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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110665

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110665

lundi 20 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110665
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantREZAIGUIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 décembre 2021 et le 2 mars 2023,

M. B C, représenté par Me Rezaiguia, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 13 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'annulation de la suspension de ses droits à l'aide personnalisée au logement (APL), d'annulation des indus d'APL et de sa demande de remboursement rétroactif des retenues exercées et de rétablissement de ses droits.

2°) de condamner la CAF à restituer les sommes qu'elle a récupérées au titre des indus et notamment les retenues effectuées ;

3°) d'ordonner à la CAF de le rétablir dans ses droits à l'APL à compter du jour où les versements ont cessé ;

4°) de mettre à la charge de la CAF la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative au profit de son conseil.

Il soutient que :

- la décision n'est pas suffisamment motivée en fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les sommes versées sur son compte ne sont pas des ressources mais correspondent à la pension de retraite de ses parents versées pour qu'il assure le règlement de leurs frais, les sommes relevées par la CAF correspondant aux ressources de ses parents ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le montant des sommes regardées par la CAF comme des ressources sont erronés ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est éligible au bénéfice des APL.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre les indus de revenu de solidarité active (RSA) sont dirigées contre une autorité incompétente ;

- les conclusions aux fins d'injonction de réexamen de sa situation sont irrecevables en l'absence de conclusions tendant à l'annulation de la décision portant radiation de ses droits au RSA ;

- les autres moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C demande au tribunal d'annuler la décision implicite du 13 octobre 2021 par laquelle la CAF des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'annulation de la suspension de ses droits à l'aide personnalisée au logement, de ses indus d'APL et de sa demande de remboursement rétroactif des retenues exercées et de rétablissement de ses droits.

2. En premier lieu, si M. C a formé un recours administratif préalable à l'encontre de la décision par laquelle la CAF a mis à sa charge un indu de revenu d'aide personnalisée au logement, il ne justifie pas avoir demandé, en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardée sur son recours. Par suite, il ne peut utilement invoquer le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision.

3. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que l'indu en litige trouve son origine, non dans une absence de transmission de ses déclarations trimestrielles de ressources, mais dans l'absence de déclaration de l'ensemble de ses ressources, l'étude de ses relevés de compte ayant révélé la perception de 52 492 euros sur la période d'août 2019 à août 2020.

4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au litige : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; /2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer, telles que définies aux articles L. 822-5 à L. 822-8 ; () ". Aux termes de l'article

R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer./ Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la () ".

5. Pour suspendre ses droits à l'aide personnalisée au logement et mettre à sa charge l'indu correspondant, la CAF des Bouches-du-Rhône a réintégré le montant des ressources non déclarées de M. C, soit la somme de 52 492 euros perçues au cours de la période du mois d'août 2019 au mois d'août 2020 pour le calcul de ses droits, ce qui a généré un trop perçu d'APL pour la période de janvier 2020 à mars 2020 d'un montant de 683,79 euros. Si le requérant soutient que les sommes créditées sur son compte ne peuvent être regardées comme des ressources dès lors qu'elles correspondent à la pension de retraite de ses parents versée pour qu'il assure le règlement de leurs propres frais, il ressort des termes des relevés de son compte bancaire que ces virements sont des " prêts ", dont il n'est pas établi ni même allégué qu'ils auraient été remboursés. En outre, le requérant ne démontre pas, par les seules pièces qu'il verse au dossier, que le montant de ses ressources retenu par la CAF serait erroné et qu'il serait éligible au bénéfice de l'APL. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la CAF aurait commis une erreur de droit, de fait et une erreur manifeste d'appréciation en rejetant sa demande d'annulation de suspension de ses droits à APL et d'annulation des indus correspondants.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la CAF, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.

La magistrate désignée,

signé

E. ALa greffière,

signé

S. IBRAM

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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