vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2201664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MOLINA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 février 2022 et le 24 mars 2022 , M. A F E, représenté par Me Emmanuel Molina, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices qu'il a subis des suites d'une chute sur la voie publique dont il expose avoir été victime, le 22 juin 2021, alors qu'il circulait à vélo au niveau du passage piéton situé boulevard de la République à Jouques et de mettre à la charge de la commune de Jouques et du Conseil général des Bouches-du-Rhône la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'un accident de vélo, le 22 juin 2021, au niveau du passage piéton situé boulevard de la République à Jouques ;
- cette chute provient de la présence d'eau qui ruisselle le long du trottoir et qui provient de la fontaine située à proximité du lieu de l'accident et qui a été constatée par constat d'huissier le 3 janvier 2022 ;
- cette chute a engendré une fracture du col fémoral gauche ayant fait l'objet d'un arrêt de travail de 2 mois qui s'est prolongé jusqu'au 31 août 2021, d'une incapacité totale de travail d'une durée de 45 jours, d'une reprise de son travail à compter du 21 juillet 2021 qui s'est résultée par un aménagement de son travail suite à des douleurs persistantes des suites de l'accident ;
- il a demandé une indemnisation pour défaut d'entretien de la fontaine auprès de la commune de Jouques et du conseil général des Bouches-du-Rhône qui a fait l'objet d'une réponse implicite de rejet née du 18 janvier 2022 pour la première et d'un rejet explicite du conseil général des Bouches-du-Rhône au motif que seule la commune est responsable des conséquences préjudiciables de cet accident ;
- la mise en cause du département est utile en qualité de gérant du domaine public routier départemental et sa responsabilité est susceptible d'être engagée pour défaut d'entretien normal de la route nationale ;
- la mission sollicitée par le département comme suit : " s'interroger et apprécier la relation de cause à effet entre la chute et les conséquences médico-légales alléguées par M. E A " ne relève pas de la compétence de l'expert judiciaire puisque cela revient à confier à l'expert une question juridique ;
- aucune faute n'a été commise de sa part ce qui rend la commune et le département responsable de cet accident ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2022, le département de Bouches-du-Rhône, représenté par Me Nicolas Fouilleul, conclut :
1°) à titre principal, que les conséquences de l'accident dont a été victime M. E ne peut être mis à sa charge et qu'il doit être mis hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et de garantie quant aux causes et conséquences de la chute du 22 juin 2021, d'amender la mission de l'expert en prenant connaissance de l'ensemble des documents médicaux et des suites opératoires subi par M. E mais aussi d'apprécier la relation de cause à effet entre la chute et les conséquences médico-légales alléguées par M. E.
3°) condamner M. E à prendre en charge les frais d'expertise, de rejeter toutes autres demandes, fins et conclusions et de réserver les dépens.
Il soutient que :
- sa responsabilité ne peut être retenue, à titre principal, en raison du mauvais entretien et de la défectuosité de la fontaine appartenant à la commune et non d'un mauvais entretien de la voie dont il a la gestion au regard du ruissellement de l'eau provenant de la fontaine qui est de la responsabilité de la commune et non du mauvais entretien de la voie ;
- à titre subsidiaire, sa responsabilité ne peut être retenue en raison de la faute de M. E qui avait parfaitement connaissance de la dangerosité de ce lieu et qui s'est montré imprudent ;
La requête a été régulièrement communiquée à la commune de Jouques qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset, vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la mise hors du département des Bouches-du-Rhône :
1. Au soutien de sa demande de mise hors de cause, le département des Bouches-du-Rhône fait valoir que la flaque d'eau qui est à l'origine du dommage selon le requérant provient du mauvais entretien de la fontaine appartenant à la commune de Jouques. Toutefois, la présence aux opérations d'expertise du département des Bouches-du-Rhône est susceptible d'éclairer les travaux de l'expert, dès lors que M. E a chuté sur une route départementale. Dans ces conditions, le département n'est pas manifestement étranger au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En outre l'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause, tous droits et moyens des parties étant expressément réservés. Par suite, la demande tendant à la mise hors de cause du département des Bouches-du-Rhône doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. En outre, une mesure d'expertise ne saurait être ordonnée si elle tend à soumettre à l'expert une question de droit.
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.
4. M. E a été victime d'une chute à vélo sur la voie publique, le 22 juin 2021, alors qu'il rendait à son garage, boulevard de la République à Jouques, qu'il impute à une importante flaque d'eau qui se trouvait à cet endroit, sur la voirie départementale. En l'état de l'instruction, au vu notamment du constat d'huissier en date du 3 janvier 2022, qui fait état de la présence de cette flaque d'eau, il ne résulte pas de l'instruction qu'il n'existerait manifestement pas de lien de causalité entre cette chute et la présence d'une flaque sur la voie publique. L'existence de ce défaut d'entretien normal, des responsabilités encourues et une éventuelle faute de la victime, de nature à exonérer totalement ou partiellement la responsabilité du département des Bouches-du-Rhône relèvent de la seule appréciation du juge du fond dans la perspective d'un recours en responsabilité. Au stade de la procédure en référé, qui avant tout procès au fond ne tend qu'à ordonner toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, les moyens soulevés ne sauraient faire obstacle à la mesure sollicitée. Dans ces conditions, la mesure d'expertise judiciaire demandée par M. E revêt le caractère d'utilité requis par les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Ainsi, il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise judiciaire et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais d'instance :
5. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Jouques et du Conseil général des Bouches-du-Rhône la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais d'expertise :
6. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction que le département des bouches-du Rhône ordonne. Par suite, les conclusions présentées en ce sens doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1: Les conclusions du Département des Bouches-du-Rhône tendant à sa mise hors de cause sont rejetées.
Article 2: Le docteur C D, exerçant 14 rue de la Fourane à Aix-en-Provence (13090), est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :
1°) examiner M. E et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) décrire l'état de santé de M. E, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; dire si chacune des lésions constatées est la conséquence de l'accident survenu le 22 juin 2021 ou d'un état antérieur ou postérieur ; décrire la nature des blessures et leur importance ;
3°) déterminer les dates de consolidation des pathologies de M. E, donner son avis sur les taux d'incapacité temporaire et permanent résultant des pathologies dont le requérant est atteint, en tranchant, le cas échéant, la question de l'imputabilité ;
4°) d'indiquer les soins, traitements et interventions dont M. E a fait l'objet ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles ;
5°) Préciser la nature et évaluer l'importance de l'ensemble des préjudices de M. E liés à ses pathologies en se prononçant sur l'existence, le taux et la durée des déficits fonctionnels temporaires, l'existence, le taux et la durée des déficits fonctionnels permanents, sur les souffrance endurées, sur le préjudice d'agrément, sur le préjudice moral, sur les préjudices esthétiques temporaire et permanent, sur le préjudice sexuel et, d'une manière générale, sur tous les chefs de préjudice particuliers patrimonial ou extrapatrimonial ;
6°) Déterminer si l'état de M. E est susceptible de modifications, en aggravation ou en amélioration : dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et si un nouvel examen est nécessaire d'en indiquer le délai ;
7°) déterminer si l'état de santé de M. E est compatible avec une reprise de travail, et dans l'affirmative, quels sont les aménagements envisagés et à quelle date ;
8°) d'une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices subis.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Jouques, au département des Bouches-du-Rhône et à M. E.
Fait à Marseille, le 7 octobre 2022.
La juge des référés,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026