jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201244 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ARNAUD AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 février 2022, la société à responsabilité limitée Les Jardins du Parc, représentée par Me Arnaud, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Marseille centre a rejeté sa demande de dispense totale ou partielle de l'installation de vestiaire collectif ;
2°) de réduire l'amende d'un montant total de 14 080 euros mise à sa charge par la décision du directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur du 20 juillet 2021 au titre de l'absence de vestiaires collectifs ;
3°) de suspendre la décision litigieuse et d'enjoindre à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur de prendre une nouvelle décision pour réviser le montant de l'amende dans des proportions plus justes ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 14 décembre 2021 n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'erreurs manifestes d'appréciation dès lors que la configuration des lieux ne permet pas l'installation de vestiaire et que le port d'un tablier ne nécessite pas de vestiaire pour se changer ;
- l'administration a commis une erreur de droit en prenant en compte le nombre total de salariés de l'entreprise et non le nombre de salariés présents ;
- le montant l'amende est disproportionné au regard de la gravité des manquements reprochés, de la période de crise sanitaire pendant laquelle l'entreprise était fermée et en situation de vulnérabilité, et de la prise en compte du nombre total de salariés de l'entreprise et non de ceux uniquement présents lors du contrôle.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Les Jardins du Parc ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arnaud, représentant la société Les Jardins du Parc.
Considérant ce qui suit :
1. Le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur a infligé à la société Les Jardins du Parc, le 20 juillet 2021, une amende d'un montant de 14 080 euros en application des dispositions de l'article L. 8115-1 du code du travail pour manquements aux dispositions des articles R. 4228-1 et R. 4228-2 du même code, relatives aux installations sanitaires devant être mises à disposition des salariés. Par courrier du 19 octobre 2021, la société Les Jardins du Parc a demandé à l'administration la dispense de ses obligations réglementaires concernant les vestiaires ainsi que la remise totale ou, subsidiairement partielle de l'amende mise à sa charge le 20 juillet 2021. Par décision du 14 décembre 2021, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Marseille centre a accordé une dispense pour les serveurs en salle, de manière temporaire jusqu'à la fin des travaux et pour un délai de deux mois maximum et a refusé la dispense pour les cuisiniers. La société Les Jardins du Parc doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 14 décembre 2021 en tant qu'elle refuse sa demande de dispense concernant tous les salariés, et, d'autre part, de réduire le montant de l'amende prononcée à son égard le 20 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 14 décembre 2021 en tant qu'elle refuse partiellement la dispense demandée par la société Les Jardins du Parc :
2. En premier lieu, la décision litigieuse mentionne les textes dont il est fait application. Elle énonce en outre plusieurs éléments de faits et notamment la demande de dispense formée par la société requérante, l'avis du médecin du travail du 10 décembre 2021 ainsi que les constats opérés lors de la visite de l'inspection du travail du 16 novembre 2021. Ainsi, la décision attaquée comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 4228-16 du code du travail : " Lorsque l'aménagement des vestiaires collectifs, lavabos et douches ne peut, pour des raisons tenant à la disposition des locaux de travail, être réalisé dans les conditions prévues par la présente section ou, pour les travailleurs handicapés, conformément à l'article R. 4225-7, l'employeur peut demander à l'inspecteur du travail de le dispenser de certaines de ces obligations ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la société Les Jardins du Parc a fait l'objet d'une première visite de contrôle de son restaurant situé à Marseille par l'inspection du travail le 13 juin 2019 qui a donné suite à une mise en demeure d'avoir à se conformer à la réglementation en matière de mise à disposition de ses salariés de vestiaires, restée sans effet. A la suite de l'amende infligée à ce titre par une décision du 20 juillet 2021, elle a sollicité de l'inspection du travail le bénéfice d'une dispense d'avoir à mettre à disposition de ses salariés un vestiaire collectif. Si la société Les Jardins du Parc soutient qu'une telle dispense devait lui être accordée en raison d'une impossibilité liée à la configuration des lieux, il n'est nullement établi par les pièces produites qu'elle ne pouvait pas configurer les locaux mis à sa disposition de façon à pouvoir consacrer