mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VINCENSINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2022, Mme D A B épouse C, représentée par Me Vincensini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du préfet des Bouches-du-Rhône rejetant sa demande de carte de résident, révélée par la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " le 29 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de résident en application de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Vincensini sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle se trouvait en situation régulière lorsqu'elle a effectué sa demande ;
- la condition relative à la détention d'un visa de long séjour ne lui est pas opposable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation sur sa situation d'ascendante à charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision faisant grief :
- les moyens soulevés par Mme A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B épouse C, ressortissante palestinienne, est entrée en France le 25 mai 2018 sous couvert d'un visa Schengen de type C. Le 21 décembre 2018, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 311-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'est vue délivrer des autorisations provisoires de séjour, valables du 26 juin 2019 au 18 juin 2020, puis une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " valable du 17 août 2020 au 16 août 2021. Le 16 juin 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la délivrance d'une carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 29 juillet 2021, Mme A B s'est vue délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 6 juillet 2021 au 5 juillet 2022. Elle demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de délivrance d'une carte de résident, révélée par la délivrance d'une carte de séjour temporaire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme A B a été titulaire d'une carte de séjour temporaire délivrée en raison de son état de santé, valable du 17 août 2020 au 16 août 2021. La délivrance de ce titre a eu pour effet de régulariser sa situation quant aux conditions de son entrée en France pour l'application des dispositions de l'article L. 412-1 précité. En conséquence, la requérante est fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet a fondé sa décision sur le motif tenant à ce qu'elle ne possédait pas de visa de long séjour lors de son entrée en France en 2018 pour rejeter sa demande.
4. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que Mme A B réside habituellement chez son fils et sa belle-fille depuis son arrivée en France le 25 mai 2018 et qu'elle est titulaire, depuis le 26 juin 2019, d'autorisations provisoire de séjour ainsi que, depuis le 17 août 2020, d'un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " renouvelé au 6 juillet 2021, l'intéressée, veuve et âgée de soixante et deux ans à la date de la décision attaquée, ne justifie pas, par la production d'une attestation datée du 18 février 2014 indiquant qu'elle n'est pas inscrite au ministère du travail palestinien, qu'elle ne disposait d'aucune ressource propre quand elle demeurait en Palestine. En outre, il est constant que son fils français ne lui apportait aucune aide avant son arrivée en France et Mme A B n'établit pas que ces cinq autres enfants demeurant en Palestine, tous majeurs, ne pourraient la prendre en charge dans ce pays. Par suite, la requérante ne pouvait être regardée comme étant à la charge de son fils au sens des dispositions précitées de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation de cette condition par le préfet des Bouches-du-Rhône doit être écarté.
5. Il résulte de l'instruction que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif tenant à ce que Mme A B ne pouvait être regardée comme étant à la charge de son fils français, qui est de nature à fonder à lui seul la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le préfet des Bouches-du-Rhône, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Simeray, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ELe président,
Signé
P-Y Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026