LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110461

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110461

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantAVERSANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 26 novembre 2021 et le 28 décembre 2022, Mme E D et M. A D, représentés par Me Bordet, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Roquevaire a délivré à M. B un permis de construire modificatif, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Roquevaire la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- le permis de construire initial délivré à M. B est caduc en raison de l'interruption des travaux ;

- le permis de construire modificatif en litige est entaché d'un vice de procédure dès lors que le permis de construire initial est caduc et que le projet est fondamentalement changé ;

- il méconnaît l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme dès lors que l'insertion du projet dans son environnement n'est pas détaillée ;

- il méconnaît l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le projet est très lacunaire concernant l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et le plan de prévention des risques naturels majeurs relatif aux risques d'incendie et de forêt ;

- il méconnaît l'article UC9 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;

- il méconnaît l'article UC10 du PLU.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 23 septembre 2022 et le 24 janvier 2023, M. C B, représenté par Me Aversano, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Le 20 décembre 2021, la procédure a été communiquée à la commune de Roquevaire qui n'a pas produit d'observation.

Par une ordonnance du 28 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 3 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Ridings, rapporteure,

-les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,

- et les observations de Me Collet, représentant les requérants et celles de Me Aversano, représentant M. B.

Deux notes en délibéré, présentées par M. C B, ont été enregistrées le 26 septembre 2024 et le 2 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté en date du 2 juin 2021, le maire de la commune de Roquevaire a délivré à M. B un permis de construire modificatif, dont par un courrier en date du 29 juillet 2021, Mme et M. D, voisins immédiats du projet, ont sollicité le retrait. Par ce même courrier, ils ont également demandé au maire de prononcer la caducité de l'autorisation de construire initiale délivrée au pétitionnaire le 24 mars 2009. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 2 juin 2021, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé contre cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. Il ressort des pièces du dossier que pour justifier de leur intérêt à agir contre le permis de construire modificatif en date du 2 juin 2021, Mme et M. D soutiennent que ce permis de construire a autorisé les modifications du permis de construire initial qui tiennent à la volumétrie, aux toitures et à leur hauteur, aux ouvertures en façades, à l'accès à l'habitation et au stationnement. Pour corroborer leurs dires, ils produisent la décision en litige, ainsi que les pièces jointes au dossier de permis de construire modificatif, desquelles il ressort que ce permis apporte des modifications notables au projet initial, notamment des toitures en toit terrasse avec un accès pour les voitures alors que ces toitures étaient initialement de forme traditionnelle en pente, ainsi que des ouvertures en façades donnant une vue directe sur la propriété des requérants. Les requérants, voisins immédiats, du projet ont ainsi, compte tenu des nuisances et atteintes qu'ils supporteront du fait du permis modificatif en litige, intérêt à agir contre cette autorisation d'urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par M. B doit être écartée.

5. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de délivrance du permis de construire initial : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ". En application du décret du 19 décembre 2008 prolongeant le délai de validité des permis de construire, d'aménager ou de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration préalable, ce délai a été porté à trois ans pour les permis de construire délivrés avant le 31 décembre 2010. Lorsque le permis de construire est périmé, un permis modificatif ne peut légalement être délivré.

6. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Roquevaire a délivré à M. B un permis de construire initial le 24 mars 2009 portant sur la construction d'une maison individuelle et qu'en application des dispositions, citées au point précédent, le délai de validité de ce permis de construire, qui n'a pas en l'espèce été prorogé par un recours contentieux, courrait jusqu'au 24 mars 2012. Si le pétitionnaire se prévaut d'un arrêté interruptif de travaux délivré le 12 juin 2018, soit six années plus tard, ce seul élément ne suffit pas à établir que les travaux prévus par le permis initial auraient été entrepris avant la date de péremption de ce permis. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que le permis initial délivré le 24 mars 2009 était, à la date de l'arrêté attaqué, devenu caduc, de sorte que le maire de la commune de Roquevaire ne pouvait pas légalement délivrer le 2 juin 2021 un permis de construire modifiant ce permis caduc.

7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au tribunal, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de l'autorisation d'urbanisme attaquée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que le permis modificatif du 2 juin 2021 est entaché d'illégalité et que pour le motif énoncé au point 6, il doit être annulé.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme et M. D qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante la somme que M. B demande sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. B une somme globale de 1 500 euros à verser Mme et M. D sur ce même fondement.

Sur les frais liés aux dépens :

10. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent la contribution pour l'aide juridique prévue à l'article 1635 bis Q du code général des impôts, ainsi que les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens ".

11. Il ne résulte pas des pièces du dossier que des dépens aient été engagés devant la juridiction administrative dans le cadre de la présente instance. Les conclusions sur ce point de Mme et M. D ne peuvent donc qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté en date du 2 juin 2021 délivré par le maire de la commune de Roquevaire portant permis de construire modificatif est annulé.

Article 2 : M. B versera une somme globale de 1 500 euros à Mme et M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme et M. D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E et M. A D, à M. C B et à la commune de Roquevaire.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Hogedez, présidente,

Mme Arniaud, première conseillère,

Mme Ridings, conseillère,

Assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

M. Ridings

La présidente,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions