mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PEROLLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2022 et un mémoire en réplique, enregistré le 27 mai 2022, M. C A, représenté par Me Perollier, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'un an portant la mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner l'Etat à verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, d'erreurs de fait ainsi que d'un défaut d'examen particulier en ce que le préfet a estimé qu'il n'établissait pas de présence continue sur le territoire depuis son entrée, que son salaire était inférieur au salaire conventionnel et qu'il ne justifiait pas d'une insertion sociale et professionnelle suffisante en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a également entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2022 à 12 heures.
Par une ordonnance du 30 mai 2022, la clôture de l'instruction a été reportée au 10 juin 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Haïli, président-rapporteur,
- les observations de Me Perollier, pour le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant turc, né le 10 octobre 1980 à Bulanik (Turquie), qui déclare être entré en France le 25 septembre 2014, a sollicité le 1er février 2021, une admission exceptionnelle au séjour au titre du travail. Par un arrêté du 14 mars 2022, après un avis défavorable du responsable de la plateforme régionale des services de la main d'œuvre étrangère en date du 6 octobre 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.(). ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté une demande d'autorisation de travail le 24 septembre 2021 pour un emploi de maçon carreleur auprès de l'entreprise Esme Renovation dans le cadre d'un contrat à durée déterminée à temps complet qu'il occupe depuis le mois d'octobre 2019. Si le requérant soutient que le préfet a commis une erreur de fait en estimant que son salaire était inférieur au salaire conventionnel, dans les termes dans lesquels elle est rédigée, la seule mention de l'avis précité dans l'arrêté attaqué n'établit pas que le préfet des Bouches-du-Rhône se serait approprié la teneur de cet avis. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône s'est estimé lié par les termes de cet avis. En tout état de cause, l'autorité préfectorale a porté une appréciation globale sur la situation professionnelle du requérant. A cet égard, la seule circonstance que le requérant réside depuis 2016 en France et travaille depuis deux ans dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ne peut être regardée dans les circonstances de l'espèce comme caractérisant un motif exceptionnel d'admission au séjour pour pouvoir prétendre à une mesure de régularisation sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet, qui a procédé à un examen particulier de la demande du requérant, n'a pas entaché sa décision d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. M. A soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle. Toutefois, pour les mêmes motifs qu'évoqués précédemment, nonobstant la durée alléguée de présence en France de l'intéressé, compte tenu de ses conditions irrégulières de séjour, et alors que le requérant a fait l'objet d'une mesure d'éloignement à la suite du rejet de sa demande d'asile le 31 octobre 2016, et que son épouse et ses enfants résident sur le territoire en situation irrégulière, le requérant, dont sept de ses huit frères et sœurs ainsi que sa mère résident en Turquie, n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle en édictant l'arrêté en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions présentées à fin d'injonction, ainsi que de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Haïli, premier conseiller faisant fonction de président,
Mme Beyrend, première conseillère,
Mme Pilidjian, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
signé
X. Haïli
L'assesseur le plus ancien,
signé
M. B
La greffière,
signé
C. Charlois
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026