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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2110839

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2110839

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2110839
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSINGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 décembre 2021 et 15 janvier 2024, Mme C A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2021 du maire de la commune de La Ciotat en tant qu'elle fixe son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) consécutive à ses maladies professionnelles à 9 % ;

2°) d'enjoindre à la commune de la Ciotat de fixer son taux d'IPP à 23 % ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de désigner un expert médical ;

4°) de mettre à la charge de la commune de La Ciotat la somme de 12 288 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée procède d'une motivation par référence à l'avis de la commission de réforme, qui n'était pas joint à la décision attaquée ;

- la commune de la Ciotat ne démontre pas que la procédure prévue aux articles 14 et 16 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions, ni que cette commission comportait un médecin spécialiste de sa pathologie ;

- l'administration a commis une erreur de droit en se sentant liée par l'avis de la commission de réforme ;

- la commune de La Ciotat a commis une " erreur manifeste d'appréciation " en fixant son taux d'IPP à 9 % tandis que le médecin expert a retenu un taux de 23 % et alors qu'elle n'a pas pris en compte ses autres maladies professionnelles.

Un mémoire en défense produit pour la commune de la Ciotat a été enregistré le 2 août 2024, postérieurement à la clôture d'instruction fixée au 11 mars 2023, et n'a pas été communiqué.

Par un courrier du 17 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions dirigées contre le courrier du 14 octobre 2021 du maire de la commune de La Ciotat sont irrecevables dès lors qu'elles sont dirigées contre un acte qui ne fait pas grief.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision de renvoi en formation collégiale.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gaspard-Truc,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de M. B A, pour Mme A, présente, et de Me Singer, représentant la commune de La Ciotat.

Considérant ce qui suit :

1. Recrutée par la commune de La Ciotat le 1er septembre 2004 en qualité d'agent d'entretien, Mme A exerçait, avant sa mise à la retraite pour invalidité, les fonctions d'agent d'accueil à la direction des sports et du nautisme. Par des décisions respectives des 4 janvier 2017 et 26 novembre 2019, la commune de La Ciotat a reconnu l'imputabilité au service de son syndrome du canal carpien gauche et droit, à compter du 21 juillet 2016, au titre de la maladie professionnelle n° 57C, et de sa lombalgie, à compter du 25 avril 2013, au titre de la maladie professionnelle n° 98. A la suite de plusieurs arrêts de travail liés à ces maladies, la commission de réforme s'est prononcée, lors de sa séance du 23 septembre 2021, en faveur de l'inaptitude absolue et définitive de Mme A à l'exercice de toute fonction, en retenant des taux d'invalidité préexistants à ces maladies et des taux consécutifs à celles-ci. Par un courrier du 14 octobre 2021, l'autorité territoriale a informé Mme A de la teneur de l'avis de la commission de réforme et lui a indiqué qu'elle allait transmettre sa demande de mise à la retraite pour invalidité à la caisse des dépôts et consignation (CDC). Par la présente requête, Mme A demande l'annulation du courrier du 14 octobre 2021 en tant qu'il fixe son taux d'incapacité permanente partielle consécutive à ses maladies professionnelles à 9 %.

2. Aux termes de l'article 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service () et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si cette dernière a été prononcée en application de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ainsi que du deuxième alinéa des 2° et 3° de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée ". Aux termes de l'article L. 28 du même code : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services. ". Enfin aux termes de l'article L. 31 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, dans sa rédaction alors applicable : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions. () /Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ".

3. Il ressort des termes mêmes du courrier du 14 octobre 2021, mentionnant en objet " Retraite pour invalidité à compter du 1er janvier 2022 ", dont Mme A demande l'annulation en tant seulement qu'il fixe son taux d'incapacité permanente partielle consécutive à ses maladies professionnelles à 9 %, que par celui-ci, la commune de La Ciotat s'est bornée à l'informer de la teneur de l'avis émis par la commission départementale de réforme lors de sa séance du 23 septembre 2021 en faveur d'un tel taux. Dès lors, la lettre en litige, qui vise à soumettre la proposition de l'administration d'admission d'office à la retraite pour invalidité de l'intéressée, ne constitue pas une décision de la collectivité fixant le taux d'incapacité partielle permanente de Mme A, étant précisé que ce n'est que le 26 décembre 2022 que la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) a émis un avis favorable à la mise à la retraite de celle-ci pour invalidité en retenant un taux d'IPP imputable au service de 9%. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette lettre en tant qu'elle est relative au taux d'IPP, qui ne fait pas grief à la requérante, sont irrecevables et doivent pour ce motif être rejetées.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise médicale sollicitée, la requête présentée par Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles présentées aux fins d'injonction et d'astreinte et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de La Ciotat.

Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Jorda-Lecroq, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Forest, première conseillère,

Assistées de Mme Boyé, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

F. Gaspard-Truc

La présidente,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La greffière,

Signé

F.-L. Boyé

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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