mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TRIQUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 16 mars 2022 et le
27 octobre 2022, Mme A G épouse C, Mme E C,
Mme florence C, Mme F C, et M. B C, représentés par
Me Micaleff, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 1er septembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence a délivré à la société Domus Marianna un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble comprenant 18 logements à destination d'habitation ainsi que des bureaux, sur un terrain situé au 14 avenue Pasteur, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours formé à l'encontre de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la société Domus Marianna la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-leur requête est recevable ;
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté en litige :
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté en litige :
- le plan de situation PC1 et suivants, le plan de masse PC2 et le plan des façades ne sont pas conformes et n'ont pas permis aux services instructeurs d'apprécier la volumétrie du projet ;
-le projet méconnaît l'article UI7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
-il méconnaît l'article UI5 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UI3 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UI12 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UI11 du règlement du PLU ;
-il est entaché d'illégalité, dès lors que l'adresse postale du projet est erronée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2022, la société Domus Marianna, représentée par Me Triqui, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de
4 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
-les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2022 et le 17 novembre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Courant, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 mai 2023, a été prononcée, en application des articles
R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
-les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
-et les observations de Me Chavrier, représentant les requérants, celles de Me Tosi, représentant la commune d'Aix-en-Provence, et celles de Me Triqui, représentant la SAS Domus Marianna.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 1er septembre 2021, le maire de la commune d'Aix-en-Provence a délivré à la société Domus Marianna un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble comprenant 18 logements à destination d'habitation ainsi que des bureaux, sur un terrain situé au 14 avenue Pasteur. Par un courrier en date du 17 novembre 2021 et réceptionné en mairie le 18 novembre 2021 les requérants, voisins immédiats du projet, ont sollicité le retrait du permis de construire précité. Ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 1er septembre 2021, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours formé à l'encontre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté en litige :
2. Aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Par ailleurs, selon l'article R. 424-5 du même code : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. Il en est de même lorsqu'une dérogation ou une adaptation mineure est accordée ".
3. Eu égard à son objet, l'arrêté en date du 1er septembre 2021 valant permis de construire ne constitue pas une décision de rejet au sens de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, imposant qu'elle doive être motivée. Par ailleurs, il n'est pas soutenu ni même allégué que l'arrêté contesté comporterait une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. Si l'arrêté contesté a été délivré sous réserve du respect des prescriptions contenues dans le permis de construire et des avis des services annexés, et dès lors que les motifs de fait et de droit de ces prescriptions résultent directement du contenu de ces avis, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du permis de construire modificatif attaqué ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier :
4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
5. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; () ". Aux termes de R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Aux termes de l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () ".
6. Les requérants soutiennent que les plans joints au dossier de demande de permis de permis de construire, et en particulier le plan de situation " PC1 et suivants ", le plan de masse " PC2 et suivants " et les plans des façades seraient non conformes et n'auraient pas permis aux services instructeurs d'apprécier la volumétrie de la construction. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le plan de situation " PC1 et suivants " permet de localiser le terrain à l'intérieur de la commune, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme, que le plan de masse " PC2 et suivants " est coté dans ses trois dimensions conformément à l'article R. 431-9 précité du même code et que les plans des façades précisent les dimensions des façades. Alors que la volumétrie du projet ressort parfaitement de l'ensemble des pièces du dossier, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de permis de construire serait incomplet au regard des dispositions du code de l'urbanisme citées au point 4 du présent jugement.
