jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201334 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LOPEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 février 2022, le 19 mai 2023 et le 6 août 2023, M. C A, représenté par Me Lopez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 13 janvier 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui faire une offre de prise en charge, de procéder à l'entretien prévu à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui fournir les conditions matérielles d'accueil, sans délai, à compter de la date d'enregistrement de sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire de la décision attaquée était incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ;
- la décision attaquée est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière, en raison d'une part, du défaut d'information prévue à l'article R. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, du défaut d'évaluation de sa vulnérabilité ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence d'entretien de vulnérabilité réalisé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle a été prise sur le fondement de dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui méconnaissent l'article 20 de la directive 2013/33/UE, l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et le droit constitutionnel d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les motifs justifiant le refus des conditions matérielles d'accueil sont inexacts ;
- elle ne prend pas en compte sa vulnérabilité, en méconnaissance des articles 21 et 22 de la directive 2013/33/UE ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa vulnérabilité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juin 2023 et 29 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Delzangles,
- les conclusions de Mme Dyèvre, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant nigérian, a présenté, le 23 juin 2021, auprès du guichet de la préfecture des Bouches-du-Rhône, une demande d'asile et a accepté à cette même date les conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 24 août 2021, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Marseille a prononcé la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que le requérant avait refusé une proposition d'hébergement le 4 août 2021. Par une décision du 13 janvier 2022, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil du requérant. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 juillet 2023, il n'y a pas lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente ". L'article L. 552-8 du même code dispose que : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. /Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II, ainsi que des capacités d'hébergement disponibles et de la part des demandeurs d'asile accueillis dans chaque région ". L'article L. 552-9 du même code précise que " Les décisions d'admission dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile ainsi que les décisions de changement de lieu, sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur ".
4. D'autre part, l'article L. 551-15 du même code dispose que : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". L'article L. 551-16, pour sa part, prévoit que : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / 1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".
5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que dans le cas où les conditions matérielles d'accueil initialement proposées au demandeur d'asile ne comportent pas encore la désignation d'un lieu d'hébergement, dont l'attribution résulte d'une procédure et d'une décision particulières, le refus par le demandeur d'asile de la proposition d'hébergement qui lui est faite ultérieurement doit être regardé comme un motif de refus des conditions matérielles d'accueil entrant dans le champ d'application de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non comme un motif justifiant qu'il soit mis fin à ces conditions relevant de l'article L. 551-16 du même code. Il en va ainsi alors même que le demandeur avait initialement accepté, dans leur principe, les conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été proposées.
6. Par ailleurs, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision du 24 août 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Marseille a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil au motif que M. A avait refusé une proposition d'hébergement le 4 août 2021 constitue une décision de refus d'accorder à ce dernier les conditions matérielles d'accueil.
8. Il ressort des pièces du dossier que, le 12 janvier 2022, M. A a formé auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil qui, eu égard à ce qui vient d'être dit, doit être regardée comme un recours gracieux de l'intéressé contre la décision de refus de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Par conséquent, la décision du 13 janvier 2022 de la directrice territoriale de l'Office constitue une décision de rejet du recours gracieux de M. A et l'intéressé doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 24 août 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
9. En premier lieu, par une décision du 1er janvier 2020, régulièrement publiée sur le site internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le directeur général de l'Office a accordé une délégation de signature à Mme B D, directrice territoriale à Marseille, à l'effet de signer toutes décisions relatives aux missions dévolues à cette direction territoriale par la décision du 31 décembre 2013, au nombre desquelles figurent les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
10. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci vise l'article 20.1 de la directive n°2013/33/UE du 26 juin 2013 et l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. La décision énonce par ailleurs les motifs ayant conduit la directrice territoriale de l'Office à refuser à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à savoir que l'intéressé a refusé une proposition d'hébergement le 4 août 2021. Ainsi, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 551-23 du même code : " Les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil sont précisées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'offre de prise en charge dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend ".
12. Le formulaire d'offre de prise en charge produit en défense par l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été signé par le requérant le 23 juin 2021 et mentionne qu'il " certifie avoir été informé dans une langue [qu'il comprend] des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil ". M. A ne produit aucun commencement de preuve de nature à douter de l'exactitude de cette mention et dont il ne conteste d'ailleurs pas l'existence. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que durant l'entretien d'évaluation de vulnérabilité ainsi que lors de l'entretien individuel réalisé le même jour en préfecture, le requérant s'est exprimé, en présence d'un interprète, en langue anglaise, langue officielle du Nigéria où l'intéressé a vécu près de 32 ans, sans qu'il ne fasse valoir de difficultés de compréhension ou encore d'inexactitudes ou d'incomplétudes dans les informations recueillies et communiquées à cette occasion. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme ayant bénéficié d'une information complète sur ses droits et les modalités de l'offre de sa prise en charge en tant que demandeur d'asile dans une langue dont il est raisonnable de penser qu'il la comprenait. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'un vice de procédure tiré d'une part du défaut d'information de l'offre de prise en charge prévue par l'article L. 551-9 précité.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil () ".
