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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2200897

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2200897

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2200897
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLSCM & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a annulé, sur déféré du préfet des Bouches-du-Rhône, un permis de construire délivré par le maire de Venelles pour une maison individuelle en zone agricole. Le juge a estimé que le projet méconnaissait les articles A1 et A2 du règlement du PLU, faute pour le pétitionnaire de démontrer que le logement était directement nécessaire à son exploitation maraîchère. La simple nécessité de gérer des arrosages nocturnes n'a pas été jugée suffisante pour justifier une présence permanente sur le site. La décision s'appuie sur le code de l'urbanisme et le code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré enregistré le 31 janvier 2022, le préfet des Bouches du Rhône demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° PC 013 113 21 00016 du 12 août 2021 par lequel le maire de la commune de Venelles a délivré un permis de construire à M. B.

Il soutient que le projet méconnaît les articles A1 et A2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).

Par un mémoire en défense enregistré le 8 février 2022, la commune de Venelles, représentée par Me Colling, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du préfet la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 octobre 2024 la clôture de l'instruction a été fixée au 28 octobre 2024.

La procédure a été communiquée à M. B, pétitionnaire, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,

- les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 013 113 21 00016 du 12 août 2021, le maire de la commune de Venelles a délivré un permis de construire à M. B en vue de la construction d'une maison individuelle sur la parcelle BL 90, chemin de l'Aubere. Par un courrier notifié le 12 octobre 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision qui a été explicitement rejeté le 8 décembre 2021. Le préfet demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 août 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article A1 du règlement du PLU : " Toutes les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article A 2 sont interdites ". En outre, aux termes de l'article A2 de ce règlement : " Seules peuvent être autorisées les occupations et utilisations du sol ci-après selon l'une des conditions particulières suivantes : A condition d'être directement nécessaire à l'exploitation agricole / () ".

3. Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole ou forestière, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole ou forestière d'une consistance suffisante. Ce lien de nécessité, qui doit faire l'objet d'un examen au cas par cas, s'apprécie entre, d'une part, la nature et le fonctionnement des activités de l'exploitation agricole et, d'autre part, la destination de la construction ou de l'installation projetée.

4. Il est constant que M. B, pétitionnaire, est propriétaire d'une exploitation agricole et qu'il exerce à ce titre une activité de maraichage sur un espace de plus de 31 hectares. Pour justifier de la nécessité de créer un logement, la commune indique qu'il doit être présent sur l'exploitation pour gérer les permanences d'arrosage nocturne induisant des modulations en durée et en intensité en raison des conditions météorologiques. Si, dans une lettre adressée à la commune, le pétitionnaire expose également qu'il souhaite " prendre son indépendance afin de mener une vie familiale ", ces éléments ne sont pas en lien avec l'exercice de l'exploitation. Dans ces conditions, ces justifications ne sont pas suffisantes pour caractériser la nécessité de sa présence permanente. Par suite, le maire de Venelles a, en délivrant le permis de construire en litige pour la construction d'un logement ouvrier, méconnu les articles A1 et A2 du règlement du PLU.

5. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet des Bouches-du-Rhône est fondé à demander l'annulation de l'arrêté n° PC 013 113 21 00016 du 12 août 2021 par lequel le maire de la commune de Venelles a délivré un permis de construire à M. B.

Sur les frais liés à l'instance :

6. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 12 août 2021 est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Venelles au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet des Bouches du Rhône, à la commune de Venelles et à M. A B.

Délibéré après l'audience du 25 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Fayard, conseillère.

M. Guionnet Ruault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. FAYARD

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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