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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2202976

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2202976

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2202976
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFRAISSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 avril 2022, M. B A, représenté par Me Fraisse, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de saisies administratives à tiers détenteur effectuées à son encontre le 6 octobre 2021 auprès de l'agence Estrangin Pastré de la caisse d'Epargne à Marseille, pour un montant de 29 993,29 euros en vue du paiement de cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales dues au titre des années 2009 et 2010 ;

2°) d'ordonner le remboursement des sommes saisies sur son compte bancaire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'action en recouvrement était prescrite, en l'absence de justification par l'administration de la réception d'actes interruptifs de prescription ;

- en l'absence de mention des voies et délais de recours sur les mises en demeure datées du 9 août 2018, les délais prévus à l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales ne sauraient lui être opposés ;

- il n'est pas justifié de la réception des mises en demeure des 19 et 22 février 2016 ;

- dès lors qu'il a cessé toute activité indépendante et que sa radiation du registre du commerce et des sociétés est intervenue le 1er janvier 2010, les rehaussements des bases imposables de la société Gromelle et Fils n'ont pu avoir aucune conséquence sur son imposition personnelle ;

- en indiquant qu'il n'est pas le redevable des impositions dues au titre de l'année 2010 dès lors qu'il avait cessé d'être le gérant de la société Gromelle et Fils, il soulève une contestation qui a trait au recouvrement de l'impôt et non à son assiette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : ()/ 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Le comptable en charge du pôle du recouvrement spécialisé de Marseille a émis à l'encontre de M. A une saisie administrative à tiers détenteur en vue du paiement de la somme de 29 993,29 euros correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2009 et 2010. Il demande la décharge de l'obligation de payer les sommes appréhendées sur le fondement de cette saisie administrative à tiers détenteur et leur restitution.

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ". Aux termes de l'article L. 281-1 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites () ". Aux termes de l'article R. 281-1 du même livre dans sa rédaction applicable au litige : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne solidaire. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, en premier lieu, au chef du service du département ou de la région dans lesquels est effectuée la poursuite () ". Il résulte enfin du c) de l'article R. 281-3-1 du même livre que le contribuable qui entend contester l'exigibilité de la somme réclamée doit à peine d'irrecevabilité, présenter la demande prévue à l'article R. 281-1, dans un délai de deux mois à partir de la notification du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée.

4. M. A soutient que l'action en recouvrement était prescrite depuis l'année 2017. Il résulte de l'instruction qu'il a été destinataire de deux mises en demeure de payer les sommes en litige, dont il a accusé réception le 21 août 2018, qui comportaient, au verso, la reproduction de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales et a ainsi été régulièrement informé des forclusions encourues. M. A, qui n'a pas contesté ces actes de poursuite, n'a pas invoqué la prescription de l'action en recouvrement avant l'introduction de la présente instance. Ainsi il n'est plus recevable à invoquer ce moyen faute de l'avoir fait en temps utile.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " () Les contestations ne peuvent porter que () sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés () devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199 ". Il résulte de ces dispositions que les contestations relatives au recouvrement des impôts ne peuvent porter sur un motif remettant en cause l'assiette et le calcul de l'impôt.

6. Il résulte des avis d'imposition versés aux débats que les sommes dont le paiement est recherché correspondent à des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mises à la charge de M. A et non à des impositions mises à la charge de la société dont il était l'ancien gérant et au paiement desquelles il serait solidairement tenu. En faisant valoir qu'il n'était plus le gérant de la société en 2010, M. A ne peut donc pas être regardé comme ayant entendu contester sa qualité de redevable de l'impôt, dès lors qu'il n'est pas recherché en sa qualité de gérant solidairement tenu au paiement de l'impôt dû par la société. Il ne peut qu'être regardé comme ayant contesté l'appréhension de revenus distribués par une société à la gestion de laquelle il indique être devenu étranger. Une telle argumentation tend à remettre en cause l'assiette de l'impôt dont le paiement reste réclamé à M. A. Elle est inopérante à l'appui d'une contestation portant sur le recouvrement de l'impôt, régie par l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.

7. Il résulte de ce qui précède, le délai de recours contentieux étant expiré et en l'absence de mémoire complémentaire annoncé, qu'il y a lieu, par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. A, y compris dans ses conclusions à fin d'injonction et tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Marseille, le 6 décembre 2022.

La présidente de la 7ème chambre,

signé

A. Menasseyre

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

2

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