14. Si M. A soutient tout d'abord que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à l'évaluation de sa vulnérabilité comme le prévoient les dispositions précitées, la fiche d'évaluation de vulnérabilité produite en défense, datée du 23 juin 2021 et signée par le requérant, atteste du contraire. S'il fait valoir également qu'en l'absence d'interprète en langue igbo, l'évaluation de sa vulnérabilité, qui n'a pas eu lieu dans sa langue maternelle, méconnait des dispositions précitées de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que ce moyen doit être écarté.
15. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que le motif de la décision du 24 août 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de M. A est fondée sur ce que l'intéressé n'aurait pas accepté la proposition d'hébergement qui lui a été faite par l'Office le 23 juillet 2021. Pour contester ce motif, M. A se borne à soutenir qu'il n'aurait pas reçu d'appel téléphonique lui proposant un hébergement. Cependant, il ressort des éléments produits en défense que, dès lors que le requérant n'avait pas fourni de numéro de téléphone, la proposition d'hébergement a été adressée par courriel le 23 juillet 2021 au SPADA de Marseille vers lequel le requérant a accepté d'être orienté lors de l'enregistrement de sa demande d'asile et où il était domicilié. Il ressort également des échanges de courriels intervenus entre l'Office français de l'immigration et de l'intégration et le SPADA de Marseille que M. A ne s'est pas rendu au SPADA entre le 23 juillet 2021, date à laquelle l'hébergement lui a été proposé, et le 4 août 2021, date à laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a constaté le refus de la proposition d'hébergement par le requérant et lui a notifié son intention de mettre un terme aux conditions matérielles d'accueil, alors qu'il était pourtant tenu de s'y présenter pour les besoins de son accompagnement et qu'il ne fait valoir dans ses écritures aucune difficulté susceptible de justifier une impossibilité de s'y rendre à cette période. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait fondée sur un motif inexact.
16. En sixième lieu, aux termes de l'article 7 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale : " () / 3. Les États membres peuvent prévoir que, pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil, les demandeurs doivent effectivement résider dans un lieu déterminé fixé par les États membres. Ces décisions, qui peuvent être à caractère général, sont prises au cas par cas et fondées sur le droit national ". Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE : " Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
17. Les dispositions de l'article 20 de la directive 2013/33/UE, qui précisent les cas dans lesquels les États membres peuvent limiter ou retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ne font pas obstacle à ce que les États membres subordonnent, conformément au troisième paragraphe de l'article 7 de la même directive, l'octroi des aides matérielles aux demandeurs d'asile à l'acceptation d'une offre d'hébergement dans un lieu déterminé. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'est prévue, pour chaque hypothèse de refus ou de suspension des conditions matérielles d'accueil, la possibilité pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'y procéder totalement ou partiellement, en tenant compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé les conditions matérielles d'accueil est fondée sur des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui méconnaitraient l'article 20 de la directive 2013/33/UE et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. Par ailleurs, le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. S'il implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit, en principe, autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande, ce droit s'exerce dans les conditions définies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit constitutionnel d'asile doit être écarté.
19. En septième lieu, aux termes de l'article 21 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " Dans leur droit national transposant la présente directive, les États membres tiennent compte de la situation particulière des personnes vulnérables () ". Aux termes de l'article 22 de la même directive " 1. Aux fins de la mise en œuvre effective de l'article 21, les États membres évaluent si le demandeur est un demandeur qui a des besoins particuliers en matière d'accueil. Ils précisent en outre la nature de ces besoins () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines ".
20. Si M. A soutient que sa vulnérabilité est réelle dès lors qu'il est sans domicile fixe, sans emploi et atteint de graves troubles psychiatriques, il indique dans ses écritures bénéficier d'un hébergement d'urgence depuis août 2021 et ne produit aucun élément susceptible d'étayer sa situation de vulnérabilité, notamment les graves troubles psychiatriques dont il dit souffrir. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est entachée d'une erreur d'appréciation de sa vulnérabilité.
21. En huitième lieu, il ne ressort ni des mentions de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier, que la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'aurait pas procédé à un examen de la situation particulière de M. A, au regard des éléments portés à sa connaissance, avant de refuser de lui accorder les conditions matérielles d'accueil. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A a fins d'annulation de la décision du 24 août 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Marseille lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 13 janvier 2022, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. A n'est pas admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Delzangles
Le président,
signé
P-Y. GonneauLa greffière,
signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
220133422013343
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026