lundi 27 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 25 janvier 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Mitre-les-Remparts a délivré à M. B A un permis de construire une remise agricole sur des parcelles cadastrées n°98 AP 11, 98 AP 189 et 98 AP 190 sis chemin rural des Etangs, lieu-dit Le Niveau.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux méconnait les articles L. 121-8 et L. 121-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2022, la commune de Saint-Mitre-Les-Remparts, représentée par Me Schwing, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet, et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le déféré préfectoral est tardif ;
- il a été introduit par une personne qui n'avait pas compétence pour le faire ;
- les moyens invoqués par le préfet des Bouches-du-Rhône ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2022, M. A, représentés par la SCP Bérenger Blanc Burtez - Doucède, conclue au rejet de la requête, et demande au tribunal de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le préfet des Bouches-du-Rhône ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 septembre 2023, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique,
- et les observations de Me Claveau, représentant M. A et de Me Schwing, représentant la commune de Saint-Mitre-les-Remparts.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 18 août 2021, le maire de la commune de Saint-Mitre-les-Remparts a délivré à M. A un permis de construire une remise agricole de 216 m² sur un terrain d'une superficie de 12 925m² sur des parcelles cadastrées n°98 AP 11, 98 AP 189 et 98 AP 190 sises chemin rural des Etangs, lieu-dit Le Niveau. Le 14 octobre 2021, le sous-préfet d'Istres a saisi le maire d'observations à fin de retrait de cette décision. Le 19 novembre 2021, le maire a rejeté sa demande. Par la présente requête, le préfet des Bouches-du-Rhône demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. L'autorisation d'urbanisme est soumise pour avis à la commission départementale de la nature, des paysages et des sites. Elle est refusée lorsque ces constructions et installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. ". Aux termes de l'article L. 121-10 du même code : " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. Ces opérations ne peuvent être autorisées qu'en dehors des espaces proches du rivage, à l'exception des constructions ou installations nécessaires aux cultures marines. L'accord de l'autorité administrative est refusé si les constructions ou installations sont de nature à porter atteinte à l'environnement ou aux paysages. Le changement de destination de ces constructions ou installations est interdit. ".
3. Il résulte des dispositions précitées que dans les communes littorales l'urbanisation ne peut se faire qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatif de constructions.
4. Par arrêté du 22 juillet 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé d'accorder la dérogation prévue aux dispositions de l'article L. 121-10 compte tenu notamment de l'avis défavorable de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers du 29 avril 2021. Le maire, qui se trouvait pourtant en situation de compétence liée, a, par courrier du 19 novembre 2021, refusé de retirer le permis de construire délivré à M. A en vue de construire une remise agricole sur son terrain sur lequel il a développé une activité oléicole et de culture d'arbres fruitiers.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a développé sur son terrain à titre accessoire des activités, qui peuvent être qualifiées d'agricole, à savoir une oliveraie de 8 hectares complétée par une autre oliveraie cédée par son père ainsi que par une exploitation d'amandiers. Cette exploitation parait suffisamment constituée et pourrait avec quelques investissements devenir pérenne dans la mesure où M. A verse au dossier deux factures du Moulin Saint Michel qui établissent qu'en 2020 sa production d'olives était de 400 kg soit 50 litres d'huile et qu'en 2021/2022 sa production s'élève à 3 tonnes d'olives, soit 646 litres d'huile. En outre, les articles de presse produits au dossier tendent à démontrer que son père gère une véritable exploitation oléicole et souhaite céder son exploitation à son fils. Le lien entre l'exploitation de M. A et la construction projetée est caractérisé par la destination de la construction qui a pour objet de remiser le matériel agricole. Par suite, le préfet n'est pas fondé à soutenir que le projet méconnait les dispositions invoquées et qu'il a pu légalement refuser d'accorder la dérogation prévue aux dispositions de l'article L. 121-10 du code de l'urbanisme.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article A1 du règlement du PLU : " Occupation et utilisations du sol interdit : Toutes les constructions et installations autres que celles mentionnées dans l'article A2. (). ". Aux termes de l'article A2 du même règlement : " Occupations et utilisations du sol soumis à des conditions particulières : Dans le secteur Ac : - les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricoles par des coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pèche maritime (). "
7. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles A1 et A2 du règlement du PLU doit être écarté pour les même motifs que ceux évoqués au point 3 du présent jugement.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 750 euros à verser à la commune de Saint-Mitre-Les-Remparts et une somme de 750 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le déféré préfectoral est rejeté.
Article 2 : L'Etat versera à la commune de Saint-Mitre-les-Remparts et à M. A une somme de 750 euros, chacun, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet des Bouches-du-Rhône, à M. B A et à la commune de Saint-Mitre-les-Remparts.
Délibéré après l'audience du 13 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGELa greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026