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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2201962

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2201962

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2201962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantPONCELET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 mars et 12 décembre 2022, 6 octobre 2023, ainsi qu'un mémoire enregistré le 9 octobre 2023 et non communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du même code, enregistré le 11 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Poncelet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui verser la somme de 25 000 euros en réparation de son préjudice moral et à lui payer 10 semaines de congés payés et 24 jours de réduction de temps de travail (RTT) non pris depuis la fermeture de son service en mai 2019, les sommes devant porter intérêt au taux légal à compter du 3 décembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a été victime de harcèlement moral lequel s'est traduit par des mises en cause publiques de sa personne et de ses compétences, des attitudes humiliantes et dégradantes, des entraves au bon accomplissement de ses fonctions et de sa carrière, et des agissements répétés qui ont eu pour objet de dégrader ses conditions de travail et de porter atteinte à ses droits, à sa dignité et à sa santé ;

- la métropole, qui n'a pas tenté de le protéger et de trouver une solution pour lui permettre de reprendre le travail, a commis une faute ;

- son préjudice moral résultant de la détérioration de son état psychique et physique doit être indemnisé à hauteur de la somme de 25 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 décembre 2021, date de réception de sa demande indemnitaire ;

- doivent également être indemnisés les 10 semaines de congés payés et les 24 jours de RTT non pris depuis la fermeture de son service en mai 2019, la somme correspondante devant être assortie des intérêts au taux légal.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 17 novembre 2022, 20 juillet, 29 septembre et 6 novembre 2023, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Le Chatelier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- elle n'a commis aucune faute ;

- concernant le préjudice moral, le requérant n'a pas connu d'arrêts maladie sur de longues périodes qui seraient en lien avec une dégradation de sa santé mentale ;

- en tout état de cause, les demandes qu'il formule sont excessives.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive n° 2003/88/CE du 4 novembre 2003 du Parlement européen et du Conseil ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Forest,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de Me Poncelet, représentant M. A, et de Me Armand , substituant Me Le Chatelier et représentant la métropole Aix-Marseille-Provence.

Considérant ce qui suit :

1. Adjoint technique territorial principal de deuxième classe, M. A est employé par la métropole Aix-Marseille-Provence depuis 2002. En juin 2019, alors qu'il exerçait les fonctions d'agent de surveillance de la voirie au sein du service " police propreté " de la direction " vieux port ", celui-ci a été dissout. S'estimant victime de harcèlement moral, le requérant a adressé, le 29 novembre 2021, une demande indemnitaire préalable à la métropole, laquelle n'a pas répondu expressément. M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de son recours préalable et de condamner la métropole à lui verser 25 000 euros en réparation de son préjudice moral et à lui verser une somme correspondant au paiement de 10 semaines de congés payés et de 24 jours de RTT.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable :

2. La décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à la demande indemnitaire adressée par M. A à la métropole Aix-Marseille-Provence a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant les conclusions précédemment visées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Par suite, les conclusions qu'il présente à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence à raison de l'existence d'une situation de harcèlement moral :

3. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".

4. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime d'une discrimination ou de faits constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à toute discrimination ou tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la discrimination ou les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

5. Le requérant déplore le fait de ne pas avoir été affecté, contrairement à ses collègues, à la suite de la dissolution de leur service, sur le poste qu'il avait sollicité, et d'avoir dû attendre août 2021 pour bénéficier d'une affectation, laquelle se situait loin de son domicile et ne correspondait pas à ses compétences, de même que les deux postes qui lui ont été proposés par la métropole Aix-Marseille-Provence par la suite. Il dénonce également le fait d'avoir été menacé injustement par l'administration d'une procédure d'abandon de poste, d'avoir vu son traitement suspendu à deux reprises, d'avoir eu des difficultés à bénéficier des tickets restaurants auxquels il pouvait prétendre, de s'être vu refuser toute médiation, de ne pas avoir bénéficié d'une promotion à la première classe malgré son ancienneté et d'avoir été sommé sans explications de passer des tests de positionnement.

