compte-tenu de la gravité et de l'anormalité des dommages causés, les préjudices A et leurs préjudices propres devront être indemnisés au titre de la solidarité nationale par l'ONIAM ;
- toutefois, en l'absence de date de consolidation et de détermination de l'étendue des préjudices permanents de leur fils, une expertise avant-dire droit s'impose ;
- leur fils encore mineur est en droit d'obtenir la réparation de ses préjudices temporaires, à savoir des dépenses de santé actuelles à hauteur de 6 849 euros, un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 8 000 euros, des souffrances endurées à hauteur de 60 000 euros, un préjudice esthétique temporaire à hauteur de 35 000 euros, un besoin temporaire en assistance par une tierce personne à hauteur de 1 800 000 euros ;
- notamment en l'absence de date de consolidation, l'évaluation des préjudices permanents de leur fils est à parfaire, à savoir un déficit fonctionnel permanent estimé à 100 000 euros, une incidence professionnelle estimée à 100 000 euros également, un préjudice d'agrément à hauteur de 60 000 euros, un préjudice scolaire à hauteur de 36 000 euros, un préjudice d'établissement à hauteur de 80 000 euros et des frais divers correspondants aux frais d'assistance à expertise à hauteur de 600 euros ;
- ils se réservent le chiffrage des postes de préjudice relatifs au besoin en assistance par une tierce personne à titre viager, au préjudice sexuel et aux pertes de gains professionnels futurs ;
- s'agissant de leurs préjudices propres en tant que victimes indirectes, ils sont en droit d'obtenir la réparation de leur préjudice d'accompagnement à hauteur de 40 000 euros chacun, des troubles dans leurs conditions d'existence à hauteur de 30 000 euros chacun, de leurs pertes de gains professionnels actuels à hauteur de 603 000 euros pour Mme C et de 18 128 euros pour M. F et de leurs frais de transport à hauteur de 9 383,09 euros ;
- ils se réservent également le chiffrage à venir des pertes de gains professionnels futurs de Mme C.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, l'ONIAM, représenté par la SELARL de la Grange et Fitoussi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il ne s'oppose pas à la réalisation d'une expertise complémentaire avant-dire droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, l'AP-HM, représentée par la SELARL Carlini et associés, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- l'enfant A F a été victime d'un aléa thérapeutique et aucun manquement fautif ne peut être reproché à l'établissement ;
- il ressort de la décision de la CCI PACA que, compte-tenu de la gravité et de l'anormalité des dommages subis, les requérants ont droit à une indemnisation au titre de la solidarité nationale ;
- la réalisation d'une expertise complémentaire avant-dire droit apparait inutile et ne serait fondée en l'espèce que sur le mécontentement des requérants.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Var qui n'a pas produit de mémoire.
L'ONIAM a produit un mémoire le 16 février 2024, qui n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 1er février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 février suivant en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
L'AP-HM a produit un mémoire le 23 février 2024, après la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud, magistrate rapporteure,
- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,
- les observations de Me Portehault pour les consorts G et celles de Me Baverel pour l'AP-HM.
Considérant ce qui suit :
1. A F est né le 21 décembre 2007 au Centre hospitalier de La Ciotat. Son état à la naissance a justifié un transfert en SAMU à l'hôpital de la Conception, relevant de l'AP-HM, où il a été admis en service de néonatologie pour détresse respiratoire, l'échographie réalisée sur place ayant montré un retour veineux pulmonaire total infra-diaphragmatique qui conduit à un transfert au centre hospitalier de La Timone, relevant également de l'AP-HM, où il a été intubé et ventilé puis admis, le 22 décembre 2007, au bloc opératoire pour une intervention. Cette intervention a consisté à une correction complète du retour veineux pulmonaire anormal avec anastomose du drainage veineux pulmonaire. Si l'évolution de son état de santé a été ensuite favorable lui permettant de regagner son domicile, une nouvelle échographie réalisée le 31 janvier 2008 montrant la présence d'un obstacle sur le retour veineux pulmonaire, une nouvelle intervention a été réalisée le 1er février 2008 de libération de la veine pulmonaire inférieure gauche prise dans une fibrose cicatricielle et réparation de l'oreillette droite et du septum inter-atriale. A a été transféré en service réanimation du 2 au 7 février 