jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | MATHIEU DABOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 février 2022 et 21 juin 2023, la société Altius Fitness, la société JFAJ et Me Jean-Charles Hidoux, mandataire judiciaire, représentés par Me Mathieu, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté modificatif du 22 décembre 2021 par lequel l'adjoint au maire de Marseille en charge de la politique du logement et de la lutte contre l'habitat indigne a prescrit au propriétaire et à l'exploitant la mise en sécurité de l'immeuble situé 94 avenue des Goumiers à Marseille ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation et alors que l'article L. 511-19 du même code ne figure pas dans ses visas ;
- il a été pris sur le fondement du 1° du 3ème alinéa de l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version alors en vigueur, alors que celui ne leur est pas applicable dès lors qu'il vise non pas les salles de sport mais les établissements recevant du public à usage total ou partiel d'hébergement tandis que le 3° du 3ème alinéa de cet article ne leur est pas davantage applicable dans la mesure où la société Altius Fitness n'a pas l'usage de l'immeuble et de ses installations comme l'en atteste l'état des lieux contradictoire réalisé le 11 septembre 2018 ;
- en l'absence de tout élément nouveau, l'administration ne pouvait pas modifier l'arrêté du 10 septembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire est inopérant ainsi que celui tiré de l'absence d'éléments nouveaux ;
- l'autre moyen de la requête n'est pas fondé dès lors que la situation de la société requérante est régie par le 3° du 3ème alinéa de l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de M. C pour la société Altius Fitness ainsi que celles de M. B pour la commune de Marseille.
Une note en délibéré présentée par la ville de Marseille a été enregistrée le 29 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 24 mai 2018, la société Altius Fitness a repris un bail commercial autorisant l'activité de remise en forme, détente, activités paramédicales, diététique, coiffure, balnéothérapie, restauration annexe et portant sur les locaux situés 94 avenue des Goumiers à Marseille ( 13 008), lesquels appartiennent à la société Mechaly. Un rapport de visite du 8 septembre 2021 établi par la ville de Marseille a conclu à l'existence d'un danger imminent en raison de la corrosion avancée des poutraisons du plancher haut du sous-sol avec éclatements de l'enrobage du béton, principalement autour de l'emprise de la piscine, et de la corrosion des aciers autour des poteaux de fondation du rez-de-chaussée dans la salle de cours de fitness et dans les vestiaires. Par un arrêté du 10 septembre 2021, notifié à la seule société Mechaly, l'ensemble de l'immeuble situé 94 avenue des Goumiers à Marseille a été interdit à toute occupation et utilisation avec neutralisation des fluides et de l'accès, l'étaiement de l'ensemble du sous-sol devant se faire dans un délai de 10 jours. Par un arrêté en date du 22 décembre 2021, l'arrêté du 10 septembre 2021 a été modifié afin de prévoir également une notification à l'exploitant de l'immeuble pris en la personne de la société Altius Fitness, celle-ci devant assurer l'obstruction et la sécurité des accès du bâtiment et du périmètre de l'ensemble de la parcelle, la neutralisation des fluides et des accès à l'immeuble. La société Altius Fitness, la société JFAJ, en sa qualité d'administrateur judiciaire de la société Altius Fitness et Me Hidoux, en sa qualité de mandataire judiciaire de la société Altius Fitness, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté modificatif du 22 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version alors en vigueur : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures : le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers sur l'immeuble, le local ou l'installation, tels qu'ils figurent au fichier immobilier ou, dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin ou du Haut-Rhin, au livre foncier, dont dépend l'immeuble / Lorsque les travaux prescrits ne concernent que les parties communes d'un immeuble en copropriété, la procédure contradictoire est valablement conduite avec le seul syndicat de copropriétaires représenté par le syndic qui en informe immédiatement les copropriétaires / Par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la procédure contradictoire est conduite avec les personnes suivantes qui seront celles tenues d'exécuter les mesures :1° L'exploitant et le propriétaire lorsqu'elle concerne des établissements recevant du public à usage total ou partiel d'hébergement ou lorsqu'elle concerne l'entreposage de matières explosives ou inflammables ; 2° Les titulaires de la concession funéraire dans le cas mentionné à l'article L. 511-3 ; 3° La personne qui a mis les immeubles, les locaux ou les installations à disposition ou celle qui en a l'usage lorsque la mesure de police porte sur l'usage qui en est fait ".
3. Pour prendre la décision contestée, l'adjoint au maire de Marseille a retenu que l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation vise l'exploitant et le propriétaire lorsque le bien est un établissement recevant du public. Il ressort toutefois du 1° du 3ème alinéa de cette disposition, exposée au point 2, que ne sont visés que les établissements recevant du public à usage d'hébergement dont il est constant que cette caractéristique ne s'applique pas à l'immeuble mis à la disposition de la société Altius Fitness.
4. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
5. Si la ville de Marseille soutient que la mesure de police porte sur l'usage qui est fait de l'immeuble et de ses installations, notamment de la piscine intérieure qui contribue à la corrosion des poutraisons du plancher haut du sous-sol et sollicite que soit substitué au 1° le 3° du 3ème alinéa de l'article L. 511-10 du code de la construction et de l'habitation, exposé au point 2, il résulte des termes de l'arrêté contesté que la mesure de police qu'il édicte ne porte pas sur un usage à des fins commerciales. Il en résulte que, alors que la décision contestée n'aurait pu être prise sur le fondement sollicité, la demande de substitution de base légale sollicitée doit être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de l'arrêté modificatif du 22 décembre 2021, que la société Altius Fitness, la société JFAJ et Me Hidoux sont fondés à demander son annulation pour défaut de base légale.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Marseille une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté modificatif du 22 décembre 2021 est annulé.
Article 2 : La ville de Marseille versera la somme de 1 500 euros à la société Altius Fitness, à la société JFAJ et à Me Hidoux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Altius Fitness, à la société JFAJ, à Me Hidoux et au maire de la ville de Marseille.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
H. A N.
La greffière,
Signé
Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026