mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201424 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TRIQUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 février et 8 décembre 2022, le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Le Parc des Roses ", représenté par Me Rosenfeld, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2021 par lequel la maire de la commune d'Aix-en-Provence a délivré à la société par actions simplifiée Les Orchidées, sur un terrain situé au n° 250 chemin de l'Espero sur le territoire de ladite commune, le permis d'aménager un lotissement de cinq lots dont quatre à bâtir, ainsi que la décision ayant rejeté son recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a qualité et intérêt pour agir ;
- l'arrêté méconnaît l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme en l'absence d'avis du service de la voirie ;
- au regard de l'avis émis par Enedis, il méconnaît également l'article L. 111-11 du même code ;
- au regard du risque incendie de forêt, le projet est contraire aux exigences de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme communal ;
- la demande est entachée de fraude, dès lors qu'elle mentionne l'existence d'une servitude que la pétitionnaire savait juridiquement inexacte au regard du jugement relatif à la même problématique déjà rendu par le présent tribunal ;
- l'arrêté méconnaît l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme dès lors qu'il a mis à la charge exclusive de la pétitionnaire le financement du renforcement du réseau public d'électricité en dehors de toute convention de projet urbain partenarial.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête, au besoin après application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, la société par actions simplifiée Les Orchidées, représentée par Me Triqui, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire au sursis à statuer dans l'attente d'un permis d'aménager modificatif, en tout état de cause à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le syndic ISP n'avait pas qualité pour agir à la date du recours gracieux, ce qui n'a pu prolonger le délai de recours contentieux ;
- le procès-verbal de l'assemblée générale réunie le 31 janvier 2022 n'a pu donner à ce syndic mandat pour agir ;
- le syndic n'a pas intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté pour la commune d'Aix-en-Provence, a été enregistré le 18 janvier 2023 mais n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 19 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, que le tribunal pourrait juger que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme communal est fondé, estimer que cette illégalité est susceptible d'être régularisée et, en conséquence, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois qu'il accorderait pour cette régularisation.
En réponse à la lettre d'information relative à l'emploi éventuel de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, la société pétitionnaire Les Orchidées a présenté des observations par une lettre enregistrée le 26 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public ;
- les observations de Me Tosi pour la commune d'Aix-en-Provence et celles de Me Triqui pour la société Les Orchidées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 août 2021, la maire d'Aix-en-Provence a délivré à la société par action simplifiée Les Orchidées le permis d'aménager en cinq lots, dont quatre à bâtir et un lot dédié à la voirie et aux espaces communs, une parcelle cadastrée PT n° 0238 couvrant une superficie totale de 2 714 m² et située au chemin de l'Espero, en zone UM du règlement du plan local d'urbanisme de ladite commune. Le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier Le Parc des Roses demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En ce qui concerne la capacité pour agir :
2. Dans sa rédaction applicable en l'espèce, l'article 55 du décret du 17 mars 1967, pris pour l'application de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, dispose, aux termes de ses deux premiers alinéas : " Le syndic ne peut agir en justice au nom du syndicat sans y avoir été autorisé par une décision de l'assemblée générale. // Seuls les copropriétaires peuvent se prévaloir de l'absence d'autorisation du syndic à agir en justice. ". Dès lors, il n'appartient pas à la société pétitionnaire, qui n'indique pas être copropriétaire au sein de la résidence Le Parc des Roses, de contester l'absence d'autorisation du syndic à agir en justice.
3. Par ailleurs, si la pétitionnaire fait valoir que le mandat donné par l'assemblée générale des copropriétaires de la résidence Le Parc des Roses au conseil pour agir en justice portait sur un permis de construire et non un permis d'aménager, cette erreur de plume n'est pas de nature à rendre la requête irrecevable, alors, en outre, que les articles 4 et 6 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques précisent que, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires excluant l'application d'un tel principe dans les cas particuliers qu'elles déterminent, les avocats ont qualité pour représenter leurs clients devant les administrations publiques et les juridictions notamment administratives sans avoir à justifier du mandat qu'ils sont réputés avoir reçu de ces derniers, dès lors qu'ils déclarent agir pour leur compte.
En ce qui concerne l'intérêt pour agir :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous les éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat, justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Il en va de même lorsque le requérant est un syndicat de copropriétaires.
6. Le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier Le Parc des Roses doit être regardé comme un voisin immédiat du projet, dès lors que le tènement supportant la résidence est limitrophe de la parcelle d'assiette du projet et que fenêtres et balcons de deux de ses bâtiments donnent sur ce terrain d'assiette. Outre la modification de l'environnement visuel des habitants de ces bâtiments, dès lors que le permis d'aménager en litige prévoit la construction de quatre maisons à usage d'habitation au lieu de la seule existant actuellement, le syndicat fait valoir l'augmentation du trafic sur la voie de desserte de la parcelle d'assiette du projet, qui traverse le tènement de la résidence, et les nuisances sonores qui en découleront. Ces éléments suffisent à donner au syndicat requérant intérêt à poursuivre l'annulation de l'autorisation en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être rejetées.
Sur les conclusions en annulation :
8. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".
9. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au projet se fait par une voie privée et que, de plus, le projet n'entraîne aucune modification du débouché de cette voie privée sur la voie publique du chemin de l'Espero. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-53 précité doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire () est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : () / b) Dans un périmètre où des mesures de sauvegarde prévues par le deuxième alinéa de l'article L. 424-1 peuvent être appliquées, lorsque ce périmètre a été institué à l'initiative d'une personne autre que la commune ". Il ne résulte pas de ces dispositions que le champ d'application d'un document d'urbanisme intercommunal en cours d'élaboration ou de révision constitue, dans son ensemble et en lui-même, un périmètre au sein duquel le maire compétent pour délivrer les autorisations d'urbanisme sur le territoire de sa commune serait tenu de recueillir l'avis conforme du préfet sur toutes ces autorisations. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la métropole, auteur du PLUi en cours d'élaboration, aurait envisagé d'instituer un périmètre destiné à la mise en œuvre des sursis à statuer. Dès lors, doit être écarté le moyen tiré de ce que, faute pour le maire d'avoir sollicité l'avis du préfet prévu aux dispositions précitées, la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés ". Par ailleurs, l'article L. 332-6 du même code dispose : " Les bénéficiaires d'autorisations de construire ne peuvent être tenus que des obligations suivantes : (..)/ 3° La réalisation des équipements propres mentionnées à l'article L. 332-15 ;() ". Enfin l'article L. 332-158 dispose : " L'autorité qui délivre l'autorisation de construire, d'aménager, ou de lotir exige, en tant que de besoin, du bénéficiaire de celle-ci la réalisation et le financement de tous travaux nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction, du terrain aménagé ou du lotissement, notamment en ce qui concerne la voirie, l'alimentation en eau, gaz et électricité, ().// Les obligations imposées par l'alinéa ci-dessus s'étendent au branchement des équipements propres à l'opération sur les équipements publics qui existent au droit du terrain sur lequel ils sont implantés et notamment aux opérations réalisées à cet effet en empruntant des voies privées ou en usant de servitudes.// () // L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures.//() ".
12. Il ressort de l'avis d'Enedis qu'une contribution financière d'un montant de 4 735,96 euros est " due par la collectivité en charge de l'urbanisme à Enedis ", en raison des travaux nécessaires pour raccorder le terrain d'assiette au réseau d'électricité. Cependant, ce même avis d'Enedis précise que ces travaux impliquent une extension du réseau de 20 mètres seulement et le requérant ne produit au dossier aucun élément de nature à établir que, comme il l'allègue, ce raccordement nécessiterait un renforcement de la puissance électrique du réseau. Par suite, contrairement à ce que prétend le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet entre dans le champ d'application de l'article L. 111-11 précité, ni qu'en mettant à la charge de la pétitionnaire dans la décision attaquée le montant de la contribution financière demandée par Enedis, la maire d'Aix-en-Provence a méconnu l'article L. 332-6 précité. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions doivent être écartés.
13. En quatrième lieu, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
14. Si le requérant soutient que la voirie interne envisagée sur le terrain d'assiette du permis d'aménager attaqué ne permettrait pas l'intervention des véhicules de secours, en raison de la configuration de ladite voirie, qui ne respecterait pas le rayon de braquage préconisé par le porter à connaissance préfectoral relatif aux terrains soumis à un risque de feu de forêt, il n'établit pas ces allégations, qui, en outre, sont contredites par les pièces du dossier s'agissant de l'aire de retournement. De plus, à supposer même que ces allégations soient avérées s'agissant du virage d'entrée sur la voirie interne, le requérant ne démontre pas que le non-respect de la recommandation sus-évoquée du porter à connaissance entacherait le permis en litige d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 précité.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article UM3, relatif aux accès et voirie du règlement du plan local d'urbanisme communal, " 2 - Caractéristiques des voiries:/ 1-Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies* publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination* de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets ".
16. Il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit plus haut, une voie privée partant de la voie publique du chemin de l'Espero dessert la parcelle d'assiette du projet en traversant la parcelle appartenant au syndicat requérant. Cependant, quand bien même cette voie existe matériellement depuis des décennies, et la propriétaire de la parcelle d'assiette du projet, enclavée, aurait le droit de se voir reconnaître une servitude de passage par le juge judiciaire compétent, il est constant qu'à la date de l'arrêté en litige, aucun acte notarié ne portait constitution d'une telle servitude, ni n'est d'ailleurs intervenu depuis. Dans ces conditions, la voie desservant le projet n'ayant pas d'existence juridique, et la maire d'Aix-en-Provence n'ayant pas assorti l'arrêté en litige d'une prescription tenant à la délivrance d'une telle servitude de passage, le requérant est fondé à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article UM3. Il n'est, en revanche, pas fondé à soutenir que ledit permis serait entaché d'une fraude relative à l'absence de voie de desserte, alors que le dossier de demande indiquait clairement que la servitude de passage était en cours de constitution.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
17. Selon l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. () ".
18. Au regard de l'illégalité constatée au point 16 du présent jugement, il y a lieu d'annuler l'arrêté du 26 août 2021 seulement en tant que la maire d'Aix-en-Provence ne l'a pas assorti d'une prescription particulière portant production par la pétitionnaire, au plus tard au dépôt de la déclaration d'ouverture du chantier, d'un acte authentique de servitude assurant de l'existence juridique de la desserte projetée. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer de délai pendant lequel la pétitionnaire pourra demander ainsi la régularisation de l'autorisation délivrée.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par la société Les Orchidées et par la commune d'Aix-en-Provence sur ce fondement. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des défenderesses une quelconque somme demandée par le requérant au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 août 2021 par lequel la maire d'Aix-en-Provence a délivré à la société Les Orchidées le permis d'aménager une parcelle cadastrée PT n° 0238 sur le territoire de ladite commune est annulé en tant que ladite maire n'a pas assorti cette autorisation d'urbanisme d'une prescription particulière permettant d'assurer, comme indiqué dans les motifs du présent jugement, le respect des dispositions de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme communal relatives à la voie de desserte du projet.
Article 2 : Les conclusions présentées par toutes les parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier " Le Parc des Roses ", à la société par actions simplifiée Les Orchidées et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- Mme Ridings, conseillère,
assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026