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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2202779

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2202779

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2202779
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL ADDEN MEDITERRANEE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mars 2022, M. C D, représenté par Me Giudicelli, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2021 par laquelle le directeur général de l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) l'a maintenu en position d'absence irrégulière du 21 avril 2021 au 31 août 2021, ensemble la décision confirmative du 8 février 2022 ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de la décision n'était pas compétent pour ce faire ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure du fait de l'irrégularité de l'avis du comité médical départemental rendu alors qu'il a été informé tardivement de la date de la séance de ce comité;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'a pas refusé de se soumettre aux convocation de la médecine agréée et statutaire ;

- l'absence à la contre-visite ne peut fonder un placement en absence irrégulière alors que cette visite concernait un congé maladie qui a pris fin le 31 janvier 2021 ;

- il ne peut être placé en absence irrégulière dès lors qu'il était exclu temporairement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, l'AP-HM, représentée par la SELARL Cornet-Vincent-Segurel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. D une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la décision du 1er décembre 2021 étant confirmative des décisions du 9 juin 2021 et du 31 août 2021, la requête est tardive ;

- la décision ne fait pas grief ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;

- la décision peut également être fondée sur le motif tiré de ce que le requérant n'a pas rejoint son poste.

M. D a présenté un mémoire le 3 novembre 2023, non communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 86-33 du la loi du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,

- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Marjary, substituant Me Giudicelli, pour M. C D.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 9 juin 2021, le directeur général de l'AP-HM a placé M. D, infirmier titulaire à l'AP-HM depuis le 8 août 2011, en position d'absence irrégulière à compter du 21 avril 2021 avec suspension de traitement, au motif de son absence à la visite obligatoire demandée par le service de médecine agréée et statutaire. Par la présente requête, cet agent demande l'annulation de la décision du 1er décembre 2021 par laquelle le directeur général de l'AP-HM l'a maintenu en position d'absence irrégulière du 21 avril 2021 au 31 août 2021, ensemble la décision confirmative du 8 février 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme A B, directrice adjointe des ressources humaines de l'AP-HM, laquelle disposait d'une délégation de signature établie le 4 juin 2021 aux fins de signer notamment tous les actes administratifs relatifs au personnel non médical, catégorie à laquelle appartient le requérant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, M. D ne peut utilement se prévaloir à l'encontre de la décision en litige du 1er décembre 2021, des dispositions de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires tel qu'applicable à compter du 14 mars 2022. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que si cet agent, informé de la saisine du comité médical et du motif de celle-ci par un courrier du 3 novembre 2021, avant de l'être de la date de ce comité ayant siégé le 25 novembre par courrier du 17 novembre, n'a reçu communication de son dossier médical que le 24 novembre, le comité médical n'a pas pu émettre d'avis sur sa situation médicale du fait de l'absence du requérant aux rendez-vous fixés par l'administration avec un médecin agréé. Dès lors, le moyen tenant au vice de procédure dont serait entachée la décision du fait d'une information tardive du requérant de la date du comité médical doit, en tout état de cause, être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la convocation pour une expertise le 21 avril 2021 a été adressée à M. D par courrier recommandé du 23 mars précédent présenté au domicile du requérant le 25 mars 2021 qui, bien qu'avisé, ne l'a pas retiré. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été régulièrement convoqué à l'expertise du 21 avril 2021 et que la décision en litige est de ce fait entachée d'une erreur de fait.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière tel qu'applicable au litige : " Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité compétente sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois de la fonction publique hospitalière, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : / 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; () / 4. La réintégration après douze mois consécutifs de congés de maladie ou à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / 5. L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après un congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée ; () ". Suivant l'article 15 de ce même décret : " () Les fonctionnaires bénéficiaires d'un congé de maladie doivent se soumettre au contrôle exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination. Cette dernière peut faire procéder à tout moment à la contre-visite de l'intéressé par un médecin agréé ; le fonctionnaire doit se soumettre, sous peine d'interruption de sa rémunération, à cette contre-visite. () "

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été placé en congé de maladie ordinaire du 5 juin 2018 au 4 juin 2019, puis en disponibilité d'office maintenu en demi-traitement à compter du 5 juin 2019 jusqu'au 31 janvier 2021, date à partir de laquelle il n'a plus adressé d'arrêt de travail à son employeur. Dans ces conditions, et alors que le directeur général de l'AP-HM était tenu de consulter le comité médial sur sa réintégration et que cet agent n'était pas à cette date exclu de ses fonctions, comme il le soutient, dès lors que la décision du 9 octobre 2018 d'exclusion temporaire de deux ans avait été retirée par décision du 5 avril 2019 à sa demande, puis remplacée par décision du 30 août 2021, le directeur général de l'AP-HM a pu, sans commettre d'erreurs de droit, placer M. D en position d'absence irrégulière à compter du 21 avril 2021, date du contrôle médical auquel il ne s'est pas rendu, jusqu'au 31 août 2021, date de prise d'effet de la sanction d'exclusion temporaire prise à son encontre. Pour les mêmes motifs, le directeur général de l'AP-HM n'a pas entachée sa décision d'une erreur d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par l'AP-HM, que les conclusions aux fins d'annulation de M. D doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'AP-HM, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que la requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'AP-HM tendant à la condamnation de M. D à ce même titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'AP-HM tendant à la condamnation de M. D au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille.

Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Frédérique Simon, présidente,

M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,

Mme Ludivine Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

A. Derollepot

La présidente,

signé

F. Simon

La greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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