2008, l'évolution de son état ayant été favorable, permettant une extubation. Il a été alors transféré en service de chirurgie cardio-vasculaire où a été réalisée une radiographie mettant toutefois en évidence un épanchement pleural. A a été de nouveau admis au service de chirurgie-cardiovasculaire le 28 février 2008 en raison de difficultés alimentaires et de vomissements. Si l'échographie abdominale réalisée est apparue comme normale, une dégradation respiratoire a été constatée le 9 mars 2008 et une radiographie du thorax a montré une surcharge vasculaire importante. Une nouvelle intervention en urgence a été décidée le 11 mars 2008 consistant en une résection endocardique et une désobstruction de la veine pulmonaire gauche. L'enfant a séjourné ensuite en réanimation du 11 au 17 mars 2008 avant d'être transféré au service de chirurgie cardio-thoracique où il a séjourné jusqu'au 26 mars 2008. Cette période de convalescence a été marquée par la survenue d'une infection à Staphylococcus aureus qui sera toutefois traitée et guérie. Le 19 mai 2008, A a bénéficié d'une nouvelle intervention consistant en la pose d'un stent dans la veine supérieure gauche en raison d'une foramen ovale perméable bidirectionnelle. Il est retourné en service cardiologie à compter du 20 mai 2008, cette nouvelle hospitalisation faisant suite à un nouvel épisode de détresse respiratoire survenu dans la nuit du 20 au 21 mai, A étant victime le lendemain de plusieurs crises de convulsions. Un scanner a mis en évidence un AVC ischémique sylvien supérieur gauche rattaché à une embolie des artères cérébrales. A compter du 28 mai 2008, A a été transféré en service de cardio-pédiatrie où une nouvelle dégradation respiratoire a été observée le 16 juin 2008, justifiant son transfert en service de réanimation jusqu'au 16 octobre, date à laquelle il est retourné en service de cardio-pédiatrie. Le 5 septembre, une trachéotomie et une deuxième plicature diaphragmatique ont été effectuées. Le 16 octobre, le jeune A a été transféré en service de cardio-pédiatrie. Le 19 novembre 2008, il a quitté l'établissement avec une sonde alimentaire et un soutien ventilatoire par respirateur. Dans les suites, l'enfant a de nouveau été hospitalisé en réanimation, à plusieurs reprises, pour détresse respiratoire. En outre, une reprise a été effectuée le 14 juillet 2010, pour fissuration du Broviac. Une nouvelle plicature diaphragmatique droite a également été réalisée le 1er mars 2011. Actuellement, le jeune A souffre de troubles du langage, d'apprentissage et de comportement. Il présente également des difficultés de la concentration et nécessite de disposer d'une recharge en oxygène. Il est assisté d'une AVS à l'école et régulièrement suivi par un ergothérapeute.
Sur la responsabilité :
2. D'une part, aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative :
" La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ".
4. Il résulte de l'instruction, qu'une expertise médicale a été diligentée par la CCI PACA qui a conclu d'une part à l'absence de manquements imputables à l'AP-HM, dont la prise en charge s'est réalisée dans les règles de l'art, et d'autre part, à l'existence d'un accident médical non fautif grave et anormal consistant en la survenue d'un accident vasculaire cérébral (AVC), complication connue du cathétérisme cardiaque dont le risque reste rare situé entre 0,2 et 1,5% des cas et à l'origine des préjudices subis par l'enfant. Il résulte également de l'instruction que le rapport d'expertise et l'avis de la CCI PACA rendu à sa suite le 31 aout 2021 renvoient à une date ultérieure, et aux 16 ans révolus de l'enfant au plus tôt, la fixation de la date de consolidation de son état de santé et la détermination de l'étendue de ses préjudices permanents. Dans ces conditions, en présence d'un rapport d'expertise qui ne fixe ni date de consolidation ni déficit fonctionnel permanent, et compte-tenu des éléments médicaux produits par les requérants de nature à s'interroger de manière sérieuse sur l'existence d'un accident médical non fautif, le tribunal n'est pas en mesure de déterminer avec certitude l'absence de faute de l'AP-HM s'agissant des conséquences dommageables subies par l'enfant A F et ses parents, suite à sa prise en charge au sein de cet établissement à partir du 1er février 2008 ni la possibilité pour les requérants de voir leurs préjudices indemnisés au titre de la solidarité nationale. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale confiée à un spécialiste en chirurgie vasculaire sur ces points et de réserver, jusqu'en fin d'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête des consorts G, procédé à une expertise médicale confiée à un collège d'experts en présence des parties à l'instance.
