jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 janvier 2022, Mme D B, représentée par Me Barlet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021 par laquelle le maire de Marseille a mis fin à son stage et l'a radiée des cadres pour inaptitude absolue et définitive à l'exercice de ses fonctions statutaires à compter du 28 septembre 2021, ainsi que la décision du 22 novembre 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Marseille de procéder au réexamen de sa demande tendant à bénéficier d'un éventuel reclassement au sein des effectifs de la collectivité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de l'acte attaqué est incompétent ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 15 avril suivant.
Un mémoire présenté pour Mme B a été enregistré le 17 avril 2024, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barlet, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B était employée par la commune de Marseille en qualité d'adjointe technique territoriale stagiaire et affectée à l'emploi d'agent d'accompagnement de l'enfant en crèche à compter du 7 septembre 2017. Par une décision du 25 avril 2019, sa période de stage a été prolongée de six mois à compter du 7 septembre 2018. Mme B a ensuite été placée en congé de longue maladie du 28 septembre 2018 au 27 juin 2019. Après avis du 8 octobre 2019 du comité médical ayant conclu à son inaptitude physique absolue et définitive à l'exercice de ses fonctions statutaires, le maire de la commune de Marseille, par une décision du 9 septembre 2021, a mis fin à son stage et l'a radiée des cadres pour inaptitude absolue et définitive à l'exercice de ses fonctions à compter du 28 septembre 2021. Mme B a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision par courrier du 10 septembre suivant, lequel a été explicitement rejeté par décision du maire du 22 novembre 2021. Mme B demande au tribunal l'annulation de la décision du 9 septembre 2021 ainsi que de la décision du 22 novembre 2021 portant rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, par un arrêté du 31 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille du 1er janvier 2021, le maire de la commune de Marseille a donné délégation de signature à M. A E, administrateur territorial exerçant les fonctions de directeur général adjoint des ressources humaines pour, notamment, " les arrêtés relatifs aux radiations des cadres fonctionnaires stagiaires et titulaires pour () inaptitude définitive et absolue à tout emploi () ainsi que les arrêtés relatifs aux licenciement en cours ou au terme d'une période de stage ". Cet arrêté précise dans son article 2 qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. E, celui-ci est remplacé dans cette même délégation par Mme F C, directrice de la gestion et de l'administration au sein de la direction générale adjointe des ressources humaines. Il n'est pas établi que M. E n'aurait pas été absent ou empêché lors de l'édiction de la décision attaquée. Dès lors, Mme C était compétente pour la signer. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision contestée, qui vise les textes applicables et l'avis du comité médical du 8 octobre 2019, mentionne que Mme B est radiée des cadres de la fonction publique territoriale " pour inaptitude absolue et définitive à l'exercice de ses fonctions statutaires ". Contrairement à ce que soutient la requérante, la décision attaquée contient ainsi des considérations de droit et de fait suffisantes pour lui permettre de comprendre les motifs sur lesquels elle repose. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'acte attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires territoriaux stagiaires sont soumis aux dispositions des lois des 13 juillet 1983 et 26 janvier 1984 susvisées et des décrets pris pour leur application, dans la mesure où elles sont compatibles avec leur situation particulière et dans les conditions prévues par le présent décret ". L'article 11 du même décret dispose, dans sa rédaction applicable au présent litige, que : " A l'expiration des droits à congé avec traitement ou d'une période de congé sans traitement accordés pour raisons de santé, le fonctionnaire territorial stagiaire reconnu, après avis du comité médical compétent, dans l'impossibilité définitive et absolue de reprendre ses fonctions, est licencié. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier et il est constant que le comité médical a émis un avis, le 8 octobre 2019, d'inaptitude physique définitive et absolue de la requérante à son emploi d'agent d'accompagnement de l'enfant en crèche. Par suite, Mme B ne peut utilement soutenir, pour contester la décision en litige la radiant des cadres, qu'elle n'a pas été déclarée inapte à toutes fonctions alors qu'elle a été reconnue dans l'impossibilité définitive et absolue de reprendre ses fonctions au sens des dispositions précitées de l'article 11 du décret du 4 novembre 1992, ce qui autorisait par là-même son licenciement.
6. En dernier lieu, si en vertu d'un principe général du droit dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés que les règles statutaires applicables aux fonctionnaires, en cas d'inaptitude physique définitive, médicalement constatée, à occuper un emploi, il appartient à l'employeur de reclasser l'intéressé dans un autre emploi et, en cas d'impossibilité, de prononcer son licenciement dans les conditions qui lui sont applicables, ni ce principe général, ni les dispositions de la loi du 26 janvier 1984 et du décret du 4 novembre 1992 ne confèrent aux fonctionnaires stagiaires, qui se trouvent dans une situation probatoire et provisoire, un droit à être reclassés dans l'attente d'une titularisation pour toute inaptitude physique définitive. Par conséquent, Mme B ne peut utilement prétendre que son licenciement pour inaptitude physique a été décidé en méconnaissance d'une obligation de reclassement, quand bien même l'intéressée se serait opposée à la décision ayant prononcé la prolongation de sa période de stage. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance d'une telle obligation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2200633
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026