vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110213 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | PAOLANTONACCI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 16 novembre 2021, le président du tribunal administratif de Nîmes a transmis au tribunal administratif de Marseille le dossier de la requête de M. A.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 octobre 2021, le 2 juin et le 16 juin 2022, M. B, représenté en dernier lieu par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 23 octobre 2020 et du 21 septembre 2021 par lesquelles le commandant du centre expert des ressources humaines et de la solde puis la ministre des armées ont rejeté sa demande de régularisation de ses soldes perçues pour la période du 24 août 2017 au 23 août 2019 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser la différence entre les soldes à plein traitement qu'il aurait dû percevoir et les soldes qu'il a perçues du 24 août 2017 au 23 août 2019, assortie des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que l'accident du 30 juin 2016 est un accident de service, que l'affection qui en a résulté est imputable au service et qu'il aurait dû recevoir l'intégralité de sa solde pendant deux ans.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 mai, le 8 juin et le 26 juillet 2022, la ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne peut présenter des conclusions indemnitaires ayant la même portée qu'un recours en excès de pouvoir contre les décisions de refus de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection résultant de son accident du 30 janvier 2016, alors que le délai de recours pour exercer un tel recours en excès de pouvoir est dépassé.
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement d'intérêts moratoires, dès lors qu'il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de statuer sur de telles conclusions.
M. A a présenté des observations, enregistrées le 16 mai 2024, en réponse à ce moyen d'ordre public, qui ont été communiquées.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la demande du 30 avril 2020 par laquelle le requérant a demandé la perception de l'intégralité de son traitement sur la période du 24 août 2017 au 23 août 2019, contestant ainsi la décision du 18 novembre 2016 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son accident du 30 janvier 2016.
M. A a présenté des observations, enregistrées le 6 juin 2024, en réponse à ce moyen d'ordre public, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,
- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est engagé dans la légion étrangère le 20 janvier 2009. Le 30 janvier 2016, il s'est blessé au dos au cours d'une marche de nuit. L'administration a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son affectation par six décisions des 18 novembre 2016, 30 novembre 2016, 21 août 2017, 14 février 2018, 17 août 2018 et 22 janvier 2019. Il a été placé en congé de longue maladie du 24 août 2016 au 23 août 2019, la première année à plein traitement puis les deux suivantes à mi-traitement. Le 30 avril 2020, le requérant, estimant qu'il aurait dû percevoir l'intégralité de son traitement sur la période du 24 août 2017 au 23 août 2019, a demandé la régularisation de ses soldes. Sa demande a été rejetée le 23 octobre 2020. Son recours administratif préalable obligatoire du 10 novembre 2020 a été rejeté 21 septembre 2021. Le requérant demande l'annulation de ces deux décisions et d'enjoindre à l'Etat de lui verser la différence entre les soldes à plein traitement qu'il aurait dû percevoir et les soldes à mi-traitement qu'il a perçues pendant la période du 24 août 2017 au 23 août 2019.
2. La demande du 30 avril 2020 par laquelle le requérant estime qu'il aurait dû percevoir l'intégralité de son traitement sur la période du 24 août 2017 au 23 août 2019, constitue un recours gracieux à l'encontre de la décision du 18 novembre 2016 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son accident. Le requérant a nécessairement eu connaissance de cette décision au plus tard à la date de perception, pour la première fois, de la moitié de son traitement, soit à la fin du moins d'août 2017. Sa demande du 30 avril 2020 a donc été introduite après l'expiration d'un délai raisonnable d'un an, courant à compter de fin août 2017. L'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille, n° 19MA04827 du 15 juillet 2020 n'a pas eu pour effet d'ouvrir un nouveau délai de recours. La demande du 30 avril 2020 étant tardive, les conclusions de sa requête tendant à l'annulation des décisions du 23 octobre 2020 et du 21 septembre 2021 sont irrecevables.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
G. Pouliquen
Le président,
Signé
J.B. Brossier La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026