jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoire enregistrés les 4 février 2022, 6 décembre 2023 et 21 février 2024 ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A, représenté par Me Barlet, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision de rejet née du silence gardé par la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône sur la demande de protection fonctionnelle qu'il lui a adressée le 2 juin 2021 ainsi que la décision du 2 décembre 2021 par laquelle la présidente a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision expresse du 22 juillet 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de protection fonctionnelle adressée le 2 juin 2021 ;
3°) d'enjoindre au département de réexaminer sa demande tendant à bénéficier de la protection fonctionnelle, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 juillet et 21 décembre 2023, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A, qui doivent être regardés comme invoqués contre la décision expresse du 22 juillet 2021, ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 22 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- les déclarations de M. A, requérant,
- et les observations de Mme D, représentant le département des Bouches-du-Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent territorial titulaire du grade d'infirmier employé par le département des Bouches-du-Rhône depuis le 15 novembre 2018, a, par un courrier du 2 juin 2021, demandé à la présidente du conseil départemental le bénéfice de la protection fonctionnelle à la suite d'une altercation verbale avec son supérieur hiérarchique le 15 mars 2021. Estimant qu'une décision implicite de rejet était née du silence gardé par l'administration sur sa demande, M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de celle-ci . Ce recours gracieux a fait l'objet d'une décision de rejet du 2 décembre 2021 notifiée le 6 décembre 2021 à laquelle était jointe la décision expresse de rejet de sa demande de protection fonctionnelle du 22 juillet 2021 qui n'avait pu être notifiée au requérant en raison d'un défaut d'accès ou d'adressage selon les mentions de la poste. M. A demande au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'objet du litige :
2. D'une part, si ainsi qu'il a été indiqué au point 1 M. A a entendu former un recours gracieux contre une décision implicite de rejet née du silence de la présidente du conseil départemental durant deux mois sur sa demande de protection fonctionnelle du 2 juin 2021, il est toutefois constant que le département a en réalité pris, avant l'expiration de ce délai de deux mois, une décision expresse de refus de sa demande le 22 juillet 2021, qui ne lui a été notifiée que postérieurement. Par suite, aucune décision implicite de rejet n'étant intervenue, les conclusions présentées par M. A ne peuvent être regardées que comme dirigées contre la décision explicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle prise le 22 juillet 2021.
3. D'autre part, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Par suite, si M. A présente également des conclusions contre la décision expresse du 2 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental a rejeté son recours gracieux, il ne saurait en tout état de cause invoquer utilement de moyens tirés des vices propres de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il ne ressort d'aucune des dispositions de l'arrêté n°21/54/SC du 1er juillet 2021 publié au recueil des actes administratifs du département n°7 du 15 juillet 2021 que M. C, directeur des ressources humaines et signataire de la décision du 22 juillet 2021, bénéficiait à cette date d'une délégation de signature en matière d'acceptation ou de refus des demandes de protection fonctionnelle présentées par le personnel employé par le département, une telle délégation ne pouvant se déduire, contrairement à ce que soutient le département en défense, de celle donnée au point 4 pour signer les " courriers aux particuliers " tels que " c. notification d'arrêtés ou de décisions " et " d. notification de décisions défavorables ". Un telle délégation ne résulte pas davantage des autres rubriques de l'arrêté et notamment de celles précisées aux points 7 et 8 concernant la gestion du personnel et les ressources humaines. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 22 juillet 2021 pour incompétence de son auteur ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision du 2 décembre 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation, retenu, et alors au demeurant que le requérant ne présente de conclusions à fin d'injonction que sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, l'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au département de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de sa notification sans qu'il n'y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône des 22 juillet 2021 et 2 décembre 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au département des Bouches-du-Rhône de réexaminer la demande de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le département des Bouches-du-Rhône versera à M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
Signé
M-L. Hameline
La greffière,
Signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 220104
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026