Article 2 : Ce collège sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Ce collège, qui devra être composé d'un médecin spécialiste en chirurgie vasculaire et d'un médecin spécialiste en chirurgie cardiaque pédiatrique, aura notamment pour mission de :
1°) de se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de l'enfant A F, sans que le secret médical lui soit opposable, et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, aux interventions et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de sa prise en charge au service des urgences puis au service de chirurgie orthopédique et pédiatriques de l'hôpital de la Timone, relevant de l'AP-HM à compter du 1er février 2008 en présence d'un obstacle sur le retour veineux pulmonaire nécessitant une libération de la veine pulmonaire inférieure gauche prise dans une fibrose cicatricielle et une réparation de l'oreillette droite et du septum inter-atriale, ainsi que tous dossiers des praticiens et établissements ayant eu à connaître de son cas notamment s'agissant des interventions du 11 mars 2008 de résection endocardique et une désobstruction de la veine pulmonaire gauche et celle du 19 mai suivant de poste d'un stent dans la veine supérieure gauche ; de convoquer et d'entendre les parties et tous sachants ; de procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de l'enfant ;
2°) d'examiner A F et de décrire son état de santé et les soins et prescriptions antérieurs à sa prise en charge par l'AP-HM ; de décrire les conditions de sa prise en charge et l'ensemble des examens réalisés dans cet établissement ; de décrire l'état pathologique A F ayant conduit aux soins, aux interventions et aux traitements pratiqués ;
3°) de donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis, les traitements, interventions et les soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science et aux règles de l'art, et s'ils étaient adaptés à l'état A F et aux symptômes qu'il présentait ; de donner son avis notamment sur la pertinence des examens réalisés, sur l'adaptation des moyens d'investigation médicale mis en œuvre ou non, sur la surveillance mise en œuvre durant les différentes prises en charge A F au sein de l'AP-HM et sur le traitement prescrit avant sa sortie du service ;
4°) de manière générale, de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de la prise en charge de l'enfant A F par l'AP-HM à compter du 1er février 2008 ; de rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre ; de rechercher si les interventions et actes médicaux éventuellement pratiqués ont été exécutés conformément aux règles de l'art ;
5°) en l'absence de faute, de dire si la situation A F relève d'un aléa thérapeutique non fautif ; de donner son avis sur les raisons de la dégradation de l'état de santé et notamment sur l'origine de l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime au décours de l'intervention du 19 mai 2008 ;
6°) de donner son avis sur le point de savoir si le dommage corporel constaté a un rapport avec l'état initial antérieur A F, ou l'évolution prévisible de cet état ;
7°) de préciser si le dommage allégué constitue une conséquence anormale d'un acte médical, pratiqué sur la personne de l'enfant A F au regard de son état initial ou de l'évolution prévisible de cet état ; d'indiquer si l'acte en cause présentait un risque connu auquel A F était particulièrement exposé ; de dire, dans l'affirmative, quelle était l'importance de ce risque (en pourcentage) ;
8°) de déterminer la part des préjudices présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un ou plusieurs manquement(s) éventuel(s) reproché(s) à l'AP-HM, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec les conséquences normalement prévisibles de la pathologie initiale, son évolution, ou toute autre cause extérieure ;
9°) de donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par A F de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader en raison des manquements éventuellement constatés ;
10°) d'indiquer à quelle date précise l'état A F peut être considéré comme consolidé et dans la négative, d'indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance en pourcentage ;
11°) dans le cas d'une consolidation, de préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, d'en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
12°) de préciser, le cas échéant, la durée de l'incapacité temporaire A F en indiquant si elle a été partielle ou totale, en distinguant la part imputable au(x) manquement(s) éventuellement constaté(s) de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé ;
13°) de dire si l'état de l'enfant A F est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, de fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, de mentionner dans quel délai ;
14°) de fournir au tribunal tous éléments de nature à lui permettre de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues, notamment en fixant en pourcentage et de manière précise le taux de déficit fonctionnel permanent de l'enfant A F ;
15°) de dégager, en les spécifiant, les éléments propres à justifier, le cas échéant, une indemnisation au titre des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux subis par la victime directe et les victimes par ricochet, en distinguant, s'il y a lieu, la part imputable au(x) manquement(s) éventuellement constaté(s) ou de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressé (pourcentage) ;
16°) d'indiquer dans sa conclusion de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des dommages subis par la victime ;
17°) s'il y a lieu, de faire toutes autres constatations nécessaires, d'entendre les observations de tous intéressés et d'annexer à son rapport tous documents utiles.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, M. B F et M. A F, à l'assistance publique - hôpitaux de Marseille, à l'office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, et la caisse primaire d'assurance maladie du Var.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
La rapporteure,
signé
L. JournoudLa présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
R. Berkat
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026