LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2201811

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2201811

lundi 17 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2201811
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL PROVANSAL - D'JOURNO - GUILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 mars 2022 et le 8 avril 2022, la commune de Grans, représentée par Me Gilbert Sindres, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, d'ordonner une expertise portant sur des désordres affectant la maison médicale de Grans située sur la parcelle AT n° 162 rue de l'enclos, 13450 Grans, de mettre à la charge des intervenants à l'opération de construction les frais afférents à cette expertise et de condamner solidairement la maîtrise d'œuvre, le bureau de contrôle ainsi que les titulaires des lots n°2 et n°7 à la somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.

Elle soutient que :

- de nombreux désordres ont été constatés entre novembre et février 2022 dont les plus importants ont porté sur la présence de moisissures et de forte humidité dans les locaux du rez-de-chaussée, la présence d'eau dans la fosse d'ascenseur et la présence d'infiltrations dans les locaux du rez-de-chaussée avec une amplification de celles-ci lors des pluies ;

- un débordement du canal de Craponne en date du 25 décembre 2021 a de nouveau occasionné des infiltrations au rez-de-chaussée ainsi que dans la fosse de l'ascenseur ;

- une visite du 3 janvier 2022 a permis de constater de nombreux désordres tels que des moisissures, des infiltrations dans plusieurs parties du bâtiment, une chute de plusieurs parties du mur extérieur et une usure anormale du revêtement des sols ;

- les travaux extérieurs d'aménagement des caniveaux ne sont toujours pas finalisés ;

- des difficultés d'acoustiques ont pu être constatées provenant d'un défaut de conformité de l'ouvrage aux prescriptions du CCTP sur le lot n°7 ce qui la rend également impropre à sa destination. Toutefois elle admet que le nouveau mode constructif permet potentiellement de satisfaire les exigences règlementaires sans atteindre le niveau de performance visé par le CCTP ;

- il est indispensable que la société Ingenierie participe aux opérations d'expertise puisque la mission relatif à la mise en cohérence technique des documents fournis par les opérateurs économiques chargés des travaux (mission VISA) incombait à cette société et concernait notamment la mise en cohérence technique des documents fournis par les opérateurs économiques chargés des travaux, la mise en conformité des plans d'exécution aux pièces contractuelles dont le CCTP et participait également à une partie de la mission de diagnostic (DIA) ;

- la mesure d'expertise doit être étendue à tout désordre susceptible d'être constaté sur l'ouvrage puisqu'il représente un intérêt certain pour le contentieux à venir ;

- l'épisode pluvial du 30 novembre 2021 et le débordement du canal de Craponne du 25 décembre 2021 n'ont fait que révéler des désordres dans toute leur ampleur, postérieurement à des premiers constats qui auraient dû alerter l'équipe de maitrise d'œuvre ainsi que l'ensemble des professionnels présents sur le chantier ;

- l'absence de réalisation de la mission de la société 3 GK à son terme et les manquements constatés dans le suivi des travaux ont abouti à une suspension des paiements à titre conservatoire ;

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2022, la société OTIS, représentée par Me Elise Ortholland, demande au juge des référés de la mettre hors de cause et, à titre subsidiaire, de prendre acte de ses protestations et réserves.

Elle soutient que le dysfonctionnement de l'ascenseur provient des inondations de la fosse.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 31 mars 2022 et le 3 mai 2022, la société 3 GK conception, représentée par Me Guillemette Magnan de Margerie, demande au juge des référés de :

1°) rejeter la demande d'expertise telle qu'elle est formulée dans la requête de la commune avec l'adverbe " notamment " ;

2°) rejeter la demande tendant à ce qu'il soit ordonné à l'expert de signaler tous désordres non-conforme au CCTP et aux règles de l'art complémentaires à ceux déjà listés par la Commune de Grans ;

3°) dans l'hypothèse où l'expertise serait ordonnée, prendre acte de ses plus expresses protestations et réserves sur la mesure d'instruction sollicitée, limiter l'expertise aux seules désordres expressément listés dans la requête en référés enregistrée le 2 mars 2022 ;

4°) ajouter les chefs de mission suivants :

