mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 janvier 2022 et 24 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Rouanet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Hautes-Alpes a rejeté son recours gracieux du 24 septembre 2021 et refusé de lui octroyer la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ;
2°) d'enjoindre au département des Hautes-Alpes de lui verser la NBI à compter de sa nomination en tant que responsable du service informatique en 2017 et de reconstituer sa carrière, sous astreinte de 250 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département des Hautes-Alpes la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il exerce des fonctions apparentées à celles figurant dans la liste du décret n° 2006-779, qu'il remplit des missions à caractère technique et qu'il exerce des fonctions managériales et d'encadrement ;
- elle est contraire au principe d'égalité dès lors que certaines collectivités prévoient une NBI pour des fonctions similaires.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 novembre 2023 et 19 avril 2024, le département des Hautes-Alpes, représenté par Me Brunière, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive dès lors que la décision du 22 novembre 2021 est une décision confirmative de la décision prise initialement le 27 novembre 2020 et que le requérant n'a formé un recours gracieux à l'encontre de cette dernière que le 18 mai 2021 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Ingénieur territorial, M. A travaille au sein du département des Hautes-Alpes en tant que chef du service du numérique depuis le 1er juillet 2017. Estimant encadrer un service administratif requérant une technicité en matière d'actions liées au développement et à l'aménagement de la collectivité et relever ainsi des dispositions du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale, M. A a sollicité le 22 juillet 2020 la NBI auprès de son employeur qui a rejeté sa demande par décision écrite du 27 novembre 2020. Il a formé à l'encontre de celle-ci, le 18 mai 2021, un premier recours gracieux qui a été rejeté par décision du 29 juillet 2021, puis un second recours gracieux rejeté par une décision du 22 novembre 2021 dont il demande l'annulation.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il résulte de ce qui a été indiqué au point 2 que M. A, qui demande l'annulation de la décision du 22 novembre 2021 en tant qu'elle rejette le recours gracieux qu'il a formé contre la décision du 27 novembre 2020, doit être regardé comme demandant également l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires, instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret () ; / IV. Les dispositions qui précèdent sont étendues dans des conditions analogues, par décret en conseil d'Etat aux fonctionnaires territoriaux et hospitaliers ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale : " Une nouvelle bonification indiciaire prise en compte pour le calcul de la retraite est versée mensuellement aux fonctionnaires territoriaux exerçant une des fonctions figurant en annexe au présent décret ". Le paragraphe 1 de cette annexe relatif aux fonctions de direction, d'encadrement, assorties de responsabilités particulières ouvre droit au versement de la nouvelle bonification indiciaire aux agents exerçant des fonctions d': " 11 Encadrement d'un service administratif requérant une technicité en matière de gestion des ressources humaines, de gestion des achats et des marchés publics, de gestion financière, de gestion immobilière et foncière, de contentieux ou d'actions liées au développement et à l'aménagement de la collectivité, à l'exception des fonctions exercées au titre de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée ".
5. Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire est lié aux seules caractéristiques des emplois occupés, au regard des responsabilités qu'ils impliquent ou de la technicité qu'ils requièrent. Le bénéfice de cette bonification est exclusivement attaché à l'exercice effectif des fonctions et ne dépend pas de l'appartenance à un corps ou à un grade déterminés. La condition tenant aux fonctions d'encadrement exercées par l'agent et celle tenant à la technicité requise sont cumulatives. Il résulte également de ces dispositions, rapprochées des autres dispositions du tableau I annexé au décret du 3 juillet 2006, que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire qu'elles prévoient est lié non à la nature administrative de la fonction exercée par l'agent mais à l'objet du service dont il assure l'encadrement.
6. En premier lieu, M. A soutient qu'il a droit au versement de la NBI dès lors qu'il encadre une équipe de 5 personnes chargée d'assurer le développement de la fibre optique, des réseaux mobiles et des nouvelles technologies en matière de très haut débit et ce sur tout le département des Hautes-Alpes. Il ressort toutefois des pièces du dossier, en particulier de la fiche de poste de l'intéressé et de l'organigramme de la collectivité, que, s'il encadre effectivement une équipe, il n'assure avec l'aide de celle-ci que le suivi opérationnel des projets qui ont été portés, décidés et négociés en amont par ses supérieurs hiérarchiques, parmi lesquels le directeur du numérique. Par suite, le niveau de technicité qu'il met en œuvre à l'occasion de l'exercice de ses fonctions est insuffisant pour caractériser celle requise pour l'applications des dispositions exposées au point 2. Le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
7. En second lieu, si M. A soutient que la décision attaquée est constitutive d'une rupture d'égalité entre les agents, il n'établit pas qu'il se trouverait dans une situation identique à celle d'un autre agent du département du Tarn dont il produit l'offre d'emploi, dès lors notamment que l'offre en question fait état de pilotage de la stratégie départementale des usages et services numériques et des projets de téléphonie mobile et exige des connaissances juridiques en droit des télécommunications, des marchés publics et des finances. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement des agents publics doit également être écarté.
8. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme exerçant des fonctions ouvrant droit au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire au titre du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département des Hautes-Alpes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant une somme à verser à la collectivité au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département des Hautes-Alpes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département des Hautes-Alpes.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026