mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | HAZZAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2021 et 23 août 2022, M. D A C, représenté par Me Hazzan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence (MAMP) a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de son accident de trajet survenu le 6 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la MAMP de reconnaitre l'imputabilité au service de son accident de trajet ;
3°) de condamner la MAMP à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi ;
4°) de désigner un expert médical ;
5°) de mettre à la charge de la MAMP la somme de 3 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son accident est bien survenu sur le trajet, alors qu'il venait de terminer son service ;
- cette décision ayant reçu exécution, il est fondé à en demander l'annulation en dépit de la reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident par une décision de la MAMP du 18 mars 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2020, la MAMP conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la décision du 17 septembre 2021 ayant été rapportée par une décision du 18 mars 2022 qui reconnait l'imputabilité au service de l'accident de trajet survenu le 6 janvier 2021, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête.
Un nouveau mémoire en défense présenté pour la MAMP a été enregistré le 4 juin 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Bouchareu, représentant M. A C, et de M. B, représentant la MAMP.
Considérant ce qui suit :
1. M A C, adjoint technique territorial principal de 1ère classe, exerçait les fonctions de conducteur spécialisé au sein de la direction de la propreté et du cadre de vie à la MAMP. Victime d'un accident alors qu'il regagnait son domicile le 6 janvier 2021 à 22h50, il a sollicité, dès le lendemain, la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet accident. En dépit de l'avis favorable émis le 6 mai 2021 par la commission départementale de réforme, la présidente de la métropole a, par décision du 17 septembre 2021, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident de trajet compte tenu des horaires de travail de l'intéressé. M. A C demande l'annulation de la décision du 17 septembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'après réexamen de la demande de M. A C, la MAMP a, par une décision du 18 mars 2022 reconnu l'imputabilité au service de l'accident de trajet survenu le 6 janvier 2021. En édictant la décision du 18 mars 2022, la MAMP a implicitement mais nécessairement retiré celle du 17 septembre 2021. S'il ne ressort pas des pièces du dossier que cette nouvelle décision, qui comporte la mention des voies et délais de recours, aurait été notifiée à M. A C, cette décision a été produite dans le cadre de la présente instance et communiquée le 28 juin 2022 par l'intermédiaire de l'application informatique dite " Télérecours " à l'avocat de M. A C, qui le représente dans tous les actes de la procédure conformément aux dispositions de l'article R. 411-6 du code de justice administrative, et qui en a pris connaissance le même jour. Il s'ensuit que la décision du 18 mars 2022 procédant au retrait de la décision du 17 septembre 2021, qui n'a pas été contestée dans le délai de recours contentieux, est devenue définitive. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 septembre 2021, comme les conclusions à fin d'injonction, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise sollicitée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif.
5. En dépit de l'invitation à régulariser ses conclusions dans un délai de quinze jours qui lui a été adressée le 11 avril 2024, le requérant ne justifie pas avoir saisi l'administration d'une demande préalable qui aurait fait naître une décision de rejet à la date du présent jugement. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la MAMP la somme que réclame le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A C.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026