- " Dire si les travaux de dévoiement du canal de Craponne et les travaux de voirie réalisés par la commune de Grans au droit de la maison médicale peuvent être à l'origine des infiltrations alléguées dans la requête de la Commune de Grans ;

- Dire si les désordres d'infiltrations alléguées peuvent provenir d'un épisode de catastrophe naturelle ou tout autre évènement météorologiques intense ou exceptionnels ;

- Faire le compte entre les parties " ;

5°) enjoindre à la commune de Grans de communiquer les pièces techniques et administratives afférentes aux travaux de dévoiement du canal de Craponne et aux travaux de voirie et de communiquer l'identité de son assureur au titre des garanties catastrophes naturelles et au titre des garanties tempêtes, ouragans, cyclones ;

6°) dire que les opérations d'expertises se dérouleront au contradictoire de la société ST Ingenierie et de la société Otis ;

7°) rejeter la demande de la commune de Grans tendant à mettre à la charge des intervenants l'opération de construction les frais afférents à cette expertise ;

8°) rejeter la demande de la commune de Grans sollicitant notamment la condamnation de la maitrise d'œuvre à lui régler la somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.

Elle soutient que :

- la requête de la commune de Grans avec l'adverbe " notamment " reviendrait à ordonner une expertise sur la base d'éléments non précis ;

- la commune a remédié à certains désordres liés à la présence d'infiltrations d'humidité et de moisissure que ce soit, d'un part, par l'intervention de la société Poujol qui est intervenue pour l'isolation phonique le 7 mars 2022 et, d'autre part, par la remise en service de l'ascenseur ;

- l'usure anormale du revêtement de sol et la dégradation des plaintes provient des utilisateurs qui ont installé des chaises avec pied métallique perforant les plinthes en PVC ;

- la commune prétend, dans son mémoire en réponse, que la communication de pièces n'est pas nécessaire dans la mesure où les infiltrations seraient intervenues antérieurement au débordement du canal de Craponne le 25 décembre 2021 sauf qu'il n'est pas exclu que ces infiltrations proviennent d'une remonté d'eau de ce même canal ce qui rend la communication de l'attestation d'assurance en cours nécessaire pour l'expert judiciaire, qui sera le cas échéant désigné, afin qu'il puisse accomplir sa mission ;

- la retenue de plus de 23% des honoraires de la société n'est pas justifiée puisque la commune a reconnu qu'elle avait remédié à une partie des désordres liés à la présence d'infiltrations, d'humidités et de moisissures et à également effectué des mesures correctives concernant les nuisances sonores ;

- les opérations d'expertise doivent se dérouler au contradictoire de la société ST Ingénierie de par sa mission VISA et de par sa mission de diagnostic.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 5 avril 2022 et le 27 avril 2022, la société ST Ingénierie, représentée par Me Paul Guillet, demande au juge des référés de recevoir ses plus expresses protestations et réserves et dans l'hypothèse où il serait fait droit à la demande d'expertise de dire que la mission qui sera confiée à l'expert sera strictement limitée aux seuls désordres expressément listés dans la requête introductive d'instance déposée le 2 mars 2022, de rejeter la demande de la commune tendant à ordonner à l'expert de signaler tous désordre non-conforme au CCTP et aux règles de l'art complémentaires à ceux déjà listés par la commune de Grans et de débouter cette dernière de ses demandes au titre des frais d'instance et des frais d'expertise.

Elle soutient que :

- elle n'a pas assuré les missions ACT, DET et n'est pas venu sur site pendant la phase de travaux ;

- la demande de la commune de Grans tendant à " ordonner à l'expert de signaler tous désordres non-conformité au CCTP et aux règles de l'art complémentaires à ceux déjà listés par la commune de Grans " ne répond pas à l'exigence d'utilité de la mesure d'expertise puisqu'ils ne correspondent pas à des désordres avérés.

Par un mémoire enregistré le 11 avril, la société par action simplifiée (SAS) BTP consultants, demande au juge des référés, de prendre acte de ses plus expresses protestations et réserves concernant la demande d'expertise et de débouter la commune de Grans de sa demande formulée au titre des frais irrépétibles en ce qu'elle n'est pas sérieuse.

