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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2109970

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2109970

mercredi 13 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2109970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL DEBEAURAIN ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires enregistrés les 10 et

24 novembre 2021, 24 février 2022, 18 mai 2022, 23 novembre 2022 et 31 janvier 2023,

Mme H D, M. L D, Mme O J, M. P J,

Mme G B, M. C B, Mme K M, M. F M,

Mme K A et M. E I, représentés par Me Bérenger, demandent au tribunal, dans le dernier état de leur écriture :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Marignane a délivré un permis de construire n° PC01305420F0081 à la société civile de construction vente (SSCV) LEO ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Marignane a délivré un permis de construire modificatif à la SCCV LEO ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Marinage une somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils disposent d'un intérêt à agir ;

- l'arrêté portant permis de construire a été signé par une autorité incompétente ;

- il méconnaît l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme à défaut de plan de division ;

- il méconnaît les articles R. 431-5, R. 431-9, R. 431-10 du code de l'urbanisme, le dossier étant incomplet et les pièces insuffisantes ;

- il méconnaît les articles L. 332-6, L. 332-15 et L. 111-11 du même code ;

- il méconnaît l'article 1.5 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;

- il méconnaît les L. 442-1 et R. 421-19 et suivants du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article 4 du règlement de la zone UP du PLUi et les limites induites par le risque inondation ;

- il méconnaît les prescriptions de l'orientation d'aménagement et de programmation multi-site relatives aux espaces verts ;

- il méconnaît l'article 10 du règlement de la zone UP du PLUi ;

- il méconnaît l'article 11 du règlement de la zone UP du PLUi ;

- il méconnaît l'article 12 du règlement de la zone UP du PLUi relative aux aires de retournement ;

- il méconnaît le PPR inondation ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2022, Mme O J et M. P J ont déclaré se désister de l'instance.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 janvier, 17 octobre, et

16 décembre 2022, la SCCV LEO, représentée par Me Hachem, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants ne présentent pas d'intérêt à agir ;

- les autres moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Le mémoire, enregistré le 20 février 2023, présenté pour la SCCV LEO n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

La procédure a été communiquée à la commune de Marignane, laquelle n'a pas produit.

Par lettre du 15 novembre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il envisageait de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et les a invitées à présenter des observations en ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance par le projet :

- de l'article 1.5 des dispositions générales du plan local d'urbanisme intercommunal ;

- des prescriptions de l'OAP multi-sites relatives aux espaces verts ;

- de l'article 10 b) UP du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;

- de l'article 10 e) UP du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ;

- de l'article III-B du PPR inondation concernant le local transformateur électrique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Arniaud,

- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,

- les observations de Me Tagnon, représentant les requérants, et celles de Me Hachem, représentant la SCCV LEO.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 mai 2021, le maire de la commune de Marignane a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) LEO un permis de construire portant sur la démolition d'une habitation et la construction de vingt-quatre logements sur les parcelles cadastrées AT0514 et AT0517 avenue du 8 mai 1945. Par un courrier du 7 juillet 2021, Mme H D, M. L D, Mme O J, M. P J, Mme G B, M. C B, Mme K M, M. F M,

Mme K A et M. E I ont présenté un recours gracieux contre cet arrêté. Par un arrêté du 2 décembre 2021, un permis de construire modificatif a été accordé concernant le projet en cause. Les requérants ont présenté un recours gracieux contre cette autorisation le

26 janvier 2022. Par la présente requête, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2021 portant permis de construire initial, de l'arrêté du 2 décembre 2021 portant permis de construire modificatif et des décisions portant rejet de leur recours gracieux.

Sur le désistement de Mme et M. J :

2. Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2022, Mme O J et M. P J ont déclaré se désister de la procédure. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Les requérants sont propriétaires de maisons d'habitation limitrophes des parcelles 514 et 517 constituant l'assiette du projet de construction en litige. Ils font valoir l'importance du projet, constitué de vingt-quatre villas en remplacement d'une seule maison individuelle qui impliquera également la suppression d'un parc arboré et s'accompagnera de nuisances sonores et visuelles résultant aussi de l'augmentation de la circulation, ainsi que l'accroissement d'un risque d'inondation. Ces éléments, qui ne sont pas utilement contestés, suffisent à donner aux requérants intérêt à contester les autorisations de permis de construire en litige.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du

12 mai 2021 :

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 12 mai 2021 a été signé par M. N, adjoint délégué à l'urbanisme, au foncier, au patrimoine et à l'habitat, qui a reçu du maire de Marignane, par un arrêté du 2 novembre 2020, régulièrement publié et transmis en préfecture, une délégation à l'effet de signer notamment les arrêtés portant permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen de vice de procédure :

5. Aux termes de l'article aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ". Aux termes de l'article R. 423-53 du même code : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".

6. Si l'autorité ayant délivré le permis a, alors qu'elle n'y était pas tenue, décidé de procéder à une consultation, l'annulation du permis peut résulter de ce que cette consultation facultative a été opérée selon une procédure irrégulière de nature à entraîner son illégalité. Lorsque la délivrance d'une autorisation d'urbanisme intervient après une consultation subordonnée à la production d'éléments d'information ou de documents précis, leur caractère incomplet, lorsqu'il n'est pas d'une ampleur telle qu'il permettrait de les regarder comme n'ayant pas été produits, ne constitue pas nécessairement une irrégularité de nature à entacher d'illégalité l'autorisation délivrée. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de rechercher si ce caractère incomplet a fait obstacle à ce que l'autorité compétente dispose des éléments nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause.

7. Les requérants n'invoquent aucune disposition législative ou réglementaire qui aurait été méconnue et qui aurait rendu nécessaire, en l'espèce, compte tenu de la nature du projet, la consultation de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), du gestionnaire du réseau électrique, du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et des services en charge de l'assainissement et de la direction de l'eau, de l'assainissement et du pluvial de la Métropole. En ce qui concerne l'avis de la direction départementale des routes, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige ait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique. Par suite, l'avis émis par cette direction n'était pas rendu nécessaire par l'article R. 423-53 mentionné ci-dessus. Toutefois, la commune ayant procédé à la consultation de ces services, La DDTM et le SDIS ont rendu un avis les 15 et 16 septembre 2021, postérieurement à la modification du projet de construction en litige et en disposant de l'ensemble des pièces du dossier modifié. Par ailleurs, si les avis de la direction départementale des routes et d'Enedis ont été rendus avant le dépôt du dossier de permis modificatif, les modifications apportées au projet, qui sont relatives à l'aire de retournement, aux façades, aux places de parking et aux espaces verts, n'ont pas, compte tenu de leur objet, entaché d'irrégularité la consultation de ces services. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire en cause aurait été délivré au terme d'une procédure irrégulière et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la complétude du dossier :

8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. D'une part, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise :/ a) L'identité du ou des demandeurs / () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis. ".

10. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire indiquant qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande.

11. Par le formulaire de demande de permis de construire initial déposée le

22 décembre 2020, la SCCV LEO a attesté avoir qualité pour déposer la demande d'autorisation de permis de construire initial. Il en va de même concernant la demande de permis de construire modificatif déposée le 8 octobre 2021. Il ne résulte pas de l'instruction qu'en remplissant cette attestation, le pétitionnaire se serait livré à des manœuvres frauduleuses.

12. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures () ; ".

13. Si les requérants font valoir que le plan de masse ne comporte pas de cote d'altitude de la limite séparative au niveau des fonds voisins, il ressort des pièces du dossier que les cotes altimétriques sont mentionnées à intervalles suffisamment réguliers sur la limite séparative. Par ailleurs, il n'est ni allégué ni établi au demeurant que l'altitude de la limite séparative divergerait en l'espèce entre les fonds voisins et le terrain d'assiette du projet. Enfin, si les requérants font valoir qu'aucun plan d'élévation ne permet d'apprécier les façades intérieures des blocs émergents, les dossiers de demande de permis de construire initial et modificatif comportent différents plans de masse, permettant d'apprécier l'existence des ouvertures et la distance entre les bâtiments, ainsi que des plans de façade mentionnant la hauteur de ces bâtiments.

14. Enfin, selon l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur le même terrain, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés. ".

15. En l'espèce, le pétitionnaire n'a pas coché la case du formulaire de demande correspondant à une division avant l'achèvement de l'ensemble du projet et s'est borné à indiquer que les logements projetés seraient destinés à la vente, sans qu'aucune pièce du dossier ne permette de supposer qu'il serait procédé à une division du terrain en propriété ou en jouissance avant que l'ensemble du projet n'ait été réalisé. En particulier, la seule circonstance que le plan de masse mentionne des jardins privatifs n'est pas de nature à établir, par elle-même, que l'opération de division interviendrait avant l'achèvement de l'ensemble des travaux. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'un plan de division était nécessaire en vertu des dispositions mentionnées ci-dessus.

16. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier par méconnaissance des articles R. 431-5, R. 431-9, R. 431-10 et R. 431-24 du code de l'urbanisme doit être écarté dans ses différentes branches.

En ce qui concerne les autres moyens de légalité interne :

17. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Il peut, de même, être régularisé par un permis modificatif si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

18. En premier lieu, aux termes de l'article 1.5 des dispositions générales du PLUi applicable à la date du permis de construire initial : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées par le PLUi sont appréciées au regard de chaque lot issu de la division () ".

19. Ces dispositions, de même que celles de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme mentionnées au point 14 du présent jugement, sont applicables, dans le cadre de l'instruction d'autorisation d'urbanisme, aux projets devant faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement des travaux. Comme il a été dit au point 15 du présent jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle division soit prévue concernant le projet en litige. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet en litige méconnaît les dispositions de l'article 1.5 des dispositions générales du PLUi.

20. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire ou d'aménagement doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

21. D'autre part, en vertu des dispositions de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme, les bénéficiaires d'autorisations de construire peuvent être tenus de réaliser et de financer les équipements propres à l'opération autorisée mentionnés à l'article L. 332-15, aux termes duquel : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire () exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction (), notamment en ce qui concerne () l'alimentation en () électricité (). / Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes. () / L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public () de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux () d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures () ". Il résulte de ces dispositions que, pour l'alimentation en électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.

22. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'avis d'ENEDIS, que la desserte du projet ne nécessite pas d'extension ou de renforcement du réseau public de distribution d'électricité, mais uniquement des équipements propres à l'opération à la charge financière de l'aménageur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 111-11, L. 332-6 et L. 332-15 du code de l'urbanisme doit être écarté.

23. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation. ". Une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

24. Le rapport de présentation du PLUi précise que " l'ensemble des orientations d'aménagement et de programmation (OAP) réalisées dans le cadre du PLUi s'inscrivent dans un rapport de cohérence avec le règlement. Les OAP sont des compléments de celui-ci, précisant alors certaines règles génériques des zones en terme de qualité de l'insertion architecturale, urbaine et paysagère, de qualité environnementale, de mixité ou encore de desserte par les réseaux divers. () Le règlement s'impose au pétitionnaire selon un principe de conformité. A contrario de l'OAP, opposable aux autorisations du droit des sols selon un principe de compatibilité. Ce faisant, le principe de compatibilité qui régit l'application des OAP offre une souplesse très précieuse qui peut bénéficier aux collectivités comme aux porteurs de projet ". Les orientations spécifiques aux " opérations groupées " de type pavillonnaire en zones UP et UM tendent à " tirer parti de la végétation déjà présente sur le terrain et de respecter les lignes dominantes du paysage (vallonnements, talwegs) en limitant les terrassements, l'artificialisation des sols, et le découpage mathématique et répétitif des lots ". Les orientations générales en zones UP et UM relatives à la qualité d'aménagement visent à " constituer ou préserver le couvert végétal autour des constructions ", à " respecter les composantes paysagères existantes sur le terrain " et précisent que " dans les cas où il existe des boisements ou des alignements d'arbres significatifs sur le terrain, l'implantation des bâtiments doit être organisée pour que les éléments végétaux soient préservés et que les espaces libres* soient généreux (éviter les espaces résiduels) et ce, pour maintenir un environnement de qualité ".

25. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comprend cinquante-six arbres dont des masses boisées de petites tailles. Selon la demande de permis de construire, si la grande majorité des arbres n'est pas préservée, certains seront remplacés à hauteur de trente-trois arbres, et il est également prévu d'aménager des jardins privatifs. Compte tenu de ce que la légalité des autorisations d'urbanisme s'apprécie seulement dans un rapport de compatibilité à l'échelle de chaque zone visée par l'OAP, et eu égard à la taille limitée du projet en cause en comparaison de celle de la zone UP dans laquelle il s'insère, le moyen tiré de ce que le projet en litige serait incompatible avec l'OAP doit être écarté.

26. Toutefois, en quatrième lieu, l'article 10 e) de ce règlement prévoit que : " Les arbres existants sont maintenus ou, en cas d'impossibilité, obligatoirement remplacés par des sujets en quantité et qualité équivalentes (essence et développement à terme) ". Si les dispositions de cet article ne sauraient aboutir à rendre inconstructible le terrain assiette du projet classé en zone UP, elles imposent, eu égard aux orientations d'aménagement et de programmation telles que précisées au point 24 et applicables au projet en cause, de préserver autant que possible les arbres déjà présents sur le terrain, en particulier lorsqu'ils s'insèrent dans des masses boisées et des alignements.

27. Il ressort des pièces du dossier que le terrain assiette du projet comporte cinquante-six arbres dont des pins, cyprès, eucalyptus, palmiers, phoenix, abricotiers, arbres de judée et oliviers. Les photographies font en particulier apparaître un alignement significatif d'arbres au sud du terrain ainsi que deux masses boisées plus réduites au niveau central. Seuls cinq ou six arbres présents seront conservés par le projet litigieux, les autres devant être arrachés et en partie remplacés par de nouveaux spécimens disséminés en bordure du terrain d'assiette, pour atteindre un total de trente-quatre arbres selon le permis de construire initial et trente-trois selon le permis modifié. Si le pétitionnaire soutient en défense que, de par leur taille limitée, le remplacement de certains arbres n'est pas nécessaire, la photographie transmise ne permet pas d'identifier et d'apprécier les végétaux en cause. Par ailleurs, au-delà du nombre de spécimens, le projet, en prévoyant l'arrachage de la presque totalité des arbres déjà présents, dont certains sont rassemblés en masse boisée ou participent à un alignement, ne prévoit aucune adaptation au couvert végétal existant. A cet égard, le pétitionnaire n'apporte pas d'élément permettant d'indiquer en quoi il était impossible d'adapter le projet de construction aux compositions paysagères existantes, conformément aux dispositions précitées. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet en cause méconnaît l'article 10 e) du règlement du PLUi.

28. En cinquième lieu, aux termes de l'article 10 b) du règlement du PLUi dans sa version application à la date du permis modifié, la surface totale des espaces végétalisés, anciennement " espaces verts " dans la version du PLU applicable au permis initial, doit être supérieure ou égale à 40 % de la surface du terrain en zone UP4.

29. Selon le lexique tel que modifié en 2021, les espaces végétalisés correspondent notamment à la surface totale des espaces libres constitués des espaces au sol végétalisés et les aires de stationnement qualifiées d'éco-aménagées définies à l'article 11 du règlement. Aux termes des dispositions du e) de cet article 11 : " Si les aires de stationnement en plein air sont éco-aménagées, elles sont comptabilisées dans les espaces végétalisés* à raison de 9 m² par place de voiture. / Sont considérées comme éco-aménagées les aires de stationnement : / - qui comporte un nombre de places : = 3 places ; / - et qui intègrent des espaces de pleine terre* végétalisés à raison d'au moins 3 m² par place de stationnement ; / - et qui comptent au moins un arbre pour trois places de stationnement voiture, ces arbres devant être plantés dans des espaces de pleine terre* d'une largeur supérieure à 1,5 mètre (et pas dans de simples fosses) ; / - et dont l'ensemble des places de voiture (hors bandes roulantes) est traité par des revêtements poreux tels que des pavés drainants, des revêtements alvéolaires ".

30. Le permis modificatif déposé le 2 décembre 2021 a procédé au réaménagement des places de parking et des espaces verts. Il mentionne 40,06 % d'espace végétalisé, compte tenu de 1 778 m² d'espaces verts et de 225 m² de stationnement éco-aménagés, calculés sur la base de vingt-cinq places, sur une parcelle assiette du projet de 5 000 m². Toutefois, il ressort des pièces du dossier de permis modificatif que deux places de stationnement sont isolées et que quatorze places sont comprises dans des aires de stationnement de seulement deux places. Ces places, qui ne sont pas insérées dans des aires de stationnement, ne peuvent être qualifiées d'éco-aménagées au sens des dispositions de l'article 11 du règlement. Par suite, le projet ne comporte que 81 m² de stationnement éco-aménagés, portant à 1 859 m² les espaces végétalisés, soit 37,18 % de la parcelle assiette du projet. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet contesté, tel que modifié par le PCM, méconnaît les dispositions de l'article 10 b).

31. En sixième lieu, aux termes de l'article 4 UP du règlement du PLUi, l'emprise au sol doit être inférieure à 40 % de la surface du terrain. Si les requérants font valoir que l'exposition du terrain d'assiette du projet au risque inondation induit une réduction d'emprise à 30 %, l'article 4 UP du règlement ne prévoit pas une telle règle. Au demeurant, le projet prévoit une emprise au sol de 1 499 m² soit 30% de la superficie du terrain d'assiette de 5 000 mètres. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

32. En septième lieu, selon l'article 11 du règlement du PLUi, le projet doit comprendre " 1 m² de stationnement vélo, dans le volume des constructions, par tranche de 45 m² de surface de plancher créées ".

33. Il ressort des pièces du dossier qu'un espace vélo est prévu dans le prolongement de l'espace réservé au stationnement d'une voiture, situé sous la saillie des villas supportant une pièce. Dans ces conditions, les espaces vélo apparaissent dans le volume de la construction et le moyen doit être écarté.

34. En huitième lieu, aux termes de l'article 12 UP du règlement du PLUi : " La création de voies ou chemins d'accès en impasse d'une longueur de plus de 30 mètres est admise à condition d'aménager, à leur terminaison, une aire de retournement présentant les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. Par ailleurs, cette aire de retournement ne peut être réalisée ni sur des espaces dédiés au stationnement ni sur des parties non dédiées à la circulation générale ". Le lexique du PLUi précise que l'aire de retournement prend soit la forme d'un rondpoint soit la forme d'un T.

35. Le permis de construire du 12 mai 2021 fait apparaître une impasse desservant les villas d'une longueur de plus de trente mètres, comportant une aire de retournement située avant les dernières constructions et qui ne respecte pas les dimensions et prescriptions du PLUi telles que mentionnées ci-dessus. Toutefois, il est constant qu'un permis de construire modificatif a été délivré le 12 décembre 2021, lequel comporte une aire de retournement en T en terminaison de voie dont les dimensions respectent les dispositions mentionnées ci-dessus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 12 UP du PLUi doit être écarté.

36. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

37. En vertu de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, en particulier pour les inondations, qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire les constructions ou la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités. L'article L. 562-4 du même code précise que " le plan de prévention des risques naturels prévisibles approuvé vaut servitude d'utilité publique. Il est annexé au plan d'occupation des sols, conformément à l'article L. 126-1 du code de l'urbanisme () ".

38. Les prescriptions d'un plan de prévention des risques naturels prévisibles, destinées notamment à assurer la sécurité des personnes et des biens exposés aux risques en cause et valant servitude d'utilité publique, s'imposent directement aux autorisations de construire, sans que l'autorité administrative soit tenue de reprendre ces prescriptions dans le cadre de la délivrance du permis de construire. Il incombe à l'autorité compétente pour délivrer une autorisation d'urbanisme de vérifier que le projet respecte les prescriptions édictées par le plan de prévention et, le cas échéant, de préciser dans l'autorisation les conditions de leur application. Si les particularités de la situation l'exigent et sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, il peut subordonner la délivrance du permis de construire sollicité à des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, si elles lui apparaissent nécessaires pour assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Ce n'est que dans le cas où l'autorité compétente estime, au vu d'une appréciation concrète de l'ensemble des caractéristiques de la situation d'espèce qui lui est soumise et du projet pour lequel l'autorisation de construire est sollicitée, y compris d'éléments déjà connus lors de l'élaboration du plan de prévention des risques naturels, qu'il n'est pas légalement possible d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions permettant d'assurer la conformité de la construction aux dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'elle peut refuser, pour ce motif, de délivrer le permis.

39. D'une part, l'article III-B d) du plan de prévention des risques naturels prévisibles inondation du 20 octobre 2000 prévoit que les constructions futures neuves doivent prévoir l'implantation des réseaux électriques et des équipements au moins à 1,50 mètres au-dessus du terrain naturel. Si les plans du projet mentionnent un local de transformateur électrique

à + 15,78 NGF, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un transformateur ou des équipements seraient situés en deçà du seuil de 1,50 mètres. Par suite le moyen doit être écarté, en tout état de cause.

40. D'autre part, aux termes de l'article III-B e) du plan de prévention : " Les constructions ou extensions doivent être implantés de façon à minimiser les obstacles supplémentaires à l'écoulement des eaux. / L'emprise de la construction sur la partie inondable du terrain support du projet, ne doit pas être supérieure à 30 % de cette surface inondable ". Aux termes de l'article III-B g) : " L'aménagement d'aires de stationnement modifiant l'écoulement des eaux ou situées au-dessous du terrain naturel est interdit ".

41. En se bornant à soutenir que les villas et les places de stationnement situées en zone bleue sont de nature à modifier l'écoulement des eaux, sans apporter d'éléments sur le sens d'écoulement des eaux pluviales et sur l'impact des constructions projetées sur cet écoulement, les requérants n'établissent pas que le projet méconnaîtrait les dispositions mentionnées ci-dessus.

42. Enfin, le dossier comporte un avis du service pôle risque naturel de la direction départementale des territoires et de la mer du 15 septembre 2021, qui confirme l'avis déjà rendu le 8 avril 2021 par ce même service, selon lequel le projet est en grande partie situé en zone hors zone inondable, seule la partie nord du projet étant située en zone à risque modéré. Une étude hydraulique de février 2019 a classé la parcelle en zone inondable modéré et faible. Selon cet avis, le projet respecte le niveau d'implantation du premier plancher et limite l'emprise au sol des constructions à 30 % de la parcelle, conformément aux objectifs du porter-à-connaissance des études d'aléa inondation du 26 avril 2019. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces que la délivrance du permis de construire nécessitait des prescriptions spéciales, s'ajoutant aux prescriptions édictées par le plan de prévention dans cette zone, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

43. Il résulte des points 27 et 30 du présent jugement que le permis de construire initial et le permis de construire modificatif méconnaissent les points b) et e) de l'article 10 du règlement du PLUi.

Sur les conséquences de l'illégalité du permis de construire litigieux :

44. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

45. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article

L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

46. Les vices mentionnés aux points 27 et 30 du présent jugement, tirés, d'une part, de l'insuffisance des espaces végétalisés en méconnaissance du b) de l'article 10 du règlement du PLUi et, d'autre part, de l'absence de préservation des arbres constituant des masses boisées ou des alignements et de remplacement des arbres non préservés, en méconnaissance du e) du même article, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la commune de Marignane et à la société civile de construction vente (SCCV) LEO un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire les mesures de régularisation nécessaires.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme O J et

M. P J.

Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, imparti à la commune de Marignane et à la société civile de construction vente (SCCV) LEO, pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant les vices mentionnés au point 46 du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme H D, M. L D, Mme O J, M. P J, Mme G B, M. C B,

Mme K M, M. F M, Mme K A, M. E I, à la société civile de construction vente (SCCV) LEO et à la commune de Marignane.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hogedez, présidente,

Mme Busidan, première conseillère,

Mme Arniaud, conseillère,

Assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Arniaud

La présidente,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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