mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2022, M. A B, représenté par Me Zandotti, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2022 de la préfète de police des Bouches-du-Rhône portant, pour une durée de douze mois, d'une part, interdiction administrative de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une manifestation sportive de l'équipe de football de l'Olympique de Marseille et, d'autre part, obligation de pointage à la mi-temps de chaque match de cette équipe ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas pu faire valoir ses observations sur les faits reprochés ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a jamais été condamné et que ce fait unique et isolé, dont la matérialité n'est pas parfaitement établie, n'apparait pas suffisamment grave pour établir l'existence d'une menace à l'ordre public ;
- il est entaché d'un détournement de procédure;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où, compte tenu de l'absence d'antécédents le concernant et de son statut d'étudiant, une interdiction administrative de stade d'une durée de 12 mois avec obligation de pointage est disproportionnée ;
- l'obligation de pointage porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit d'étudier et d'exercer une activité professionnelle ;
- cette obligation doit pouvoir être aménagée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, la préfète de police des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 janvier 2022, la préfète de police des Bouches-du-Rhône a interdit à M. B, sur le fondement de l'article L. 332-16 du code du sport, pour une durée de douze mois, de pénétrer ou de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une manifestation sportive de l'équipe de football de l'Olympique de Marseille et lui a fait obligation de pointage à la mi-temps de chaque match de cette équipe. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 332-16 du code du sport, dans sa version alors en vigueur : " Lorsque, par son comportement d'ensemble à l'occasion de manifestations sportives, par la commission d'un acte grave à l'occasion de l'une de ces manifestations, du fait de son appartenance à une association ou un groupement de fait ayant fait l'objet d'une dissolution en application de l'article L. 332-18 ou du fait de sa participation aux activités qu'une association ayant fait l'objet d'une suspension d'activité s'est vue interdire en application du même article, une personne constitue une menace pour l'ordre public, le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, prononcer à son encontre une mesure d'interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où de telles manifestations se déroulent ou sont retransmises en public. L'arrêté, valable sur le territoire national, fixe le type de manifestations sportives concernées. Il ne peut excéder une durée de vingt-quatre mois. Toutefois, cette durée peut être portée à trente-six mois si, dans les trois années précédentes, cette personne a fait l'objet d'une mesure d'interdiction. Le représentant de l'Etat dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent également imposer, par le même arrêté, à la personne faisant l'objet de cette mesure l'obligation de répondre, au moment des manifestations sportives objet de l'interdiction, aux convocations de toute autorité ou de toute personne qualifiée qu'il désigne. Le même arrêté peut aussi prévoir que l'obligation de répondre à ces convocations s'applique au moment de certaines manifestations sportives, qu'il désigne, se déroulant sur le territoire d'un Etat étranger. Cette obligation doit être proportionnée au regard du comportement de la personne. Le fait, pour la personne, de ne pas se conformer à l'un ou à l'autre des arrêtés pris en application des alinéas précédents est puni d'un an d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende () ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 332-16 du code du sport que, pour caractériser une menace à l'ordre public, hormis les cas où une personne appartient à une association de supporters ou participe aux activités de cette dernière, le préfet peut se fonder soit sur le comportement d'ensemble de cette personne à l'occasion de plusieurs manifestations sportives soit sur la commission d'un acte grave à l'occasion de l'une de ces manifestations. Lorsque l'autorité administrative fonde sa décision sur le comportement de la personne à l'occasion d'une seule manifestation sportive, les agissements reprochés doivent nécessairement présenter un caractère de gravité particulier.
4. En premier lieu, par un courrier du 29 novembre 2021, l'administration a informé M. B qu'il était envisagé de prononcer à son encontre une mesure d'interdiction de pénétrer et de se rendre aux abords d'une enceinte où se déroule une manifestation sportive de l'Olympique de Marseille, que celle-ci pourrait être assortie de l'obligation de répondre aux convocations de toute autorité désignée au moment des manifestations sportives objet de cette interdiction et qu'il avait la possibilité de présenter ses observations dans un délai de dix jours à compter de la date de notification du courrier. Il ressort des pièces du dossier que, si la date de présentation figurant sur l'avis de réception produit en défense n'est pas lisible, les mentions de ce document indiquent que le courrier du 29 novembre 2021 a été adressé en recommandé à l'adresse de M. B et qu'il a été retourné à l'administration le 20 décembre 2021 revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". Par suite, il doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié au requérant au plus tard le 5 décembre 2021. Le moyen tiré de l'absence du respect du principe du contradictoire doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, M. B n'apporte aucun élément à l'appui de sa contestation de la matérialité des faits reprochés alors que ceux-ci, qui consistent en des violences verbales et physiques à l'encontre de personnes dépositaires de l'autorité publique dans l'enceinte du stade Vélodrome à l'occasion d'un match Marseille/Rome le 4 novembre 2021, sont précisément relatés par un rapport de la direction départementale de la sécurité publique du 16 novembre 2021. La circonstance que M. B n'aurait pas fait l'objet d'une condamnation pénale pour ce motif avant le prononcé de l'arrêté litigieux est sans incidence sur l'établissement de cette matérialité. Par ailleurs, le fait d'insulter des policiers et de porter des coups de poing et de pied sur un bouclier utilisé par un membre des forces de l'ordre présente un caractère de gravité particulier et révèle un comportement de l'intéressé constituant une menace pour l'ordre public. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône était fondé à prendre une mesure de police administrative à son encontre sur le fondement des dispositions de l'article L. 332-16 du code du sport. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.
6. En troisième lieu, le moyen tiré du détournement de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé.
7. En quatrième lieu, eu égard, en particulier, au comportement violent dont a fait preuve M. B vis-à-vis des forces de l'ordre, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas, en prononçant à son encontre une interdiction administrative de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où se déroulent des manifestations sportives de l'équipe de l'Olympique de Marseille pour une durée de douze mois et en assortissant cette interdiction d'une obligation de pointage, entaché sa décision d'une erreur d'appréciation, étant précisé que la durée d'une telle interdiction peut aller jusqu'à vingt-quatre mois par application des dispositions de l'article L. 332-16 du code du sport.
8. En cinquième lieu, l'obligation de répondre, pendant les manifestations faisant l'objet d'une interdiction de stade, aux convocations d'une autorité répond à la nécessité de sauvegarder l'ordre public. La mesure n'entraîne aucune privation de liberté individuelle et porte à la liberté d'aller et venir une atteinte limitée et proportionnée à l'objectif poursuivi.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026