Par un mémoire enregistré le 6 juillet 2022 la société Poujol bâtiment, représentée par Me Ahmed-Chérif Hamdi, demande au juge des référés, de prendre acte de ses plus expresses protestations et réserves concernant la demande d'expertise et s'il devait faire droit à cette demande, de donner à l'expert la mission d'établir une note de synthèse permettant aux parties de formuler leurs observations récapitulatives, de juger qu'il incombera à la partie demanderesse de pourvoir aux frais et honoraires de l'expert judiciaire, débouter la demande visant à assumer lesdits frais, juger que seuls les désordres expressément visés dans la requête introductive doivent être acceptés, débouter la demande de la commune de Grans tendant à la condamnation au titre des frais irrépétibles, rejeter toutes demandes et faire droit à toutes réserves.

La procédure a été régulièrement communiquée à la société Sud construction, la société Sud rénovation PACA, à la Société SPTB et à la société 2sri, qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B, première vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. En outre, une mesure d'expertise ne saurait être ordonnée si elle tend à soumettre à l'expert une question de droit R. 532-1 CJA.

2. Il résulte de l'instruction que la commune de Grans a demandé une expertise portant sur des désordres affectant la maison médicale de Grans. Si la société 3 GK conrejette la demande d'expertise de la commune de Grans telle qu'elle est formulée en mettant en avant l'imprécision d'une telle demande, il ressort des pièces du dossier et des conclusions de ladite commune que les conclusions à fin d'expertise sont suffisamment précises, que cette demande est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les conclusions tendant à limiter la mission d'expertise :

3. Si les conclusions de la société ST ingénierie et de la société 3 GK tendant à limiter la demande d'expertise à la requête introductive d'instance déposée le 2 mars 2022 et à rejeter la demande de la commune tendant à ce que l'expert signale tout désordre non-conforme aux CCTP et aux règles de l'art complémentaires à ceux déjà listés par la commune, il ressort des pièces du dossier qu'une éventuelle persistance de l'ensemble des désordres et de leur possible aggravation puisse être constatés au regard de la nature même de ses désordres. Au demeurant, il appartiendra au juge du fond, dans l'hypothèse où de nouveaux désordres seraient constatés au cours des opérations d'expertise, de vérifier s'ils ont les mêmes origines que les désordres intervenus avant l'acquisition du délai de la garantie décennale et l'ayant interrompu. Dès lors, les conclusions de la commune tendant à ordonner à l'expert de signaler tout désordre ou non-conformité complémentaires à ceux listés par la commune sont acceptées dès lors qu'elles présentent un intérêt pour le contentieux né ou à venir.

Sur les conclusions de la société 3GK tendant à l'extension de la mission de l'expert :

4. Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, n'étant pas manifestement insusceptible de relever de la compétence de la juridiction administrative, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher, et sous réserve que cette mesure n'implique pas que soit confiée à l'expert une mission portant sur une question de droit.

5. La société 3GK sollicite une extension de mission afin que l'expert puisse, dans un premier temps, dire si les travaux de dévoiement du canal de Craponne et les travaux de voirie réalisés par la commune de Grans peuvent être à l'origine des infiltrations d'eau, dans un second temps, dire si les désordres d'infiltrations peuvent provenir d'un épisode de catastrophe naturelle ou tout autre évènement météorologiques intense ou exceptionnels. Toutefois, il appartiendra à l'expert, d'entendre tout sachant et de se prononcer sur tout cause à l'origine des dommages constatés. Par suite, la mesure d'extension de la mission d'expertise sollicitée ne présente pas d'utilité ;

6. La demande de la société 3GK tendant à ce qu'il soit demandé à l'expert de réaliser le compte entre elle et la commune est sans rapport avec la demande d'expertise initiée par la commune de Grans et ne présente donc pas un caractère utile à cette fin.

Sur la demande d'injonction :

7. Si la société 3 GK demande à la commune de Grans de produire les pièces techniques et administratives afférentes aux travaux de dévoiement du canal de Craponne et aux travaux de voirie et de communiquer l'identité de son assureur au titre des garanties catastrophes naturelles et au titre des garanties tempêtes, ouragans, cyclone, il incombera à l'expert, qui devra dans le cadre de sa mission recueillir toutes pièces utiles relatives à l'exécution du marché, de demander que soit appelée à la cause toute parties et de demander la production de toutes pièces qu'il jugerait utile à la conduite des opérations d'expertise. Il n'y a pas lieu, dans ces conditions, de faire droit à la demande d'injonction présentée par la société 3GK.

