mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201048 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | DIDIERLAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, la société Reni, représentée par Me Didierlaurent, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le maire de la ville de Marseille l'a mise en demeure de faire procéder au ravalement des façades de l'immeuble situé 48 avenue Camille Pelletan à Marseille (13003) dans un délai de 30 mois, sous peine d'exécution d'office à ses frais.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dans la mesure où l'état de l'immeuble aurait dû être constaté par un homme de l'art et non un agent assermenté ;
- le maire commet une erreur de droit en appliquant l'article L. 132-1 du code de la construction et de l'habitat sans rechercher si l'état de l'immeuble le justifie ;
- la façade est en parfait état et son ravalement n'est pas justifié ;
- son gérant a été empêché de faire face aux injonctions du maire en raison de problèmes personnels et de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- les moyens soulevés par la société Reni ne sont pas fondés.
Par une lettre du 17 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen soulevé d'office tiré de la substitution des dispositions de l'article L. 132-1 du code de la construction et de l'habitation dans sa version antérieure à l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020 relative à la réécriture des règles de construction et recodifiant le livre Ier du code de la construction et de l'habitation par celles de l'article L. 126-2 du même code dans sa version issue de cette ordonnance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- l'ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de M. A, représentant la ville de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 8 janvier 2019, la ville de Marseille a inclus l'immeuble situé 48, avenue Camille Pelletan à Marseille, dont la société Reni est propriétaire, dans le périmètre des immeubles devant faire l'objet d'un ravalement de façade en application des dispositions alors en vigueur de l'article L. 132-1 du code de la construction et de l'habitation. Par un courrier du 28 octobre 2019, le maire de Marseille a enjoint à la société Reni de procéder au ravalement de la façade de son immeuble. Constatant le 24 août 2021 que les travaux de ravalement n'avaient pas été réalisés, le maire de Marseille a mise en demeure la société requérante, par un arrêté du 12 octobre 2021, de faire procéder au ravalement des façades de son immeuble dans un délai de 30 mois et l'a informée qu'en cas de méconnaissance de cette obligation, les travaux seraient exécutés d'office à ses frais. La société Reni demande l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2021.
2. Aux termes de l'article L. 126-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les façades des bâtiments doivent être constamment tenues en bon état de propreté à Paris ainsi que dans les communes figurant sur une liste établie par décision de l'autorité administrative, sur proposition ou après avis conforme des conseils municipaux. /Les travaux nécessaires sont effectués au moins une fois tous les dix ans, sur l'injonction qui est faite au propriétaire par l'autorité municipale ". Aux termes de l'article L. 126-3 du même code : " Si, dans les six mois de l'injonction qui lui est faite en application de l'article L. 126-2, le propriétaire n'a pas entrepris les travaux qu'il prévoit, le maire peut prendre un arrêté en vue de les prescrire. Cet arrêté est notifié au propriétaire avec sommation d'avoir à effectuer les travaux dans un délai qu'il détermine et qui ne peut excéder un an () ". Si ces textes ne soumettent expressément l'usage du pouvoir d'injonction à aucune autre condition que ce délai de dix ans depuis le précédent ravalement, il appartient au maire de tenir compte dans chaque cas de l'ensemble des circonstances, et notamment de l'état de l'immeuble et de son environnement. Sa décision ne peut être censurée par le juge de l'excès de pouvoir qu'en cas d'erreur de fait ou de droit, d'erreur manifeste d'appréciation ou de détournement de pouvoir.
3. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué trouve son fondement légal dans les dispositions de de l'article L. 126-2 du code de la construction et de l'habitation dans leur version issue de l'ordonnance du 29 janvier 2020 relative à la réécriture des règles de construction et recodifiant le livre Ier du code de la construction et de l'habitation venues remplacer les dispositions de l'article L. 132-1 du même code dans leur version antérieure à l'entrée en vigueur de cette ordonnance. Les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur la substitution de base légale envisagée entre ces articles. Dès lors qu'une telle substitution n'a pas pour effet de priver la société requérante d'une garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer ces deux textes, il convient de procéder à cette substitution.
5. La société requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dans la mesure où l'état de l'immeuble aurait dû être constaté par un homme de l'art et non un agent assermenté. Or, aucune disposition législative ou réglementaire, ni aucun principe général du droit n'impose que les constatations portant sur l'état de propreté des façades et le défaut de ravalement de celles-ci soient faites par un homme de l'art.
6. La société requérante soutient ensuite que le maire ne pouvait faire une application automatique de l'article L. 132-1 du code de la construction et de l'habitation, aujourd'hui repris à l'article L. 126-2 du même code, sans vérifier si l'état de la façade en cause justifiait les travaux prescrits, alors, en outre, que cette façade se trouvait en parfait état. Il ressort toutefois des pièces du dossier que pour prescrire les travaux de ravalement en litige, le maire de Marseille a pris en compte l'ensemble des circonstances, et notamment l'état de l'immeuble. L'autorité territoriale s'est en effet notamment fondée sur une fiche dite de " ravalement ", établie le 28 février 2019 par un architecte du patrimoine à la suite d'une inspection visuelle de la façade, pour considérer que plusieurs éléments de la façade étaient dégradés et nécessitaient des travaux afin de rétablir un bon état de propreté. En outre, il n'est pas contesté qu'à la date de l'arrêté contesté, le propriétaire n'avait pas réalisé de travaux de ravalement depuis au moins dix ans. Si la société requérante se prévaut d'une photographie de la façade, au demeurant non datée, et d'une attestation d'un professionnel du bâtiment, datée du 19 janvier 2022, pour soutenir que la façade se trouvait dans un très bon état, ces seuls éléments ne sont pas de nature à contredire les constats opérés par l'architecte mandaté par la ville de Marseille. Il en résulte que le maire de Marseille n'a commis ni erreur de droit ni erreur manifeste d'appréciation en prenant la mesure en litige.
7. Le moyen tiré de ce que l'état de santé et les problèmes personnels du propriétaire de l'immeuble ont conduit à ne pas procéder au ravalement de façade est inopérant.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2021 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Reni est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à société Reni et à la ville de Marseille
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées de Mme Boyé, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
F.-L. Boyé
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2201048
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026