une surface nécessaire à des vestiaires collectifs, alors qu'il résulte au contraire de l'avis du médecin du travail du 10 décembre 2021 qu'elle avait mis en place des casiers dans l'attente de travaux visant à pourvoir l'établissement de vestiaires complémentaires. La circonstance que le port d'un tablier ne nécessite pas de vestiaire pour se changer est sans incidence sur la légalité de la décision attaqué fondée sur les dispositions du code du travail précitées qui ne comporte pas une telle condition, la société Les Jardins du Parc ayant en tout état de cause fondé sa demande de dispense exclusivement sur la configuration des lieux, et le personnel de cuisine ayant par ailleurs l'obligation de porter un tablier ainsi que des chaussures de sécurité qui constituent des équipements de sécurité individuels. Dans ces conditions, l'administration n'a pas méconnu les dispositions du code du travail précitées en prenant la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société Les Jardins du Parc aux fins d'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 14 décembre 2021 accordant une dispense de vestiaires pour les serveurs en salle, de manière temporaire jusqu'à la fin des travaux et pour un délai de deux mois maximum et a refusé la dispense pour les cuisiniers doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de réduction de l'amende prononcée le 20 juillet 2021 :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 8115-3 du code du travail : " Le montant maximal de l'amende est de 4 000 euros et peut être appliqué autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés par le manquement ".
7. En se bornant à affirmer que onze salariés étaient présents de manière concomitante, les cinq autres étant au repos, la société requérante n'établit nullement que seuls ces onze salariés auraient été concernés par le manquement à ses obligations concernant la mise à disposition de vestiaires collectifs. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur de la DREETS aurait commis une erreur de droit en appliquant le montant de l'amende unitaire à la totalité des salariés de l'entreprise doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 8115-4 du même code : " Pour déterminer si elle prononce un avertissement ou une amende et, le cas échéant, pour fixer le montant de cette dernière, l'autorité administrative prend en compte les circonstances et la gravité du manquement, le comportement de son auteur, notamment sa bonne foi, ainsi que ses ressources et ses charges ".
9. La société requérante conteste la proportionnalité de la sanction d'un montant total de 14 080 euros prononcée à son encontre au motif des difficultés financières qu'elle a rencontrées pendant la crise de la covid-19 et de la vulnérabilité qui en est résultée. La société Les Jardins du Parc n'a toutefois pas établi par des éléments précis la réalité de ses difficultés financières. En outre, en retenant un montant unitaire de 880 euros par salarié, bien en-deçà du plafond de 4 000 euros prévu par les textes, l'administration a tenu compte notamment de l'impact de la crise sanitaire et de la vulnérabilité économique de la requérante dans la fixation de l'amende. Enfin, si une régularisation de la situation constatée postérieurement au contrôle est susceptible d'influer le cas échéant sur le quantum de l'amende, la société requérante indique avoir procédé uniquement à une régularisation partielle, qui au demeurant n'est pas établie par la pièce produite à savoir une facture mentionnant la " fabrication d'un meuble sur mesure ". Dans les circonstances de l'espèce, le montant de l'amende retenue tel qu'il a été précédemment rappelé n'est pas disproportionné.
10. Il résulte de ce qui précède que la société Les Jardins du Parc n'est pas davantage fondée à demander la réduction de l'amende qui lui a été infligée au titre du manquement à ses obligations relatives aux vestiaires collectifs. Ses conclusions à ce titre doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 14 décembre 2021 et à fin de réduction de l'amende prononcée, n'appelle aucune mesure d'exécution par l'administration. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la société requérante doivent être également rejetées.
12. Si la société requérante présente en outre des conclusions à fin de " suspension " de la décision lui infligeant l'amende, elle ne saurait le faire de manière recevable dans la présente instance au fond qui tend à la réduction du montant de l'amende prononcée. En tout état de cause, eu égard à ce qui précède, ses conclusions à fin de suspension de la décision attaquée ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Les Jardins du Parc une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Les Jardins du Parc est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Les Jardins du Parc et à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
M-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2201244
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026