7. Il est constant que l'adresse du projet en litige, à savoir le n°14 de l'avenue Pasteur, correspond à la parcelle existante. Toutefois, cette parcelle a été divisée en deux lots par un permis d'aménager délivré à la société pétitionnaire le 20 juillet 2021, soit postérieurement au dépôt du permis du permis de construire en date du 19 mars 2021. Si le n°14 de l'avenue Pasteur ne correspond pas à l'entrée du lot A supportant le projet, l'ensemble des pièces du dossier est sans équivoque sur l'implantation de la construction sur le seul lot A de ladite parcelle. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les informations portées à la connaissance des services instructeurs auraient été de nature à fausser leur appréciation.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UI7 du PLU :
8. Aux termes de l'article UI7 du règlement du PLU : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives*. 1 - Dans la bande construite* définie à l'article UI 6.1, les constructions doivent être implantées : - en continuité d'une limite latérale à l'autre et - à une distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite de fond de parcelle la plus rapprochée qui doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, et sans être inférieure à 4 mètres. 2 - Au-delà de cette bande, la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative* la plus rapprochée doit au moins être égale à 4 mètres, sauf pour les constructions dont la hauteur* au faîtage* ne dépasse pas 4 mètres et qui sont implantées contre les limites séparatives*. 3 - En l'absence de linéaire de gabarit* : 3-1 La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative* la plus rapprochée doit au moins être égale à 4 mètres, sauf pour les constructions dont la hauteur* au faîtage* ne dépasse pas 4 mètres et qui sont implantées contre les limites séparatives*. () ". Aux termes de l'article UI6.1 du règlement du PLU : " Implantation des constructions par rapport aux emprises publiques* et aux voies*. 1 - Le long des linéaires de gabarit* figurant sur la planche A des documents graphiques du règlement, les constructions doivent être implantées : d'une part, sur le linéaire de gabarit* en s'inscrivant dans la courbe enveloppe* définie par le croquis ci-après ; - d'autre part, dans une bande qui ne peut être inférieure à 10 mètres et supérieure à 18 mètres à compter du linéaire de gabarit*. Dans le secteur UIv, cette bande ne peut être inférieure à 7 mètres et supérieure à 14 mètres à compter du linéaire de gabarit*() ". Aux termes du lexique du PLU en ce qui concerne les limites séparatives : " Les limites séparatives sont les limites mitoyennes avec une autre propriété et qui ne sont pas riveraines d'une voie ou d'une emprise publique. Les limites latérales d'un terrain sont celles qui ont un contact avec une voie publique (ou le cas échéant privée) ou une emprise publique. Les limites de fond de parcelle sont celles qui n'ont aucun contact avec une voie* publique ou le cas échéant privée, ou une emprise publique*. Elles sont le plus souvent situées à l'opposé de la voie. Dans le cas particulier des terrains en angle de rues, la limite séparative constitue une limite latérale sur la profondeur de la bande construite ; au-delà de la bande construite, elle constitue une limite de fond de parcelle " et en ce qui concerne les limites de gabarit : " Les linéaires de gabarit figurant sur les documents graphiques du règlement indiquent l'implantation des constructions à respecter, la hauteur maximale autorisée, ainsi que la profondeur selon une fourchette définie par le règlement de la zone, le tout s'inscrivant dans une courbe enveloppe, sauf en zone UD. Le linéaire de gabarit génère une bande potentiellement constructible. Sa profondeur est variable, les règles de construction au-delà de cette bande sont les règles de construction correspondantes au cœur d'ilot et définies par le règlement de la zone. La partie réellement construite correspond à la bande construite*. Lorsque le linéaire de gabarit induit une forme urbaine continue, comme c'est le cas essentiellement en zone UI par exemple, l'implantation des constructions doit se faire sur la totalité du linéaire de gabarit figurant sur la planche A des documents graphiques du règlement sauf exception liée à l'interruption de ce linéaire entre deux limites séparatives. Dans ce dernier cas, en zone UI, les constructions doivent respecter les règles d'implantation par rapport aux limites séparatives et par rapport aux emprises publiques et aux voies existantes ou futures édictées au-delà de la bande définie à l'article UI6-1 (cf. article UI6-2 et article UI7-2). () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de la définition des limites séparatives dans le lexique du plan local d'urbanisme (PLU), la limite séparant la propriété des requérants du projet contesté est une limite latérale sur la profondeur de la bande construite à partir de la traverse Notre Dame jusqu'à la fin du projet à laquelle ne s'appliquent pas les dispositions de l'article UI7 du règlement du PLU et qu'à partir de la fin du projet cette limite séparative devient une limite de fond de parcelle à laquelle s'appliquent ces mêmes dispositions de l'article UI7 et donc le retrait d'au moins 4 mètres de l'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives. Alors qu'il ressort des plans produits que cette distance est, au cas d'espèce, respectée, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article UI7 du règlement du PLU.
10. Aux termes de l'article UI5 du règlement du PLU : " Espaces libres* et plantations. 1 - Dans la bande construite* en application de l'article UI 6.1, tous les espaces libres* résiduels doivent être aménagés et végétalisés*. 2 - Les espaces libres*, hors circulation et stationnement, doivent représenter une surface de 50% des espaces situés au-delà de la bande construite* en application de l'article UI 6.1 et être aménagés et végétalisés*, hors emprise des bassins de piscine, en pleine terre ou sur une épaisseur minimum de deux mètres de terre végétale en cas de construction en sous-sol tout en conservant un minimum de 20% de surface de ces espaces libres en pleine terre. () ".