Sur la demande de mise hors de cause de la société Otis :

8. Il résulte de l'instruction que la société Otis a été désigné titulaire du lot n° 11 " Ascenseur " et qu'elle est donc intervenue dans le cadre du marché public de travaux de la commune de Grans relatif à la réhabilitation d'un ancien bâtiment en vue d'une maison médicale. Bien que la société Otis demande sa mise hors de cause en arguant que les désordres relatifs au fonctionnement de l'ascenseur sont liés à l'inondation, il ne ressort pas des pièces du dossier une absence manifeste de lien entre les travaux réalisés par la société Otis et le dysfonctionnement de l'ascenseur. En outre, l'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause, tous droits et moyens des parties étant expressément réservés. Ainsi la présence de toutes les personnes susceptibles d'éclairer les travaux de l'expert permet de caractériser l'utilité de la mesure. Par suite, la demande tendant à la mise hors de cause de société Otis doit être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

9. Il appartiendra à l'expert de solliciter la communication de l'attestation d'assurance de la commune pour l'année qu'il jugera utile. Par suite, les conclusions de la société 3GK tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Grans de produire l'attestation d'assurance titre de l'année 2021 ne peuvent être que rejetées.

Sur l'établissement par l'expert d'un pré rapport :

10. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir une note de synthèse ou un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement de pré-conclusions ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il en résulte que les conclusions de la société Poujol tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport et l'adresse à chacune des parties ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

11. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par les parties doivent être rejetée.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

12. En l'état de l'instruction, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er: Les conclusions de la société Otis tendant à sa mise hors de cause sont rejetées.

Article 2 : Monsieur A C, exerçant 700 avenue de la Touloubre à Aix-en-Provence (13540) est désigné, en présence des parties à une expertise avec la mission suivante :

1°) convoquer les parties, se rendre sur le lieu litigieux situé au 162 rue de l'Enclos à Grans ;

2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;

3°) procéder à la constatation et au relevé détaillé et précis des désordres de toute nature sans se limiter à la liste initiale dressée par la commune de Grans, sans se limiter à ceux énoncés dans sa requête et indiquer leur date d'apparition ; définir leur nature, leur date d'apparition, leur importance et leur éventuel caractère évolutif ; préciser pour chaque désordre, s'il provient d'une erreur de conception, d'une non-conformité aux documents contractuels, d'un manquement aux règles de l'art ou aux prescriptions d'utilisation des matériaux ou éléments d'ouvrage mis en œuvre, en spécifiant les normes qui n'auraient pas été respectées, d'une exécution défectueuse, d'une négligence dans l'entretien ou l'exploitation des ouvrages ou d'une autre cause ;

4°) préciser si les désordres constatés étaient apparents lors de la réception ou de la prise de possession de l'ouvrage ;

5°) donner un avis motivé sur la ou les causes et origines des désordres dont il s'agit et, dans le cas où plusieurs causes auraient concouru à la réalisation des désordres, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ; dire s'il existe un danger pour les personnes ou les biens ;

6°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ;

7°) donner son avis sur les conséquences des désordres, notamment s'ils risquent de porter atteinte à la solidité de l'immeuble ou de le rendre impropre à sa destination ;

8°) d'évaluer le préjudice de toute nature résultant des désordres, notamment le préjudice de jouissance ou pouvant résulter des travaux de remise en état ;

9°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par la commune de Grans du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations et les chiffrer ;

10°) d'une manière générale, fournir tous éléments susceptibles de concourir à l'information de la juridiction qui serait saisie pour se prononcer sur les responsabilités encourues et l'imputabilité des désordres constatés.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 5 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la Commune de Grans, à la société 3 GK conception, à la société ST Ingenierie, à la société Sud construction, à la société Sud rénovation Paca, à la société BTP consultants, à la société Poujol bâtiment, à la société Otis, à la société SPTP, à la société 2sri et à l'expert.

Fait à Marseille, le 17 octobre 2022.

La juge des référés,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions