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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2201248

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2201248

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2201248
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP AMIEL - SUSINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoires enregistrés les 11 février 2022 et 14 août 2024, Mme B A, représentée par Me Susini, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 013 041 21 K0011 du 9 août 2021 par lequel le maire de la commune de Gardanne a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Gardanne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son projet est une reconstruction à l'identique au regard de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme et la méconnaissance des articles du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ne peut lui être opposé ;

- en tout état de cause, les motifs de refus sont infondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2022, la commune de Gardanne conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 21 octobre 2024, a été prononcée, en application des articles

R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,

- les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public,

- et les observations de Me Gramaglia, représentant Mme A et de Me Molland représentant la commune de Gardanne.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté n° PC 013 041 21 K0011 du 9 août 2021, le maire de la commune de Gardanne a refusé de délivrer à Mme A un permis de construire en vue de la reconstruction d'une maison individuelle sur la parcelle AA 224 sis 553 chemin de Chabanu. La requérante a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été implicitement rejeté le 13 décembre 2021. Elle demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme : " Dans les zones agricoles, naturelles ou forestières et en dehors des secteurs mentionnés à l'article L. 151-13, les bâtiments d'habitation existants peuvent faire l'objet d'extensions ou d'annexes, dès lors que ces extensions ou annexes ne compromettent pas l'activité agricole ou la qualité paysagère du site ". En outre, aux termes de l'article R. 151-23 du même code : " Peuvent être autorisées, en zone A : / () / 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ".

3. D'autre part, aux termes de l'article A1 du règlement du PLU : " Sont interdits : Toutes constructions, activités ou travaux n'étant pas directement nécessaires à l'exploitation agricole et aux services publics ou d'intérêt collectif et non prévus à l'article 2. / () ".

4. Mme A invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de l'article A1 du règlement du PLU, dès lors qu'il interdit les travaux d'extension si ceux-ci ne sont pas directement nécessaires à l'exploitation agricole contrairement, selon elle, à l'article L. 151-12 du code de l'urbanisme. Toutefois, il résulte tant de ces dispositions que de celles de l'article R. 151-23 du même code que les communes ont la faculté, et non l'obligation, d'autoriser une telle dérogation aux règles strictes de constructibilité en zones agricoles, naturelles ou forestières. Dès lors, la commune de Gardanne a pu légalement ne pas prévoir dans son PLU de telles dérogations. Le moyen tiré de l'illégalité de l'article A1 du règlement du PLU de la commune de Gardanne doit ainsi être écarté.

5. En deuxième lieu, il ressort du dossier de permis de construire, notamment de la notice descriptive, que le projet consiste en la reconstruction à l'identique d'une habitation existante détériorée puis en la surélévation de celle-ci. Toutefois, la requérante ne se prévaut d'aucune activité agricole et n'allègue pas que ces travaux d'extension seraient directement nécessaires à une exploitation agricole au sens de l'article A1 du règlement du PLU. Dans ces conditions, le motif de refus tiré de la méconnaissance de cet article opposé par la commune est fondé et le moyen sera écarté.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le projet consiste à démolir puis à reconstruire une maison d'habitation existante détériorée. Toutefois, il ressort également de la notice descriptive ainsi que des plans de coupes et de façades que la construction fera l'objet d'une surélévation, passant de 5,78 mètres de hauteur au faitage à 7 mètres et de plusieurs modifications des ouvertures, notamment en créant des baies vitrées en lieu et place de fenêtres de petites tailles. Ce projet diffère de l'habitation démolie et comporte des modifications majeures concernant l'aspect extérieur et le volume de la construction. Dans ces conditions, la requérante ne peut se prévaloir des dispositions dérogatoires de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme et le motif de refus fondé sur cette méconnaissance ne peut être censuré.

8. Il résulte de tout ce qui précède que le maire aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ces seuls motifs ci-dessus retenus comme réguliers. Le maire était donc fondé à refuser de délivrer le permis de construire en litige et les conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la requérante sur ce fondement. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sur le même fondement, de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 800 euros à verser à la commune de Gardanne.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera la somme de 1 800 euros à la commune de Gardanne au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Gardanne.

Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Fayard, conseillère,

M. Guionnet Ruault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.

La rapporteure,

Signé

A. FAYARD

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

F. FOURRIER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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