11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la notice descriptive et du plan de masse " PC2.4 " que les espaces libres, aménagés, végétalisés et de pleine terre représentent une surface de 74 m², hors circulation et stationnement, soit plus de 50 % des espaces situés au-delà de la bande construite qui est de 174 m2. En deuxième lieu, il ressort de ces mêmes documents que le projet prévoit une surface de 44 m2 d'espace libre comprenant une profondeur de 2 mètres correspondant à la création des jardinières. En se bornant à affirmer qu'il ne serait pas possible de mesurer la profondeur de ces jardinières, alors que le régime est déclaratif, les requérants ne contestent pas sérieusement que les dispositions de l'article UI5 du PLU, citées plus haut, sont respectées au cas d'espèce. En troisième lieu, il ressort également des pièces précitées que le projet conserve un minimum de 20% de la surface de ces espaces libres en pleine terre dès lors qu'il prévoit 30 m2 de surface de pleine de terre. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions précitées du règlement du PLU de la commune.
12. Aux termes de l'article UI3 du règlement du PLU : " Accès* et voirie. 1 - Caractéristiques des accès*. Les accès* doivent être adaptés aux usages et aux besoins de l'opération, de la construction ou de l'aménagement desservi, notamment en termes d'entrecroisement des véhicules, ainsi qu'au trafic sur la voie* de desserte. Les accès* ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies* publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès*, notamment au regard de la position et de la configuration des accès*, de la présence d'un espace d'attente devant le portail, ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. Le nombre des accès* sur les voies* publiques est limité dans l'intérêt de la sécurité du trafic et du traitement urbain de l'espace public. Au droit des accès*, la priorité est donnée au principe de continuité des aménagements existants ou à prévoir en faveur des piétons et des cyclistes. Lorsqu'un terrain est desservi par plusieurs voies* publiques, l'accès* peut être imposé sur la voie* sur laquelle la gêne pour la circulation est la moindre. Lorsqu'il existe une station de transport en commun à proximité du terrain d'assiette d'une construction ou d'un aménagement, l'accès* piéton sur ce terrain doit être, sauf impossibilité technique, positionné de manière à être le plus près de cette station ".
13. Il ressort des pièces du dossier que le projet est desservi par la rue du Chapitre et la traverse Notre-Dame. Les accès contestés tant du parking souterrain que de l'accès piétonnier et du local poubelles se situent sur la rue du Chapitre. Selon le dossier de permis de construire, il sera aménagé un porche à l'Ouest du terrain d'assiette permettant l'accès au portail d'entrée menant au parking souterrain. Cet espace dispose d'une visibilité dégagée sur la voie publique permettant l'entrecroisement sans risque des véhicules, des piétons et des cyclistes au droit de l'accès du terrain d'assiette. En outre, les caractéristiques de la rue du Chapitre ne sont pas de nature à établir sa dangerosité pour la sécurité publique dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que cette rue, d'une longueur d'environ 30 mètres, est rectiligne, qu'elle comporte deux voies à sens unique et qu'elle présente une largeur totale d'environ 8 mètres. De même il ne ressort pas de ces pièces que l'accroissement de circulation induit par la destination du projet serait de nature à porter atteinte à la sécurité publique. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UI 3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
14. Aux termes de l'article 12 du règlement du PLU : " Stationnement. 1 - Le stationnement des véhicules doit être assuré en dehors des voies* publiques sur les emplacements prévus à cet effet sur le terrain d'assiette des constructions ou des aménagements envisagés. Les aires de stationnement pour les véhicules motorisés peuvent être réalisées dans l'environnement immédiat du terrain d'assiette. Les zones de manœuvre doivent être indépendantes des voies* publiques. 2 - Le nombre de places affectées au stationnement des véhicules : a) ne doit pas être inférieur à une place de stationnement par tranche de 70 m² de surface de plancher* pour les constructions à destination* d'habitation ; b) ne doit pas être inférieur à une place de stationnement par tranche de 100 m² de surface de plancher* pour les constructions à destination* de bureau, commerce, artisanat, hébergement hôtelier, service public affecté à la santé ou service d'intérêt collectif affecté à la santé, sauf dans la zone d'implantation D indiquée sur la planche A des documents graphiques du règlement, pour les constructions à destination de commerce. 3 - La surface de stationnement pour les vélos : a) ne doit pas être inférieure à 1,5 m² par tranche de 70 m² de surface de plancher* pour les constructions à destination* d'habitation. b) ne doit pas être inférieure à 1,5 m² par tranche de 100 m² de surface de plancher* pour les constructions à destination* de bureau, commerce, artisanat, hébergement hôtelier, service public ou d'intérêt collectif. Cette surface doit être aménagée sous forme de surface couverte ou local de stationnement clos et facilement accessible depuis l'emprise publique* ou la voie*. Les aires de stationnement des constructions à destination* de bureaux doivent être dotées d'infrastructures permettant le stationnement sécurisé des vélos. () ".