6. En premier lieu, s'agissant des affectations proposées au requérant, il n'est pas contesté par la métropole Aix-Marseille-Provence qu'à l'occasion de la restructuration, en juin 2019, de certains de ses services, la plupart des adjoints techniques qui étaient affectés comme M. A à la surveillance de la voirie au sein du service " police propreté " ont été rapidement réaffectés sur le poste qu'ils avaient priorisé, généralement celui de contrôleur des tranchées. En dépit d'un vœu identique, le requérant n'a pas bénéficié d'une telle affectation. La métropole indique à ce propos que M. A avait fait mauvaise impression lors d'une visite de terrain. Elle précise par ailleurs, sans toutefois l'établir, que nombre de ses collègues menaçaient de ne pas rejoindre leur affectation si le requérant venait à être affecté sur le même secteur. Il résulte, en outre, de l'instruction que le requérant a été placé en congé de maladie ordinaire du 10 juillet au 8 août 2019, puis a été victime d'un accident de trajet le 3 septembre 2019. Le 31 janvier 2020, s'enquérant de sa nouvelle affectation auprès de l'administration, il a été destinataire d'un échange de courriels entre deux de ses supérieures hiérarchiques quant à l'absence de poste disponible le concernant, circonstance dont l'une d'entre elles se déclare par une formule pour le moins regrettable " navrée (ou presque) ". A l'issue d'un entretien en juin 2020, sa candidature n'a pas été retenue pour les postes de gestionnaire technique tunnels et d'agent d'intervention tunnels. En septembre 2020, il a attiré de nouveau l'attention de l'administration sur son souhait et sa capacité à travailler dans la mesure où une expertise du 27 août 2020 l'avait déclaré apte à reprendre le 30 septembre 2020. En février 2021, l'entretien pour un poste aux caractéristiques proches de ses fonctions précédemment occupées n'est pas estimé concluant par l'administration qui explique qu'il n'a pas su répondre à certaines questions. Il résulte encore de l'instruction que l'administration a rejeté sa candidature, sans entretien préalable, pour deux nouveaux postes en mai 2021. Alors que le requérant a de nouveau alerté son employeur les 17 juin et 7 juillet 2021 sur son absence d'affectation, il est affecté, par arrêté du 18 août 2021, soit deux ans après la dissolution de son service d'origine, sur un poste de magasinier électrotechnicien à compter du 1er septembre 2021, poste auquel le médecin du travail l'avait déclaré apte antérieurement, avant de le déclarer inapte le 6 décembre 2021. M. A a sollicité une nouvelle affectation dès le 15 décembre 2021 et présenté en vain sa candidature à d'autres postes. En mai 2022, l'administration l'a invité à passer des tests de positionnement, ce qu'il a refusé. En juillet 2022, alors qu'est évoqué un poste de surveillant d'un centre de formation d'apprentis sur Aix-en-Provence, il ne s'est pas rendu à l'entretien, sans donner de motif valable. Le 15 mai 2023, l'administration l'a affecté sur un poste d'agent de gestion accueil et logistique situé à Aix-en-Provence. Le requérant n'y a jamais pris ses fonctions et se trouve depuis en congé de maladie ordinaire.

7. Si la métropole fait valoir qu'elle a proposé sans succès deux postes au requérant, l'un au service équipements propreté, à une date qu'elle ne précise toutefois pas, l'autre en tant que peseur en mars 2021, elle ne l'établit pas, alors que ses allégations sont contestées par le requérant. Si elle fait état, par ailleurs, d'une inadéquation de ses compétences aux postes convoités, elle n'apporte aucune précision à cet égard, alors qu'il résulte de l'instruction que les évaluations de l'intéressé pour les années 2014 et 2016 sont élogieuses et que les postes pour lesquels M. A a candidaté correspondaient à son grade. S'agissant des restrictions médicales qui auraient ralenti l'affectation de celui-ci sur un nouveau poste, celles-ci sont relatives, à la suite de son accident de trajet, à l'interdiction d'efforts isolés ou répétés du membre supérieur gauche. Si la métropole indique que la situation a été rendue plus difficile du fait de l'absence du requérant pour accident de trajet, il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise du 27 août 2020, qu'il a été déclaré apte à reprendre à compter du 30 septembre 2020. En revanche, le fait de proposer au requérant des affectations dans une ville autre que celle de son domicile et ne correspondant pas exactement aux compétences jusqu'à présent exercées par celui-ci n'est pas susceptible de caractériser un agissement constitutif de harcèlement moral, étant précisé que la distance entre chacun des postes, situé au demeurant sur le ressort géographique de la métropole Aix-Marseille-Provence, et le domicile du requérant, n'excédait pas 20 kilomètres pour le premier poste et 40 kilomètres pour les deux suivants, et que les fonctions de magasinier électrotechnicien, surveillant éducateur en centre de formation d'apprentis et agent de gestion accueil et logistique correspondent au grade d'adjoint technique territorial détenu par l'intéressé. De la même façon, le fait de l'avoir invité à passer des tests de positionnement, quand bien même cette invitation n'aurait pas été accompagnée d'explications, ne peut être retenu comme caractérisant un agissement lié à un harcèlement moral.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été exposé aux points 6 et 7 que, si un retard certain à l'affectation du requérant est établi, l'existence d'agissements constitutifs de harcèlement moral à cet égard ne l'est toutefois pas.

9. En deuxième lieu, s'agissant des procédures d'abandon de poste et de suspensions de traitement qui auraient visé à tort le requérant, il résulte de l'instruction qu'à deux reprises, par courriers des 17 décembre 2021 et 19 janvier 2022, la métropole lui a demandé de régulariser son absence qui n'était pas couverte depuis le 1er décembre 2021 et a attiré son attention sur le fait qu'il pourrait être considéré en abandon de poste. La circonstance que le médecin du travail a finalement considéré, le 6 décembre 2021, le requérant comme inapte au poste de magasinier sur lequel celui-ci avait été affecté à compter de septembre 2021 ne le dispensait pas de se présenter au travail ou de justifier de son absence. L'administration n'a ainsi pas, à cet égard, excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique en lui demandant de régulariser ses absences. Quant aux suspensions de traitement dont il se plaint, celle constatée en février 2023 a été régularisée rapidement par l'administration qui a retenu avoir effectivement reçu son justificatif d'absence, et celle du 22 mai 2023 correspond à une absence non justifiée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que l'arrêt de travail fourni par M. A n'avait pas été établi par son médecin et ne pouvait pas être pris en considération. Par suite, ces éléments ne peuvent être retenus quant à la caractérisation d'une situation de harcèlement moral.

10. En troisième lieu, s'agissant de l'obtention de ses tickets restaurants, si M. A se plaint d'avoir reçu un carnet périmé en juin 2022 et un carnet manquant dans sa dotation de novembre 2022, ces faits, au demeurant peu étayés, ne sont pas non plus, à supposer qu'ils soient établis, eu égard à leur absence de répétition, de nature à caractériser un agissement de harcèlement moral.

11. En quatrième lieu, le fait de ne pas honorer les demandes de médiations formulées le 15 septembre 2021 par l'avocat de M. A à la suite de son affectation en tant que magasinier puis par une organisation professionnelle en septembre 2023 ne saurait constituer un agissement de harcèlement moral en l'absence d'obligation pour l'administration d'acquiescer à une telle demande.

12. En cinquième et dernier lieu, M. A, qui ne démontre ni avoir demandé à son administration à être promu à la première classe de son grade ni même que ses collègues dotés d'une même ancienneté l'auraient été, ne peut utilement relever qu'il est toujours à la deuxième classe malgré ses états de service pour caractériser l'existence d'une situation de harcèlement moral.

13. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que l'existence d'agissements répétés excédant les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique de nature à caractériser une situation de harcèlement moral à l'encontre de M. A n'est pas établie. Ses conclusions tendant à l'indemnisation de son préjudice moral doivent donc être rejetées.

En ce qui concerne le paiement des semaines de congés payés et des jours de réduction du temps de travail :

14. S'agissant du paiement des jours de congés annuels non pris, aux termes de l'article 7 de la directive n° 2003/88/CE du 4 novembre 2003 du Parlement européen et du Conseil : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales. / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail. "

15. Il résulte des dispositions exposées au point 14 que M. A qui n'est pas en fin de relation de travail ne peut prétendre à une indemnité financière visant à compenser ses jours de congés annuels non pris.

16. S'agissant du paiement de jours de réduction du temps de travail, aux termes de la délibération du conseil de la métropole Aix-Marseille-Provence, dans sa séance du 28 juin 2018 : " () Les jours de RTT doivent être consommés avant le 31 décembre de l'année. L'attribution des jours de RTT est liée à la présence effective de l'agent pendant la période de référence qui est l'année civile () ".

17. Il résulte des dispositions exposées au point 16 que M. A ne peut prétendre à une indemnité financière au titre de jours de réduction de temps de travail non pris.

Sur les frais de l'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens par M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la métropole Aix-Marseille-Provence.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Jorda-Lecroq, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Forest, première conseillère,

Assistées par Mme Faure, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

H. Forest

La présidente,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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