mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110029 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HOLLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Hollet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2021, la décision du 9 août 2021, l'avis des sommes à payer du 10 août 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 23 août 2021, par lesquels le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) lui a fait obligation de payer 1 562,20 euros en récupération des salaires perçus du 18 novembre au 10 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la région PACA la somme de 960 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors qu'il justifie son absence au travail sur la période litigieuse par des jours de télétravail du 18 au 27 novembre 2020 et du 4 au 10 décembre 2020, et par un congé de maladie du 27 novembre au 4 décembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2022, la région PACA, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 sont tardives, que le courrier du 9 août 2021 ne revêt pas un caractère décisoire et que le requérant ne justifie pas de l'existence d'une décision implicite de rejet qui serait née le 23 octobre 2021 ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 1er mars 2021, M. A, alors employé par la région PACA en qualité de collaborateur de groupe à titre contractuel, a été invité à régulariser ses absences considérées comme injustifiées au titre de l'année 2020. Estimant que l'intéressé n'avait justifié qu'une partie seulement de celles-ci, le président du conseil régional a, par un arrêté du 25 mai 2021, informé M. A qu'il ne serait pas rémunéré pour la période du 18 novembre au 10 décembre 2020. Le requérant indique avoir formé le 23 août 2021 un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par courrier du 9 août 2021, la région PACA a informé le requérant qu'un ordre de reversement d'un montant de 1 562,20 euros allait être établi à son encontre afin de régulariser la rémunération indûment perçue à la suite de ses absences injustifiées du 18 novembre au 10 décembre 2020. Le 10 août 2020, un avis des sommes à payer a été émis par l'autorité territoriale pour ce montant. M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021, du courrier du 9 août 2021, de la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 23 août 2021 et de l'avis des sommes à payer du 10 août 2021.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense aux conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2021 :
2. Aux termes de l'article R 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 25 mai 2021, qui comportait mention des voies et délais de recours, a été notifié le 26 mai 2021 au requérant qui n'établit pas avoir adressé à l'administration un recours gracieux dans le délai de deux mois. La présente requête a été enregistrée au greffe du tribunal le 17 novembre 2021. Par suite, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 25 mai 2021 sont tardives et donc irrecevables. Elles doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense opposées aux conclusions à fin d'annulation du courrier du 9 août 2021 :
4. Il ressort des termes du courrier du 9 août 2021 adressé par la directrice déléguée administration des ressources humaines de la région PACA à M. A que l'autorité territoriale se borne à informer ce dernier qu'un ordre de reversement va être établi à son encontre consécutivement à ses absences injustifiées, que sa situation, notamment au titre de son revenu imposable, a été régularisée, et qu'à réception de l'avis des sommes à payer, il pourra solliciter l'étalement de sa dette. Cette lettre, qui présente un caractère purement informatif, ne fait pas grief et est insusceptible de recours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation du courrier du 9 août 2021 sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense opposée aux conclusions à fin d'annulation du rejet du recours gracieux formé par le requérant le 23 août 2021 :
5. Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
6. Alors que la région PACA fait valoir que le requérant ne fournit aucun élément permettant de démontrer que son recours gracieux a bien été réceptionné, celui-ci ne produit pas la pièce justifiant de la date du dépôt de sa réclamation du 23 août 2021 et ne justifie pas de l'impossibilité de la produire. Par suite, les conclusions à fin d'annulation du rejet du recours gracieux formé par le requérant le 23 août 2021 sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'avis des sommes à payer du 10 août 2021 :
7. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire () La rémunération des agents contractuels est fixée par l'autorité compétente en tenant compte des fonctions exercées, de la qualification requise pour leur exercice et de l'expérience de ces agents () ". D'autre part, aux termes de l'article 15 du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version alors en vigueur : " Pour obtenir un congé de maladie ainsi que le renouvellement du congé initialement accordé, le fonctionnaire adresse à l'autorité territoriale dont il relève, dans un délai de quarante-huit heures suivant son établissement, un avis d'interruption de travail () ". Et aux termes de l'article 133 de la loi du 12 mars 2012 relative à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction publique, alors en vigueur : " Les fonctionnaires relevant de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires peuvent exercer leurs fonctions dans le cadre du télétravail tel qu'il est défini au premier alinéa de l'article L. 1222-9 du code du travail. L'exercice des fonctions en télétravail est accordé à la demande du fonctionnaire et après accord du chef de service. Il peut y être mis fin à tout moment, sous réserve d'un délai de prévenance () Le présent article est applicable aux agents publics non fonctionnaires et aux magistrats ".
8. Si M. A soutient avoir bénéficié d'un congé de maladie pour la période du 27 novembre au 4 décembre 2020, il ne produit, au soutien de ses allégations, qu'un arrêt de travail émis pour la période du 11 décembre 2020 au 10 janvier 2021, soit postérieurement à la période litigieuse. Concernant le télétravail, il ressort des pièces du dossier qu'une note édictée le 22 septembre 2020 par la région a imposé à ses agents de déclarer, à compter du 15 septembre 2020, les journées de télétravail dans le logiciel dédié, de les faire valider par le supérieur hiérarchique et de badger depuis l'ordinateur quatre fois par jour. Invité par la région, par courrier du 1er mars 2021, à régulariser ses absences, notamment par enregistrement sur le logiciel dédié de journées de télétravail exceptionnel, en concertation avec son responsable hiérarchique, et à soumettre à sa validation, le requérant ne produit aucun justificatif permettant de démontrer qu'il a enregistré des jours de télétravail par ce logiciel et qu'il en a demandé la validation à son supérieur hiérarchique. Par suite, le moyen tiré par M. A, qui ne justifie pas de son absence du 18 novembre au 10 décembre 2020, de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. La décision contestée, qui lui a fait application des dispositions exposées au point 7, n'est pas davantage entachée d'une erreur de droit.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'avis des sommes à payer du 10 août 2021.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région PACA, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de celui-ci la somme demandée par la région PACA en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.
La rapporteure,
signé
H. Forest
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026