lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAZAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 mars 2022 et 1er juin 2022, M. A D, représenté par Me Lazaud, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 février 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, pendant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision de refus de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen attentif et personnalisé de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la poursuite de ses études ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquences de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 28 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les observations de Me Lazaud pour M. D, présent.
Vu la note en délibéré, enregistrée le 24 juin 2022, présentée par M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, de nationalité marocaine, né le 19 février 2000, est entré en France le 28 août 2018 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valant premier titre de séjour valable jusqu'au 24 août 2019 et a bénéficié en cette qualité de la délivrance de cartes de séjour temporaires, dont la dernière était valable jusqu'au 31 octobre 2021. Le 26 octobre 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et, par un arrêté en date du 25 février 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours suivant la notification de cet arrêté. M. D en demande l'annulation.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C E, signataire de l'arrêté attaqué, bénéficiait, en sa qualité d'adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la préfecture des Bouches-du-Rhône, par un arrêté n° 13-2021-08-31-00005 du préfet des Bouches-du-Rhône du 31 août 2021, régulièrement publié le 1er septembre 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 13-2021-247, d'une délégation à l'effet de signer tout document relatif à la procédure de délivrance de titre de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, pour refuser à M. D le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ", le préfet des Bouches-du-Rhône a estimé que l'intéressé n'avait pas validé de diplôme au titre de l'année 2020-2021 et que son inscription à une formation en ligne de " Chef de projet E-commerce ", à laquelle il s'est inscrit pour l'année 2021-2022, ne peut être considérée comme une inscription auprès d'une école en présentiel et, en outre, qu'elle ne caractérise pas une progression raisonnable de son cursus, ni ne justifie du caractère réel et sérieux de ses études.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. D, entré en France en août 2018, s'est inscrit à l'université d'Aix-Marseille dès l'année 2018/2019 en licence informatique, puis est passé en deuxième année, sans valider de diplôme en 2020/2021 au terme de trois années d'études, le requérant ayant été pour cette année 2020/2021, soit défaillant, soit ajourné. Le requérant, qui sollicitait le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ", ne justifie pas ainsi de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. A l'appui de sa demande de renouvellement, le requérant a adressé au service de la préfecture, selon le mémoire en défense, une convention de formation en apprentissage " Bachelor gestion de projet digital " pour une formation de " Chef de projet E-commerce ", se déroulant principalement en ligne, qui devait s'accompagner d'un contrat d'apprentissage au sein d'une entreprise. Afin de justifier du suivi effectif de sa formation, il ne verse toutefois à l'instance qu'un seul bulletin de notes pour l'année 2021-2022, ainsi que trois feuilles d'émargement en centre, attestant de sa présence pour trois seules semaines de formation entre janvier et mars 2022. Il ne justifie pas davantage du bon déroulement de son contrat d'apprentissage en entreprise conclu depuis le 22 novembre 2021. Ainsi, cette nouvelle formation au E. Commerce et à la gestion de sites Internet, à supposer même qu'elle comporte une partie d'enseignement en présentiel, n'est pas de nature à justifier la progression de son cursus antérieur, qui n'est pas en l'espèce établie ainsi qu'il a été dit. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône, qui a procédé à un examen attentif et personnalisé de la situation de l'intéressé, contrairement à ce que ce dernier soutient, n'a pas commis d'erreur de fait, ni d'erreur d'appréciation, en rejetant la demande de M. D tendant au renouvellement du titre étudiant dont le requérant était titulaire.
5. En troisième lieu, pour les mêmes motifs, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur la poursuite des études du requérant.
6. En dernier lieu, M. D n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le Maroc comme pays de destination.
7. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 février 2022 pris à son encontre par le préfet des Bouches-du-Rhône. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Markarian, présidente,
M. Boidé, premier conseiller,
M. Danveau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La présidente,
Signé
G. F
L'assesseur le plus ancien,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
7
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026