mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HACHEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 février 2022 et 7 mars 2023, Mme A C, représentée par Me Hachem, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille s'est opposé à sa demande de déclaration préalable pour la transformation d'un garage en habitation dans un immeuble situé 7 impasse Marius, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner la commune de Marseille à lui verser une somme de 116 504 euros, à parfaire, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnait les articles L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le motif de refus est infondé ;
- la responsabilité pour faute de la commune de Marseille peut être engagée au regard de l'illégalité fautive de la décision de refus ;
- elle est fondée à obtenir l'indemnisation des préjudices subis à hauteur de 116 504 euros, à parfaire.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 juillet et 9 août 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- les préjudices ne sont pas certains.
Par une ordonnance du 8 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guionnet Ruault, rapporteur,
- les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public,
- et les observations de Me Hachem, représentant Mme C, et de Mme B, représentant la commune de Marseille.
Une noté en délibéré présentée par Mme C a été enregistrée le 4 février 2025 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 mai 2021, dont Mme C demande l'annulation, le maire de la commune de Marseille s'est opposé à sa déclaration préalable tendant à la transformation d'un garage en habitation dans un immeuble en copropriété à usage d'habitation situé 8/16 boulevard Guerin / 7 impasse Marius.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés () ". Selon l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables () ". Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : a) Décision de non-opposition à la déclaration préalable () ". L'article R. 424-10 dispose que : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, ou, dans les cas prévus à l'article R. 423-48, par échange électronique ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'auteur d'une déclaration préalable est réputé être titulaire d'une décision de non opposition si aucune décision ne lui a été notifiée avant l'expiration du délai réglementaire d'instruction de son dossier. Lorsque la décision s'opposant au projet ayant fait l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, le demandeur est réputé avoir reçu notification de la décision à la date de la première présentation du courrier par lequel elle lui est adressée. Il incombe à l'administration, lorsque sa décision est parvenue au pétitionnaire après l'expiration de ce délai et qu'elle entend contester devant le juge administratif l'existence d'une décision implicite de non opposition préalable, d'établir la date à laquelle le pli portant notification de sa décision a régulièrement fait l'objet d'une première présentation à l'adresse de l'intéressé. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet "avis de réception" sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. En l'espèce, si l'administration produit le pli recommandé contenant la décision contestée, sur laquelle la date d'envoi du 28 mai 2021 a été apposée, soit avant l'expiration du délai d'instruction d'un mois de la déclaration préalable, l'accusé de réception portant la mention " pli avisé et non réclamé " ne comporte pas la mention de la date de vaine présentation à l'adresse de Mme C. Dans ces conditions, l'intéressée est fondée à soutenir, faute pour l'administration d'avoir notifié sa décision de refus avant l'expiration du délai d'instruction, qu'elle était titulaire d'une décision tacite de non-opposition. Par suite, l'arrêté du 26 mai 2021 doit être regardé comme retirant la décision tacite de non-opposition et il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une procédure contradictoire préalable, conformément aux articles L. 122-1 et
L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, ait été mise en œuvre.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de l'acte en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. La requérante recherche la responsabilité de la commune de Marseille en raison de l'illégalité fautive des décisions des 26 mai 2021 et de rejet implicite de son recours gracieux présenté le 11 octobre 2021 et sollicite la condamnation de cette commune à une somme de 680 euros à parfaire par mois en réparation de la perte locative, à une somme de 110 000 euros en réparation de la perte de valeur vénale et à une somme de 133 euros à parfaire par mois en réparation de la perte de disponibilité de réemploi.
8. Saisi d'une demande indemnitaire, il appartient au juge administratif d'accorder réparation des préjudices de toute nature, directs et certains, qui résultent de l'illégalité fautive commise par une personne publique. La perte de bénéfices ou le manque à gagner découlant de l'impossibilité de réaliser une opération immobilière en raison d'un refus illégal de permis de construire revêt un caractère éventuel et ne peut, dès lors, en principe, ouvrir droit à réparation. Il en va toutefois autrement si le requérant justifie de circonstances particulières, telles que des engagements souscrits par de futurs acquéreurs ou l'état avancé des négociations commerciales avec ces derniers, permettant de faire regarder ce préjudice comme présentant, en l'espèce, un caractère direct et certain. Il est fondé, si tel est le cas, à obtenir réparation au titre du bénéfice qu'il pouvait raisonnablement attendre de cette opération.
9. En se bornant à produire des estimations d'un agent immobilier et des captures d'écran de sites internet immobiliers, Mme C ne justifie ni d'engagements souscrits par de potentiels locataires, ou d'un état avancé de négociations, ni de son intention de vendre son bien qui justifierait un préjudice de perte de valeur vénale, à le supposer établi. Elle n'établit pas non plus le caractère certain de la perte de disponibilité de ses fonds. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires de la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 1 800 euros à verser à la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 26 mai 2021 et de rejet implicite du recours gracieux présenté le 11 octobre 2021 du maire de la commune de Marseille sont annulées.
Article 2 : La commune de Marseille versera une somme de 1 800 euros à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Fayard, conseillère,
M. Guionnet Ruault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.
Le rapporteur,
signé
A. GUIONNET RUAULT
Le président,
signé
F. SALVAGELa greffière,
signé
F. FOURRIER
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026