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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2109626

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2109626

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2109626
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPASSET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Passet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 avril 2021 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de regroupement familial, ensemble la décision du 28 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône d'autoriser le regroupement familial demandé ou, à défaut, de réexaminer sa demande, ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- il satisfait aux conditions de ressources au regard de la période exceptionnelle de la crise sanitaire et de leur montant à compter du 1er janvier 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône sollicite le rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Gonneau, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande enregistrée par les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 25 juin 2020, et complétée le 14 août 2020, M. A a demandé le bénéfice du regroupement familial pour son épouse. Par une décision du 30 avril 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté cette demande au motif que les ressources de M. A étaient insuffisantes. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision, ainsi que la décision implicite par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours gracieux.

2. Aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision en litige : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Aux termes de l'article R. 411-4 du même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".

3. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.

4. En premier lieu, la décision est fondée sur les dispositions, citées ci-dessus, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur au 30 avril 2021, la nouvelle rédaction de ce code n'étant entrée en vigueur le 1er mai 2021, et, par suite, le moyen tiré de ce que ces dispositions étaient abrogées à la date de la décision doit être écarté.

5. En second lieu il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé sa demande de regroupement familial le 25 juin 2020, complétée le 14 août 2020. Dès lors le montant de ses ressources appréciées au titre du 1° de l'article L. 411-5 précité est égal à la moyenne mensuelle de ses ressources du 1er août 2019 au 31 juillet 2020, dont il n'est pas contesté qu'elles étaient inférieures au montant mensuel moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance au titre de la même période. M. A a fait valoir, par son recours gracieux du 28 juin 2021, que ses revenus au titre du premier semestre de l'année 2021 s'élevaient à 10 000 euros au titre de cette période, somme de laquelle il faut retrancher 2 278 euros de cotisations et contributions, soit un chiffre d'affaires maximum s'élevant à 7 722 euros, soit 1 287 euros en moyenne mensuelle. Si au titre de la même période le montant mensuel moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance s'est élevé à 1 230,60 euros, le préfet des Bouches-du-Rhône a toutefois pu estimer que le chiffre d'affaires déclaré au titre du régime micro-social ne correspondait pas aux ressources de M. A une fois déduite les autres charges de l'activité d'auto-entrepreneur de celui-ci. Dans ces conditions, l'appréciation des ressources de M. A n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Niquet, première conseillère

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mis à disposition au greffe le 22 février 2024.

Le président - rapporteur,

signé

P-Y. GonneauL'assesseure la plus ancienne,

signé

A. Niquet

La greffière,

signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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