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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2109893

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2109893

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2109893
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCARMIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2021, M. B C, représenté par Me Carmier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2020 par laquelle le directeur général des finances publiques a refusé de le titulariser à l'issue de son stage et la décision du 11 mars 2021 de rejet de son recours préalable ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à titre principal, de le titulariser, à titre subsidiaire, de le réintégrer en tant que fonctionnaire-stagiaire, et à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, qui s'engage, dans ce cas, à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions de refus de titularisation et de rejet de son recours hiérarchique ont été signées par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure dès lors que l'administration n'établit que la commission administrative paritaire s'est prononcée sur son cas, et que ni les conditions dans lesquelles elle s'est réunie, ni sa composition n'étaient régulières ;

- les faits sur lesquels reposent les décisions attaquées sont matériellement inexacts ;

- les décisions attaquées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

- les décisions attaquées sont entachées de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions aux fins d'injonction sont irrecevables ;

- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 ;

- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- les conclusions de M. Secchi, rapporteur public,

- et les observations de Mme A pour la partie défenderesse.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a rejoint la direction générale des finances publiques, le 11 juin 2019, comme agent administratif des finances publiques de 2ème classe. Il a été affecté à la direction nationale des interventions domaniales et a effectué son stage probatoire au sein du commissariat aux ventes de Marseille à compter du 29 juillet 2019. Suivant l'avis de la commission administrative paritaire, par la décision attaquée du 14 octobre 2020, le sous-directeur chargé de la gestion des personnels et des parcours professionnels, par délégation du directeur général des finances publiques, a refusé de titulariser M. C dans le grade d'agent administratif des finances publiques de 2ème classe. M. C demande l'annulation de cette décision du 14 octobre 2020 et de la décision de rejet de son recours préalable, en date du 11 mars 2021.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : / () / 2° Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au deuxième alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé () ".

3. La décision du 14 octobre 2020 a été prise par M. D E, nommé sous-directeur de la gestion des personnels et des parcours professionnels à la direction générale des finances publiques, pour une durée de trois ans, à compter du 14 octobre 2019, par arrêté du 10 octobre 2019. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision du 14 octobre 2020 a été signée par une autorité incompétente.

4. En deuxième lieu, l'exercice du recours hiérarchique n'ayant d'autre objet que d'inviter l'administration à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours hiérarchique doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours hiérarchique dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision de rejet de son recours préalable est entachée d'incompétence.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 25 du décret du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires, dans sa version applicable au litige : " Les commissions administratives paritaires connaissent, en matière de recrutement, des () refus de titularisation ".

6. En l'espèce, l'administration produit le procès-verbal de la commission administrative paritaire qui s'est réunie les 8, 9 et 12 octobre 2020 et s'est prononcée sur le refus de titularisation de M. C. D'une part, le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que la commission administrative paritaire ne s'est pas prononcée sur sa situation. D'autre part, il ne ressort pas des termes de ce procès-verbal que la commission administrative paritaire se serait réunie dans des conditions irrégulières ou que sa composition serait irrégulière. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté dans toutes ses branches.

7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des cinq courriels de la tutrice et supérieure hiérarchique de M. C, du rapport de stage intermédiaire en date du 14 janvier 2020 ou encore du rapport d'aptitude du 20 septembre 2020, que M. C faisait régulièrement preuve d'un manque de diligence, de concentration, d'organisation, d'implication et d'autonomie. A cet égard, notamment, il est arrivé en retard à plusieurs reprises, a eu de façon répétée un comportement inadapté avec sa hiérarchie et sa tutrice l'a rappelé à l'ordre quant à l'usage de son téléphone à des fins privées sur son temps de travail, sans qu'elle ne constate d'amélioration. Le requérant ne produit aucun élément de nature à contester la réalité de ces circonstances. Par suite, même si le requérant a été placé en télétravail pendant trois mois et même si l'ambiance au travail est critiquée par un représentant syndical dont M. C produit une attestation, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision du 14 octobre 2020 est entachée d'erreurs de fait et d'erreur manifeste d'appréciation.

8. En cinquième lieu, M. C n'indique pas quel autre but que l'intérêt du service l'administration aurait poursuivi en refusant de le titulariser à l'issue de son stage. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Charpy, première conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

signé

G. Pouliquen

Le président,

signé

J.B. BrossierLa greffière,

signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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