15. Il ressort clairement des pièces du dossier que le projet prévoit 23 places de stationnement et un local deux roues, dont il faut comprendre qu'il intègre les vélos, d'une surface de 31 m2, conformément aux dispositions de l'article UI12 précitées qui imposent, en ce qui concerne les véhicules, une place de stationnement par tranche de 70 m² de surface de plancher pour les constructions à destination d'habitation et une place par tranche de 100 m² de surface de plancher pour les constructions à destination de bureau, et, en ce qui concerne les vélos, 1,5 m² par tranche de 70 m² de surface de plancher pour les constructions à destination d'habitation et 1,5 m² par tranche de 100 m² de surface de plancher pour les constructions à destination de bureau. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article UI12 du règlement du PLU.
16. Aux termes de l'article UI11 du règlement du PLU : " Aspect extérieur : 1 - Dispositions générales. Toute construction doit présenter un projet architectural dans une composition urbaine et paysagère participant à la mise en valeur des qualités du tissu urbain dans lequel elle s'insère. Selon le contexte et la nature du projet, l'insertion peut se faire par la recherche de continuités, de transitions ou de contrastes. 2 - Adaptation au contexte. Les projets doivent être adaptés à la topographie du terrain, à son orientation, aux lignes de force du paysage (alignement des constructions, parcellaire, composition végétale, allée d'arbres), à sa situation par rapport aux voies* de desserte. Pour être adaptés à la topographie du terrain, les projets doivent épouser au plus près le relief existant en limitant leur impact sur le terrain naturel et la différence d'altitude entre le terrain naturel et le terrain aménagé ".
17. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige se situe dans un quartier résidentiel constitué de quelques immeubles de moyenne hauteur et de maisons individuelles qui ne présentent pas d'intérêt patrimonial. L'immeuble se situe par ailleurs dans le périmètre délimité des abords ou dans le champ de visibilité des monuments historiques que sont la Chapelle Notre-Dame-de-la-Consolation, l'hôtel d'Aiguines, le monument de Joseph-Sec et ses constructions annexes ainsi que le site archéologique du jardin de Grassi, comme cela résulte de l'avis de l'architecte des bâtiments de France (ABF) en date du 15 avril 2021. Il ressort de la notice descriptive que le projet consiste en la construction d'un immeuble en forme de L à destination d'habitations et de bureaux, élevé en R+3, surmonté d'un attique en retrait au-dessus du dernier plancher et dont les couvertures seront garnies de tuiles canal. Il ressort du dossier de permis de construire, tant des différents plans de coupe que des photos d'insertion du projet dans son environnement proche et lointain, que la société pétitionnaire a apporté un soin particulier à l'insertion de son projet notamment en proposant des façades sur rues avec de grande ouvertures en rez-de-chaussée matérialisant ainsi l'assise du projet sur le centre urbain en cohérence avec la description du plan local d'urbanisme. Ainsi, par sa construction compacte et en forme de L et par les éléments architecturaux retenus, la construction projetée ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Enfin, en se bornant à soutenir que le projet se situe à moins de 500 mètres de la cathédrale Saint-Sauveur, alors que ce monument n'est pas visé par l'avis de l'ABF précité et qu'il ressort des photographies aériennes de Géoportail, site officiel accessible tant au juge qu'aux parties, que le projet n'est pas en situation de co-visibilité avec la cathédrale évoquée, les requérants n'établissent pas que l'opération envisagée porterait atteinte à la perspective de la tour de la cathédrale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions UI11 du règlement du PLU doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la société Domus Marianna, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2021, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Domus Marianna qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante la somme que les requérants demandent sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre t à la charge des requérants une somme globale de 800 euros à verser à la société Domus Marianna et une somme globale de 800 euros à verser à la commune d'Aix-en-Provence sur ce même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G épouse C et autres est rejetée.
Article 2 : Mme G épouse C et autres verseront une somme globale de 800 euros à la société Domus Marianna et une somme globale de 800 euros à la commune d'Aix-en-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A G épouse C, Mme E C, Mme D C, Mme F C, M. B C, à la société Domus Marianna et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026