jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202532 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LE BONNOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mars 2022, M. B E, représenté par Me Le Bonnois, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices qu'il a subis des suites d'un accident survenu le 6 juillet 2020, reconnu imputable au service, lors d'un déplacement d'un caisson hyperbare expérimental ;
2°) de mettre à la charge du ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation, du Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) et de l'université Aix-Marseille (AMU), le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) d'ordonner à l'expert le dépôt d'un pré-rapport en laissant un délai de 5 semaines aux parties pour faire valoir leurs observations.
Il soutient que :
- sa demande indemnitaire préalable auprès de l'Etat, de l'université Aix-Marseille, du ministère de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation et le CNRS a fait l'objet soit d'un refus soit d'un silence de l'administration pendant plus de deux mois ;
- cet accident résulte de multiples fautes directement imputables à l'université d'Aix-Marseille.
Par un mémoire enregistré le 15 avril 2022, la mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN), informe qu'elle n'est pas responsable de la prise en charge du risque " accident de travail ".
La requête a été régulièrement communiquée à l'université Aix-Marseille, au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, au CNRS et à la MGEN qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset, vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir. En outre, une mesure d'expertise ne saurait être ordonnée si elle tend à soumettre à l'expert une question de droit.
2. Il résulte de l'instruction que la demande d'expertise sollicitée par M. E porte sur les préjudices qu'il a subis des suites d'un accident survenu le 6 juillet 2020 et reconnu imputable au service le 22 juillet 2020. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge au fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions de la MGEN :
3. Les conclusions de la MGEN doivent être regardées comme des conclusions tendant à une demande de mise hors de cause. Il résulte de l'instruction que la MGEN n'est pas compétente pour assurer un accident de travail. Par conséquent, il y a lieu de faire droit à sa demande, et de prononcer sa mise hors de cause dans la présente instance.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
4. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de M. E tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation, du Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS) et de l'université Aix-Marseille, le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justicier administrative.
O R D O N N E :
Article 1: Le docteur D C, exerçant au CHU Nord, Chemin des Bourrely, 13915 Marseille Cedex 20, est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :
1°) se faire communiquer l'entier dossier médical de M. E et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission, entendre tout sachant,
2°) procéder à l'examen médical de M. E, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur au 6 juillet 2020, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés ; les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; dire si chacune des lésions constatées est la conséquence de l'accident survenu le 6 juillet 2020 ou d'un état antérieur ou postérieur ; décrire la nature des blessures et leur importance ;
3°) dans l'hypothèse d'un état antérieur, préciser si cet état a été révélé ou aggravé par l'accident, s'il entrainait un déficit fonctionnel avant l'accident ; dans l'affirmative, estimer le taux d'incapacité alors existant ; si en l'absence d'accident il aurait entrainé un déficit fonctionnel et dans l'affirmative, préciser dans quel délai et à quel taux ;
4°) dire si l'état de santé de M. E est susceptible de modifications dans le sens d'une amélioration ou d'une aggravation et, dans l'affirmative, fournir toute précision sur cette évolution, son degré de probabilité ainsi que les traitements qui seront nécessaires.
5°) déterminer la date de consolidation l'état de santé de M. E ;
6°) dire si l'état de M. E lié à son accident de service a entraîné une incapacité totale ou partielle d'exercer son activité professionnelle et/ou un déficit fonctionnel temporaire partiel ou total résultant de troubles physiologiques ou psychologiques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
7°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux temporaires et permanents subis par M. E tels que le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances endurées, le déficit fonctionnel permanent, l'atteinte à l'intégrité physique et psychique, le préjudice d'agrément, le préjudice sexuel et le préjudice d'établissement, et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au service et à l'accident de service de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ou qui relèverait d'un état antérieur ou postérieur ;
8°) dire si M. E a ou aura des difficultés pour poursuivre l'exercice de sa profession ou si une reconversion est à envisager ;
9°) dire si M. E a perdu son autonomie personnelle et dans l'affirmative, dire pour quels actes de la vie quotidienne, la durée, si l'aide d'une tierce personne a été ou est indispensable ou si son état nécessite le placement dans une structure spécialisée en précisant les conditions d'intervention du personnel médical préciser le cas échéant la nature et le coût des travaux d'aménagement nécessaires à l'adaptation des lieux de vie de M E et du matériel approprié à son nouveau mode de vie ;
10°) d'une manière générale, donner au tribunal tous les éléments utiles à la détermination de l'entier préjudice de M. E.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. E est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au ministère de l'enseignement supérieur de la recherche, à l'AMU, à la MGEN, au CRNS à M. B E et à l'expert, le Docteur C.
Fait à Marseille, le 29 décembre 2022.
La juge des référés,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au Ministre de l'enseignement supérieur de la recherche, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026